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Peire Vidal (fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle) est un troubadour de langue occitane originaire de Haute-Auvergne, exactement de Bezaudun, village de la communde de Tournemire dans le Cantal.


Dans "Abril yssi' e mars intrava" le troubadour en parle.

Originaire de Toulouse, Peire Vidal est le fils d'un marchand de fourrures[1]. Sa biographie provençale affirme qu'il fut un bon troubadour et qu'il chantait merveilleusement, mais ajoute qu'il fut l'« homme le plus fou du monde »[2]. La plupart des anecdotes relatées par son biographe sont très probablement des légendes[1].

Peire commence sa carrière de troubadour à Marseille, à la cour du vicomte Barral de Marseille[3]. Le troubadour se rend ensuite en Espagne où il rejoint la cour du roi Alphonse II d’Aragon, avant de revenir à Toulouse[4]. Après un nouveau séjour à Marseille, il gagne la ville de Gênes puis s'embarque pour la Terre sainte à la suite du roi Richard Cœur de Lion[5]. Lors d'une escale sur l'île de Chypre, il se serait marié avec une femme grecque. Selon la légende, il aurait fait croire que sa femme était de sang impérial et aurait lui-même pris le titre d'empereur. Il aurait ensuite eu l'intention d'armer une flotte pour prendre possession de son empire[6].

A son retour en France, il se brouille avec le comte Raymond V de Toulouse qui lui interdit l’entrée dans Toulouse. Leur désaccord va durer pendant quelques années au cours desquelles ils vont se battre à coups de mots. Lorsque Raymond V meurt en 1194, Peire Vidal, en signe de deuil, s’habille de noir, fait couper la queue et les oreilles de ses chevaux et oblige ses serviteurs à se laisser pousser la barbe et les ongles[7].

Peire se rend ensuite à la cour du marquis de Montferrat (1194-1195) puis, en 1198, il accompagne la princesse d'Aragon, Constance, en Hongrie où elle va épouser le roi Imre, avant de retourner en Espagne[8]. Il participe peut-être à la quatrième croisade, au côté de Boniface de Montferrat, mais rien ne permet de l’attester. En 1202, il est de nouveau à Gênes où il se sent si bien qu'il se proclame plaisamment « empereur » des Génois. Il est à Malte vers 1204-1205[9] à la cour du comte de Malte, le corsaire Enrico Pescatore[10],[11] qu'il célèbre dans ses poèmes[12]. Il aurait vécu jusqu'aux environs de 1215[13] et aurait achevé sa carrière en Italie[14].

Personnage et œuvre

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Esprit libre et indépendant, il s’instaure en conseiller des suzerains, et son franc parler lui vaut quelques revers du destin.

On possède de lui une cinquantaine de chansons[15], donc douze nous sont parvenues avec leurs mélodies. Son œuvre à l’esthétique travaillée et présente, émouvante, légère, nous conserve l’image d’un amoureux éternel mais à chaque fois passionné et sincère ; elle amorce aussi une nouvelle forme de l’art des troubadours.

Grand amateur de femmes, il est, et sera toute sa vie, pourchassé par des maris jaloux, qui ont de solides raisons de l’être. Selon la légende, un chevalier de Saint Gilles lui fait même couper un bout de la langue pour le punir d’avoir eu l’outrecuidance de se vanter, publiquement, d’être l’amant de sa femme. De dépit, le troubadour se serait exilé en Orient. Il s'agit probablement d'une élaboration postérieure sur les amours du poète avec la belle Vierna de Ganges, parente de Raymond V, qu'il évoque dans non moins de quatorze cansos. Ce serait donc Raymond V, qui portait en effet le titre de « comte de Saint-Gilles », qui aurait banni le poète de ses terres à la suite de cette liaison scandaleuse[16].

Le vida[17] et razos du poète lui prêtent encore des relations avec Azalaïs de Roquemartine, femme de Barral de Marseille, Dame Estafania de Son, dame de Cerdagne, et Dame Raimbauda de Biolh. On conte encore ses amours tumultueuses avec la fille du comte de Pennautier, Orbrie (ou Etiennette) de Pennautier, épouse de Jourdain de Cabaret. Peire Vidal follement énamouré de la dame se déguisa en loup pour tenter de se rapprocher incognito du chateau de Lastours où elle résidait. Chassé et battu par les bergers trompés par son déguisement, il est porté, un jour, à demi mort chez sa belle, la « louve de Pennautier » comme elle fut surnommée.

Notes et références

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  1. a et b Anglade 1928, p. 33.
  2. Anglade 1908, p. 160.
  3. Anglade 1908, p. 161.
  4. Joseph Anglade, Les poésies de Peire Vidal, Paris, 1913, p. IV.
  5. Anglade 1928, p. 39.
  6. Anglade 1908, p. 165.
  7. Anglade 1908, p. 162.
  8. Joseph Anglade, Les poésies de Peire Vidal, Paris, 1913, p. V.
  9. Antoine-Marie Graziani, Histoire de Gênes, Librairie Fayard 2009, (ISBN 978-2-213-64726-5) en ligne sur Google Livre
  10. (it) Hubert Houben, Enrico, conte di Malta in Treccani : Federiciana (2005).
  11. (oc) Camille Chabaneau, Les biographies des troubadours en langue provençale, Toulouse, Privat, 1885, p. 64-66. [lire en ligne]
  12. (it) Joseph M. Brincat, « Le Poesie “Maltesi” di Peire Vidal (1204-5) », Malta Historica, vol. 7, no 1,‎ , p. 65-89 (lire en ligne)
  13. Anglade 1908, p. 166.
  14. Anglade 1928, p. 53.
  15. Joseph Anglade, Les poésies de Peire Vidal, Paris, 1913, p. VII.
  16. Rita Lejeune, « Les personnages de Castiat et de Na Vierna dans Peire Vidal », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, tome 55, n°217-218, 1943. p. 337-368.
  17. (it) « Peire Vidal - Rialto » (consulté le )

Bibliographie

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Œuvres de Peire Vidal

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Peire Vidal fut le premier troubadour à avoir fait l'objet d'une édition critique de ses œuvres par Karl Bartsch en 1857.

  • Les poésies de Peire Vidal, éditées par Joseph Anglade, Honoré Champion, coll. « Les classiques français du Moyen Âge », Paris, 1913. [lire en ligne]
  • Le Loup amoureux (poèmes de Peire Vidal), traduction de Francis Combes, Fédérop, coll. « Troubadours », Gardonne, 2014.

Écrits sur Peire Vidal

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  • Joseph Anglade, Les troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence, Paris, Armand Colin, (lire en ligne), p. 160-166.
  • Joseph Anglade, Les troubadours de Toulouse, Toulouse, Privat, (lire en ligne), p. 32-56.
  • Ernest Hoepffner, Le troubadour Peire Vidal : sa vie et son oeuvre, Paris, Les Belles Lettres, .
  • Ariane Loeb, « Les relations entre les troubadours et les comtes de Toulouse (1112-1229) », Annales du Midi, t. 95, no 163,‎ , p. 225-259 (lire en ligne).

Liens externes

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