« On m’avait enlevé les lacets de mes baskets » : Nicolas Demorand révèle avoir été interné de force en psychiatrie
Invité de la matinale de France Inter, le journaliste se confie sur l’aggravation de sa bipolarité qui l’a obligé à s’éloigner du micro durant plus de sept mois.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors que sort aujourd’hui son podcast Si besoin, dans lequel il raconte sa bipolarité, Nicolas Demorand était l’invité de la matinale de France Inter, dont il était l’animateur jusqu’en novembre dernier. Après plus de sept mois passés à remonter la pente, enchaînant plusieurs hospitalisations, il assure désormais que «ça va plutôt pas mal». «Je suis moi-même étonné de le dire», confie-t-il à celle qui l’a remplacé, Florence Paracuellos. «Il y a quelques semaines encore je n’aurais pas pensé le dire aussi simplement. Les tourments sont derrière moi. Les hauts, les bas et les moments de variations entre les deux sont apprivoisés. Mais c’est toujours un “ça va” inquiet. Combien de temps ça va durer ? Est-ce que ça va se retourner ? J’ai toujours une pointe d’inquiétude mais je profite de l’état dans lequel je suis», assure-t-il.
Quelques mois avant de quitter l’antenne, le journaliste avait déjà révélé sa bipolarité dans son livre, Intérieur nuit. Il ne s’imaginait pas être à ce point rattrapé par la maladie. «Je pensais que le fait d’en avoir parlé à visage découvert allait me donner une forme d’immunité contre la maladie et que la parole était un médicament magique qui dissiperait la bipolarité. Ça a été une erreur absolue et un échec total. La parole ça fait du bien mais ça ne guérit pas», explique-t-il.
Au contraire, s’il assure avoir été surpris par la brutalité de l’aggravation de son état, Nicolas Demorand a appris, au cours de ses séjours à l’hôpital, que sa maladie pouvait s’aggraver. Une chose qu’il ignorait jusqu’alors. Il revient d’ailleurs sur la décision prise par ses proches de l’interner de force. «Je n’étais pas en état de prendre mes propres décisions pour ma santé. J’en ai un souvenir contrasté mais je savais que je ne pouvais pas sortir de ce bâtiment. On m’avait enlevé les lacets de mes baskets, toutes mes affaires. En même temps il fallait que je sois soigné. Et s’il n’y avait pas eu cet élément de contrainte, je ne l’aurai pas été.»
Il ne faut pas avoir honte d’être malade, de se soigner
Nicolas Demorand
C’est de cet internement qu’est né le nom de son podcast, Si besoin , disponible sur les plateformes ce lundi 15 juin. «C’est une petite expression que j’ai entendue à l’hôpital. À la fin de la journée, on vous donne deux somnifères et un demi de plus si besoin, un anxiolytique et un de plus si besoin. Le “si besoin” c’est une petite marge de liberté qui est laissée au patient pour auto-évaluer l’état dans lequel il est. J’ai eu envie de répondre aux auditeurs qui se sont inquiétés pour moi et leur donner ce podcast “si besoin”. Il profite de cette promo pour lancer un message aux personnes atteintes de maladies mentales. «Il faut se soigner. Le danger supérieur c’est d’être malade et d’être dans une relation de défiance avec le soin. Il ne faut pas avoir honte d’être malade, de se soigner», prévient-il.
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Maintenant que Nicolas Demorand se remet petit à petit sur pied. Il sera de retour au micro de France Inter le week-end, à partir de la rentrée dans une émission appelée «Recto Verso». «Recto le samedi. On se penche sur l’actualité de la semaine et on essaie de repenser un certain nombre d’évènements avec des sociologues, des intellos, des philosophes, des historiens. Dimanche : verso. On se projette sur la semaine qui vient et là on recevra un cinéaste dont on sait que le film sort mercredi, un écrivain dont on sait que le livre sort jeudi», annonce-t-il.
