«J’étais seule avec mon souffle, mes pensées, le silence»: peut-on revenir indemne d’un voyage à Auschwitz ?
REPORTAGE - Venues en Pologne pour visiter le centre de concentration et d’extermination nazi, des femmes témoignent de leur désarroi face à ce lieu de mémoire.
La veille, la neige a recouvert la campagne d’une couche épaisse qui donne au paysage un étrange air de douceur et de calme. Des pavillons de banlieue se blottissent face à l’enceinte de brique rouge. Les balançoires attendent le retour des beaux jours pour faire rire les enfants, dans les jardins dont certains sont encore traversés par le sinistre chemin de rails. Sur le parking trônent des bus de touristes, on aperçoit une baraque à frites, et un magasin de souvenirs dont on se demande bien ce qu’il peut offrir que l’on voudrait ramener d’un tel lieu. Car ici, on aurait plutôt envie de patauger dans la boue, tant le paisible paysage cadre mal avec l’endroit : le joli manteau blanc cache les larmes de plus de 1,3 million de déportés, les cendres de plus d’un million d’entre eux. Bienvenue à Auschwitz, ses baraquements, ses barbelés, ses miradors, et les restes de ses fours crématoires.
Peut-on revenir indemne d’une telle visite ? On a beaucoup lu sur le tourisme de masse qui menace…
