Après sept ans de CDI dans l'aéronautique, ce salarié a quitté son poste pour lancer son entreprise. Trois ans plus tard, ses pertes l'ont forcé à revenir vers un emploi salarié et à repenser sa carrière.
Cela faisait sept ans que David (le prénom a été modifié) travaillait dans un grand groupe d'aéronautique et de défense, au sein de l'un de ses centres d'excellence technologique, en tant que chef de projet technique. "J'aimais beaucoup ce que je faisais mais mon poste était devenu trop routinier. Je tournais en rond et j'avais envie d'aventure…", explique le quadragénaire, diplômé d'une école d'ingénieurs. Une soif de découverte que David pouvait toutefois assouvir dans sa passion : la "van life". "À chaque vacances, je prenais le van que j'avais moi-même aménagé pour sillonner les routes de France, d'Espagne, du Portugal…", raconte-t-il.
En septembre 2019, alors qu'il revient d'un road trip en Suisse, le jeune homme décide de lancer sa propre activité d'aménagement de vans, chez lui, en région parisienne. "J'ai alors remis ma démission, quitté mon poste et lancé mon activité en tant qu'auto-entrepreneur. J'avais un peu d'économies de côté, ce qui m'a permis d'investir dans du matériel de bricolage et de concevoir, dans une dépendance que je louais à un particulier, un véritable atelier pour mes futurs stagiaires", raconte-t-il. L'attrait pour les vans était tel à l'époque que David ne doutait pas du succès de sa nouvelle activité… "Même si j'avais beaucoup communiqué sur ma société, notamment sur les réseaux sociaux, je n'avais pas assez de clients pour vivre de mon activité et rentabiliser mes investissements. Je suis parti dans ce nouveau challenge tête baissée, sans anticiper les difficultés, que j'ai donc pris en pleine face !", explique-t-il.
Trois ans après, au printemps 2022, David réalise qu'il a grignoté l'essentiel de ses économies. Il se rend à l'évidence et abandonne son projet. "J'ai alors recontacté mon ancien manager, avec qui j'étais resté en contact, sur LinkedIn. Il m'a dit que la porte de l'entreprise était encore ouverte pour moi et que mon expérience d'entrepreneur – même si elle n'avait pas été concluante – m'avait certainement apporté quelque chose d'intéressant", se souvient-il. Deux mois après, lorsqu'un poste de chef de projet technique s'est libéré, David a donc postulé et a été retenu. "C'était clairement un retour en arrière, mais j'avais vraiment besoin d'argent. Il était temps pour moi de redevenir raisonnable, au moins quelques années. J'ai alors définitivement fermé ma société auprès de l'Urssaf. Je n'avais pas envie de la garder pour la développer le week-end car je n'aime pas faire les choses à moitié", confie le quadragénaire, encore en poste chez ce grand nom de l'industrie technologique.
Trois ans après, David réfléchit de nouveau à quitter son CDI pour, cette fois-ci, partir en voyage avec son van. "J'aimerais aujourd'hui prendre une année sabbatique et visiter, en van, la Belgique et les Pays-Bas", raconte-t-il. Mais cette fois-ci, il pense qu'il sera plus difficile de convaincre son employeur. "Je n'ai pas encore tâté le terrain auprès de mon nouveau manager. Mais, étant donné qu'il connaît mon histoire au sein du groupe, si je lui dis que je veux partir pour voyager, il risque de me prendre pour une girouette et de ne pas accepter mon congé d'un an sans solde…".
