L'Afrique ne veut pas perdre de temps. Sur la question de la proclamation par l'Assemblée générale de l’ONU, le 25 mars dernier, de la traite transatlantique comme étant le plus grave crime contre l'humanité, les Africains veulent passer à l'action. L’objectif est de transformer le potentiel des résolutions en engagements concrets.
D'où la conférence d'Accra autour de John Mahama, réunissant une pléiade de chefs d'État comme Joseph Boakai du Liberia, Netumbo Nandi-Ndaitwah de la Namibie, Bassirou Diomaye Faye du Sénégal et Mia Mottley, Première ministre de la Barbade.
Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine, des représentants de l'Union africaine, des Nations unies, d'organisations de la diaspora africaine, ainsi que des juristes, historiens et experts en droit international sont aussi présents.
Booster le lobbying
L'objectif affiché de cette conférence, placée sous le thème "Next Steps" (prochaine étape), est de passer du débat mémoriel à la création d'institutions permanentes, notamment : un comité juridique mondial sur les réparations ; un comité sur la restitution des biens culturels ; et un comité consultatif mondial pour la justice réparatrice. Ces instances, d'après les précisions du ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Ablakwa, assureraient un leadership mondial sous-tendu par le mouvement mondial pour les réparations.
La finalité serait de transformer le débat sur les réparations de la traite transatlantique en un puissant levier politique, économique et diplomatique.
À l’issue de la conférence d’Accra, les pays africains et des Caraïbes pourront aussi parler d’une seule voix, espère Samuel Ablakwa. Ils éviteraient ainsi des démarches isolées pour construire une stratégie continentale capable de peser dans les négociations internationales.
Lire aussi: Traite des esclaves africains: le Ghana ouvre le front des réparations
