VOOZH about

URL: https://fr.wikipedia.org/wiki/Venera_16

⇱ Venera 16 — Wikipédia


Aller au contenu
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Données générales
Organisation URSS
Constructeur 👁 Drapeau de l'URSS
Lavotchkine
Programme Venera
Domaine Cartographie de la surface de Vénus
Type de mission Orbiteur
Statut Achevée
Lancement
Lanceur Proton-K
Fin de mission
Identifiant COSPAR 1983-053A
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 5 300 kg
Dimensions 5 × 1,1 m
Masse ergols 2 520 kg
Contrôle d'attitude Stabilisé 3 axes
Source d'énergie Panneaux solaires
Orbite polaire
Périapside 1 000 km
Apoapside 65 000 km
Période de révolution 24 heures
Inclinaison ~90 h. (~90°)
Principaux instruments
Polyus V Radar à synthèse d'ouverture radiomètre
Omega altimètre
IFSE spectromètre infrarouge
X Détecteurs de rayons cosmiques (x6)
Y Détecteurs de plasma solaire
Z Magnétomètre

modifier 👁 Image

Venera 16 (Венера 16 en russe) est une sonde spatiale faisant partie du programme spatial soviétique Venera. Lancée en 1983 elle effectue avec la sonde jumelle Venera 15 la première cartographie de la surface d'une partie de la planète Vénus grâce à un radar à synthèse d'ouverture.

Articles connexes : Exploration de Vénus et Programme Venera.

Dans les années 1960 et 1970 l'Union soviétique lance une série de sondes spatiales pour étudier la planète Vénus. Ces engins, qui forment le programme Venera, sont développés dans le cadre d'une course à l'espace qui oppose l'Union soviétique aux États-Unis. Leurs missions constituent à ce titre un enjeu autant politique que scientifique. Les sondes spatiales du programme Venera vont progressivement dévoiler la structure de l'atmosphère et certaines caractéristiques du sol vénusien. CLe programme constitue le plus grand succès de l'astronautique soviétique dans le domaine de l'exploration du système solaire.

Après une série d'échecs entre 1961 et 1965 qui sont tout autant dus au lanceur Molnia utilisé qu'à la qualité des sondes spatiales, le programme est confié au bureau d'études Lavotchkine. Celui-ci va enchainer une série de succès. Les premières données in situ sur l'atmosphère vénusienne sont renvoyées par la mission Venera 4 en 1967. Venera 7 réussit à se poser intacte sur le sol malgré la pression écrasante de 93 atmosphères. Venera 8, lancé en 1972, fournit les premières données depuis le sol. En 1975, le programme inaugure un nouveau type de sonde de 5 tonnes, particulièrement bien équipé en instrumentation scientifique qui peut être lancé grâce à la mise à disposition d'une nouvelle fusée beaucoup plus puissante, la Proton. La première mission ayant recours à ce modèle, Venera 9, est lancée en 1975. Les missions suivantes, qui s'achèvent en 1981 avec Venera 14, ramènent une moisson de données sur l'atmosphère de Vénus ainsi que les premières photos de sa surface.

Historique du projet

[modifier | modifier le code]

Après la série de succès des missions Venera 9 (1975) à Venera 14 (1981) qui avaient permis d'obtenir les premières images de la surface depuis le sol, les responsables du programme soviétique décident d'utiliser la fenêtre de lancement de 1983 pour une mission de cartographie de la surface depuis l'orbite vénusienne. Pour réaliser celle-ci la sonde spatiale spatiale doit emporter un radar à synthèse d'ouverture qui, contrairement à une caméra optique, pourra percer la couche opaque de l'atmosphère. L'objectif est de cartographier au moins 25 % de la surface de la planète avec une résolution spatiale inférieure ou égale à 2 kilomètres. Le développement de ce radar est complexe car les radars disponibles sont à l'époque des équipements très lourds et gros consommateurs d'énergie (satellite RORSAT) et ces caractéristiques sont incompatibles avec une mission interplanétaire. Le développe du radar débute en 1976. La mise au point du système de stockage des données et de traitement de celles-ci est difficile ce qui entraine un report de deux ans du lancement (celui-ci était prévu initialement en 1981). A la même époque l'agence spatiale américaine, la NASA, étudie un projet similaire, baptisé VOIR (Venus Orbiting Imaging Radar). La course à l'espace à laquelle se livrent les deux puissances spatiales depuis le début de l'ère spatiale, est toujours d'actualité et les responsables soviétiques veulent être les premiers à lancer leur mission d'autant que l'exploration de Vénus est, jusque là, restée le seul domaine de l'exploration spatiale dans lequel l'URSS domine les Etats-Unis. Finalement cette compétition n'aura pas lieu car VOIR est annulé pour des raisons budgétaires en 1981. La NASA finira par lancer une mission équivalente, baptisée Magellan, beaucoup plus tard en 1989[1],[2].

Caractéristiques techniques

[modifier | modifier le code]

Venera 16 et sa sonde jumelle Venera 15 constituent la première évolution notable des sondes Venera depuis Venera 9. Le corps de la sonde spatiale est un cylindre long de 6 mètres pour un diamètre de 1,1 mètre. Il a été allongé d'un mètre pour permettre l'emport des 1 300 kg d'ergols nécessaires pour placer la sonde spatiale en orbite autour de Vénus (les sondes Venera précédentes n'effectuaient qu'un survol après avoir largué leur atterrisseur). La masse totale de l'engin spatial est de 5 300 kg dont 2 520 kg d'ergols. La quantité d'azote utilisée pour le contrôle d'attitude passe de 36 à 114 kg pour permettre les changements d'orbite nécessaires pour réaliser la mission. Le diamètre de l'antenne parabolique utilisée pour transmettre les données recueillies vers la Terre a un diamètre de 2,6 mètres (contre 1 mètre pour les sondes Venera précédentes) ce qui permet de faire passer le débit sur la liaison descendante de 6 à 108 kilobits par seconde[1].

L'instrument principal de la sonde spatiale est le radar à synthèse d'ouverture Polyus V (contraction de Pole Venus) d'une masse de 300 kg avec son électronique. Le radar fonctionne sur une longueur d'onde de 5 centimètres. Son antenne de forme parabolique large de 6 mètres pour une hauteur de 1,4 mètre est située au sommet de la sonde spatiale. Elle comprend trois sections dont deux sont repliées durant le lancement sur la section centrale pour tenir sous la coiffe du lanceur Proton. L'axe de l'antenne radar fait un angle de 10 degrés avec celui de la sonde spatiale qui est lui-même perpendiculaire à la surface de Vénus. Les rayons émis par le radar frappent donc la surface avec une incidence de 80°. Outre le radar la sonde spatiale emporte les instruments suivants[1],[3] :

  • Un radar altimètre Omega disposant d'une antenne d'un mètre de diamètre mesure l'altitude de la surface avec une précision verticale de 50 mètres.
  • Un spectromètre infrarouge de Fourier (6-35 µm) utilisé pour mesurer la température et la composition de l'atmosphère de Vénus. L'instrument est fourni par l'Allemagne de l'Est dans le cadre du programme Intercosmos et est proche d'un instrument installé sur les satellites météorologiques soviétiques Meteor. La version de Venera 16 est légèrement différente de celle de Venera 15.
  • Un radiomètre infrarouge
  • Six détecteurs de rayons cosmiques.
  • Des détecteurs de plasma solaire.

Déroulement de la mission

[modifier | modifier le code]
👁 Image
Trajectoire de Venera 15.

Venera 16 est lancée le par une fusée Proton-K cinq jours après sa sonde jumelle Venera 16. Deux corrections de trajectoire sont effectuées durant le transit entre la Terre et Vénus les et . Venera 16 se met en orbite autour de Vénus le de la même année. La sonde s'insère sur une orbite polaire (inclinaison de 90°) très elliptique (1 000 × 65 000 km) qu'elle parcourt en 24 heures. La durée de la période a été choisie pour qu'à chaque session de transmission de données les antennes de réception des stations terriennes soient visibles depuis Vénus. A son périgée la sonde spatiale survole le pôle nord de Vénus. Du fait de cette orbite, Venera 16 cartographie seulement une partie de l'hémisphère nord de Vénus depuis le pôle jusqu'à la latitude 30°N soit environ 25 % de la superficie de la planète. L'angle entre le plan orbital des sondes Venera 15 et Venera 16 est décalé de 4° ce qui permet à chacune d'entre elles d'effectuer un deuxième passage si nécessaire. Chaque passe dure 16 minutes et les données sont enregistrées sur des bandes magnétiques. Puis les données sont transmises à la Terre durant une session de communications d'une durée de 100 minutes. A chaque orbite, la surface visible de Vénus s'est décalé de 1,48° du fait de sa rotation de la planète ce qui permet à la sonde spatiale d'obtenir une couverture complète au bout de huit mois. Le recueil des données débute le . Une conjonction solaire, qui a lieu en juin, interrompt le recueil des données (le Soleil s'interpose entre Vénus et la Terre). Lorsque le recueil des données reprend, Venera 16 modifie son plan orbital de 20° par rapport à sa sonde jumelle pour réaliser la couverture des régions non cartographiées durant la conjonction solaire. La cartographie s'achève le . Venera 16 poursuit la mission en recueillant des données avec ses autres instruments jusqu'en [4].

👁 Image
Topologie partielle de Vénus établie par Venera 16.

Venera 16 a cartographié avec son radar à synthèse d'ouverture une partie de l'hémisphère nord de Vénus depuis le pôle jusqu'à la latitude 30°N soit environ 25 % de la superficie de la planète avec une résolution comprise entre 1 et 2 kilomètres. Les données recueillies ont permis d'identifier les principales formations topographiques présentes à la surface de Vénus : zones de failles globales et de nombreuses structures de grande taille en forme de dôme baptisées couronnes et créées par le soulèvement et l'affaissement du magma sous le manteau, etc.. Cette cartographie sera largement détaillée par la sonde spatiale américaine Magellan lancée en 1989 et qui dispose d'un radar dont la résolution spatiale est dix fois supérieure.

Notes et références

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

👁 Document utilisé pour la rédaction de l’article
 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]
v · m
Survols
Orbiteurs
Sondes atmosphériques
Atterrisseurs
Lancements échoués
Futures missions
¹ La mission Zond 1 est également listée, en raison de sa proximité avec les objectifs du programme Venera.
v · m
Sondes spatiales vénusiennes
Survols
👁 Image
Venus Express
Orbiteurs
Sondes atmosphériques
Atterrisseurs
Ballons
Projets à l'étude
Projets abandonnés
Assistance gravitationnelle
Voir aussi
¹ Missions ayant échoué. Les dates indiquées sont celles de lancement.
v · m
Lanceurs
Étages supérieurs
  • Bloc L (Molniya)
  • Bloc D (Proton, N1, Energiya, Zenit)
  • Briz (Rokot, Proton, Angara)
  • Ikar (Soyouz U)
  • Fregat (Soyouz U, FG, 2.1a, 2.1b, ST-A, ST-B)
  • Volga (Soyouz 2.1a, 2.1v)
Missions habitées
Programmes
Vaisseaux spatiaux
Stations spatiales
Satellites scientifiques
Exploration du
système solaire
Astronomie
Étude du Soleil
Observation de la Terre
Technologie, autres
Satellites d'application
Observation de la Terre
Météorologie
Télécommunications
Navigation
Satellites militaires
Reconnaissance optique et radar
Surveillance des océans
Écoute électronique
Alerte précoce
Navigation
Télécommunications
Technologie, autre
Centres de lancement
Établissements
Projet annulés
Projets en cours
Programmes