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MOYEN-ORIENT
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Nettoyage ethnique : Israël accélère les démolitions de maisons à Jérusalem-Est
Les autorités israéliennes accélèrent les démolitions de maisons et les expulsions forcées de résidents palestiniens dans le quartier de Silwan, à Jérusalem-Est occupée, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport.
👁 Nettoyage ethnique : Israël accélère les démolitions de maisons à Jérusalem-Est
Ici, le magasin d'un Palestinien qui a reçu un ordre de démolition à Jerusalem-Est

La déportation ou le transfert forcé de la population d’un territoire occupé, à l’intérieur ou à l’extérieur de ce territoire, sauf justification temporaire pour la protection de la population elle-même ou pour des raisons militaires impérieuses, constitue une violation du droit international humanitaire et un crime de guerre.
C’est par ce rappel que l’ONG Human Rights Watch commence son communiqué. Faut-il le rappeler : la colonisation violente et le déplacement de population en Cisjordanie occupée sont illégaux ?

Silwan se situe au sud de la vieille ville de Jérusalem, ville qu’Israël veut "nettoyer" de sa population palestinienne. Parmi ses douze quartiers, al-Bustan et Batn al-Hawa sont depuis des décennies les cibles de campagnes d'expulsion et de démolition menées par les autorités israéliennes et des organisations de colons comme Ateret Cohanim.

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Ces campagnes se sont intensifiées sous couvert des hostilités en cours depuis trois ans.

Ainsi, sur les 587 Palestiniens déplacés par les démolitions depuis le 7 octobre 2023, un quart l'ont été lors de la guerre israélo-iranienne de mars-avril 2026, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Aujourd’hui, les expulsions augmentent : plus de 2 000 personnes sont menacées de déplacement forcé à Silwan, ce qui pourrait être l'une des plus importantes vagues d’expulsion à Jérusalem-Est depuis 1967, d'après Ir Amim, une organisation israélienne qui suit de près la politique du gouvernement israélien à Jérusalem.

Au début, nous nous sommes dit : "C'est notre terre et notre maison, nous n'avons rien à craindre"”

"Les autorités israéliennes intensifient leur politique illégale de longue date consistant à vider les zones entourant la vieille ville de Jérusalem de leurs habitants palestiniens et à les remplacer par des colons israéliens", a déclaré Sarah Sanbar, chercheuse par intérim sur Israël et la Palestine à Human Rights Watch. "Les efforts d’Israël pour modifier la démographie de Jérusalem constituent des crimes de guerre, rendus possibles par l’impunité dont bénéficient les proches alliés d’Israël."

Des chercheurs de Human Rights Watch se sont rendus à Silwan en avril 2026 et ont interrogé trois résidents ayant reçu des ordres d'expulsion et/ou de démolition, ainsi que deux avocats représentant des clients à Silwan.

La forte augmentation des déplacements de population à Batn al-Hawa résulte d'une série de recours en expulsion déposés par l'association Ateret Cohanim.
Une loi permet en effet aux Juifs de récupérer les biens de Jérusalem-Est perdus lors de la guerre de 1948, tout en interdisant aux Palestiniens de récupérer les biens également perdus en 1948. À al-Bustan, tout un quartier de 115 maisons abritant 1 500 personnes est menacé de démolition. La municipalité veut y créer un parc archéologique.

Zuheir al-Rajabi, directeur du centre communautaire de Batn al-Hawa, a déclaré qu'Ateret Cohanim avait entamé une procédure d'expulsion en 2015. "Au début, nous nous sommes dit : "Que peuvent-ils faire ? C'est notre terre et notre maison, nous n'avons rien à craindre", a-t-il déclaré à Human Rights Watch.

Pendant dix ans, il a lutté contre son expulsion devant les tribunaux israéliens : "Mais après le 7 octobre, tout est devenu possible. Les juges ont commencé à prononcer des expulsions sans donner aux victimes la possibilité de se défendre ni d’être entendues. Auparavant, il fallait entre trois et cinq ans pour épuiser tous les recours et les procédures d’appel. Depuis le 7 octobre, la procédure entière ne prend plus que 45 jours." Un avocat local a déclaré : "Parfois, la décision est rendue en un seul jour ouvrable."

Depuis le 7 octobre, les poursuites engagées par Ateret Cohanim ont entraîné l'expulsion de 30 familles, soit 139 personnes au total, et des procédures d'expulsion sont en cours pour des centaines d'autres, selon l'organisation israélienne La Paix maintenant.

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Un nettoyage ethnique flagrant

En avril 2024, Harbi al-Rajabi et son fils, Nidal, ont reçu un ordre d'expulsion de leur immeuble à Batn al-Hawa, où vivaient cinq familles. Après le rejet de leur appel, l'Autorité de recouvrement des loyers a émis un ordre d'expulsion définitif à leur encontre le 20 mars 2026, alors qu'ils célébraient l'Aïd el-Fitr sous la menace de tirs de missiles balistiques iraniens.

Nidal a déclaré que le policier qui lui avait remis l'ordre de retirer leurs meubles et leurs effets personnels de leur domicile, mais que lorsqu'ils ont tenté de le faire le lendemain, la police leur a interdit l'accès. Nidal a ajouté qu'ils avaient demandé l'autorisation de récupérer leurs objets de valeur, notamment de l'or, des bijoux et de l'argent liquide, mais que cela leur avait été refusé. "Nous n'avons jamais revu ni l'or ni l'argent", a-t-il déploré.

La famille a déménagé dans des maisons dont elle est propriétaire dans la ville voisine d'al-Bustan, où elle risque à nouveau d'être déplacée.

Fakhri Abu Diab, un militant local, a déclaré au magazine +972 en 2026 que plus de 50 maisons à al-Bustan — soit environ la moitié de la communauté — avaient été démolies depuis le 7 octobre 2023.

Une loi discriminatoire aide à expulser les Palestiniens

La municipalité de Jérusalem émet des ordres de démolition au motif que les maisons, construites sans permis, sont illégales. Or, il est impossible aux Palestiniens d'obtenir des permis de construire à Jérusalem-Est et dans les 60 % de la Cisjordanie sous contrôle israélien exclusif (zone C).

Le 5 février, le Bureau de l'Union européenne dans le Territoire palestinien occupé a appelé Israël à "cesser immédiatement" les expulsions forcées, les démolitions et les occupations de maisons palestiniennes par des colons à Batn al-Hawa et al-Bustan. Malgré les condamnations, l'UE n'a toujours pas pris les mesures qui lui incombent pour mettre fin à ces violations.

En vertu de la quatrième Convention de Genève, les transferts forcés de résidents de territoires occupés sont interdits. La seule exception concerne l'évacuation temporaire d'une zone si elle est nécessaire à la sécurité de la population ou pour des raisons militaires impérieuses.

La Cour internationale de Justice, en 2024, a jugé qu’aux termes du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le fait pour une puissance occupante de déporter ou de transférer tout ou partie de sa population, à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire occupé, constitue un crime de guerre.

L’intensification et la persistance des violations commises contre les Palestiniens à Jérusalem-Est sont une conséquence directe du mépris d’Israël pour le droit international et de l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violations, a déclaré Human Rights Watch.

L’ONG appelle les pays à ne plus commercer avec les colonies et à suspendre les accords commerciaux préférentiels avec Israël.

SOURCE:TRT français et agences
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