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Georges DUHAMEL Élu en 1935 au fauteuil 30

N°570
Grand-croix de la Légion d’honneur
Commandeur des Arts et des Lettres
Croix de guerre 1914-1918
Commandeur de la Santé publique
Auteur dramatique
Essayiste
Poète
Romancier
Médecin

Biographie

Né à Paris, le 30 juin 1884.

Septième d’une famille de huit enfants, fils d’un pharmacien assez fantasque, converti sur le tard à la médecine, Georges Duhamel fit ses études au lycée Buffon, puis au lycée de Nevers, et enfin à l’Institution Roger Momenheim. Après une licence de sciences, il entama des études de médecine, qu’il devait achever en 1909. Ayant trouvé en emploi dans l’industrie pharmaceutique, il choisit néanmoins en parallèle de donner libre cours à ses aspirations littéraires.

Ayant fait partie dès 1906, avec Charles Vildrac, son beau-frère, et René Arcos du groupe unanimiste de l’abbaye, à Créteil, Georges Duhamel avait marqué son entrée dans la littérature par des poèmes, puis la publication de Des Légendes, des batailles, en 1907, L’Homme en tête et Sur la technique poétique (avec Ch. Vildrac), en 1909, Selon ma loi, en 1911.

Tandis que son théâtre était représenté à l’Odéon, il se vit confier en 1912 une rubrique critique au Mercure de France. Il devint un des auteurs de la maison, qu’il devait diriger pendant quelques années, à la mort d’Alfred Valette en 1935.

Commandant d’ambulances chirurgicales pendant la Première Guerre mondiale, Georges Duhamel allait nourrir de cette douloureuse et traumatisante expérience deux recueils de nouvelles : Vie des Martyrs et Civilisation (Prix Goncourt 1918). À la fin du conflit il choisit de renoncer définitivement à son métier de médecin pour se vouer entièrement à la littérature.

Il devait développer dans son œuvre un humanisme moderne marqué par une dénonciation des excès de la civilisation mécanique : La Possession du monde (1919), Scènes de la vie future (1930). Cet humanisme imprègne les deux cycles romanesques auxquels il consacra une large part de sa vie d’écrivain : Vie et Aventures de Salavin et Chronique des Pasquier ; ces deux ensembles dominent une œuvre abondante où se mêlent essais et romans. On citera encore : Les Plaisirs et les jeux (1922), Le Prince Jaffar (1924), La Pierre d’Horeb (1926), Le Voyage à Moscou (1927), Fables de mon jardin (1936), La Musique consolatrice (1944), Souvenirs de la vie du Paradis (1946), Tribulations de l’espérance (1947), Le Bestiaire, et l’Herbier (1948), Le Voyage de Patrice Périot (1950), Cri des profondeurs (1951), Les Compagnons de l’Apocalypse (1957), Le Complexe de Théophile (1958).

On doit aussi à Georges Duhamel plusieurs volumes de mémoires : Biographie de mes fantômes, Le Temps de la recherche, La Pesée des âmes, Les Espoirs et les Épreuves, ainsi qu’un journal posthume, Le Livre de l’amertume.

Chroniqueur à Candide en 1931, puis au Figaro à partir de 1935, Georges Duhamel, marqué par la guerre, qui avait fait de lui un ardent pacifiste, œuvra un temps pour le rapprochement avec l’Allemagne. Les menées hitlériennes devaient cependant le conduire à modifier ses positions et à dénoncer à partir de 1939 le pacifisme intégral et les accords de Munich.

Sous l’Occupation, il vit son œuvre interdite.

À la Libération, il entrait au Comité National des Écrivains, mais ne tardait pas à en démissionner en 1946, désapprouvant les excès de l’épuration.

Grand-croix de la Légion d’honneur, Georges Duhamel était également membre de l’Académie de médecine depuis 1937 ; il entra en 1944 à l’Académie des Sciences morales et politiques, et fut président de l’Alliance française de 1937 à 1940.

Lors de sa première candidature à l’Académie française en 1934, il essuya un échec au fauteuil Brieux, à cause, disait-on, de la lettre qu’il avait écrite au président de la République espagnole pour demander la grâce des condamnés à mort communistes ; il ne recueillit que 11 voix, contre 17 à Léon Bérard. Mais il fut élu l’année suivante, le 21 novembre 1935, au quatrième tour de scrutin, par 17 voix contre 7 à l’historien de Byzance, Charles Diehl, en remplacement de G. Lenotre, lequel n’avait pas eu le temps de siéger.

Il fut reçu sous la Coupole le 25 juin 1936 par Henry Bordeaux.

Élu secrétaire perpétuel en 1944, Georges Duhamel tint la fonction avec une courageuse dignité, durant cette période particulièrement difficile, et sut préserver tout à la fois l’honneur et l’avenir de l’Académie. Il démissionna en 1946.

Mort le 12 avril 1966.

Œuvres

1907 Des légendes, des batailles

1909 L’homme en tête

1909 L’acide thyminique dans la thérapeutique des maladies goutteuses

1910 Notes sur la technique poétique

1910 Selon ma loi

1911 La Lumière

1912 Dans l’ombre des statues

1912 Propos critiques

1912 Compagnons

1913 Le Combat

1913 Paul Claudel

1914 Les poètes et la poésie

1917 Vie des Martyrs

1918 Civilisation

1919 Entretiens dans le tumulte

1919 La possession du monde

1920 L’œuvre des athlètes

1920 Confession de minuit

1920 Élégies

1921 Lapointe et Ropiteau

1921 Les hommes abandonnés

1921 Quand vous voudrez

1922 Les plaisirs et les jeux (pour enfants)

1923 La journée des aveux

1924 Anthologie de la poésie lyrique française

1924 Deux hommes

1924 Le prince Jaffar

1926 Lettres au Patagon

1926 La pierre d’Horeb

1927 Le journal de Salavin

1927 Le voyage de Moscou

1928 La nuit d’orage

1928 Les sept dernières plaies

1929 Le club des Lyonnais

1930 Scènes de la vie future

1931 Géographie cordiale de l’Europe

1931 Les jumeaux de Vallangoujard

1932 Querelles de famille

1932 Tel qu’en lui-même

1933 Chronique des Pasquier. I, Le notaire du Havre

1933 L’Humaniste et l’Automate

1934 Remarques sur les mémoires imaginaires

1934 Chronique des Pasquier. II, Le jardin des bêtes sauvages

1934 Chronique des Pasquier. III, Vue de la Terre Promise

1934 Discours aux nuages

1935 Chronique des Pasquier. IV, La nuit de la Saint-Jean

1936 Fables de mon jardin

1937 Deux patrons

1937 Chronique des Pasquier. V, Le désert de Bièvres

1937 Chronique des Pasquier. VI, Les Maîtres

1938 Chronique des Pasquier. VII, Cécile parmi nous

1939 Chronique des Pasquier. VIII, Le combat contre les ombres

1939 Mémorial de la guerre blanche

1940 Positions françaises

1941 Les confessions sans pénitence

1941 Chronique des Pasquier. IX, Suzanne et les jeunes hommes

1944 Chronique des saisons amères

1944 Civilisation française

1944 Inventaire de l’abîme

1944 La musique consolatrice

1945 Biographie de mes fantômes

1945 Chronique des Pasquier. X, La passion de Joseph

1945 Lieu d’asile (réédition du livre brûlé par les Allemands en 1940)

1946 Paroles de médecin

1946 Souvenirs de la vie du Paradis

1947 Consultations au pays d’Islam

1947 Homère au XXe siècle

1947 Le temps de la recherche

1947 Semailles au vent

1947 Tribulations de l’espérance

1948 Le Bestiaire et l’Herbier

1949 La pesée des âmes

1950 Le voyage de Patrice Periot

1951 Cri des profondeurs

1952 Manuel du protestataire

1953 Les Espoirs et les Épreuves

1953 Les voyageurs de l’espérance

1953 Le Japon entre la tradition et l’avenir

1954 La Turquie nouvelle, puissance d’Occident

1954 Refuges de la lecture

1955 L’Archange de l’Aventure

1956 Les compagnons de l’Apocalypse

1957 Israël : clef de l’Orient

1957 Problèmes de l’heure

1958 Le complexe de Théophile

1959 Travail, ô mon seul repos !

1960 Nouvelles du sombre empire

Discours et travaux académiques

Discours de réception de Georges Duhamel, le 25 juin 1936

Radiophonie et culture intellectuelle, le 25 octobre 1938

Réponse au discours de réception de Jérôme Tharaud, le 18 janvier 1940

Allocution à l'occasion de la mort d’André Bellessort, Secrétaire perpétuel, le 29 janvier 1942

Rapport sur les concours de l'année 1942, le 17 décembre 1942

Rapport sur les concours de l'année 1943, le 16 décembre 1943

Rapport sur les concours de l'année 1944, le 21 décembre 1944

Centenaire de la naissance d’Anatole France, à la Sorbonne, le 29 avril 1945

Allocution à l'occasion des funérailles nationales de Paul Valéry, le 25 juillet 1945

Rapport sur les concours littéraires de l'année 1945, le 10 janvier 1946

Réponse au discours de réception de Louis-Pasteur Vallery-Radot, le 21 février 1946

Réponse au discours de réception de Jules Romains, le 7 novembre 1946

Réponse au discours de réception de Henri Mondor, le 30 octobre 1947

Allocution à l'occasion de la mort d’Edmond Jaloux, le 1 septembre 1949

Séance d'inauguration des rencontres littéraires entre la France et la Belgique, à Royaumont, le 1 juin 1953

Épée créée par Cartier, en 1936, d’une grande sobriété. Un cristal de roche taillé, enchâssé dans la monture du pommeau porte gravées les initiales de l’écrivain G.D. D’un style très 1936, année où il fut élu à l’Académie. Sur la coquille de la garde, on distingue des fleurs, évocation des Fables de mon jardin, publiées la même année et une flûte de Pan, rappelant la musique pour laquelle Georges Duhamel avait une si vive passion. Des feuilles s’enroulent après la branche de l’épée.
La fusée prend la forme d’une colonne très simple, terminée par une sorte de chapiteau en fleur de lotus sur lequel le pommeau semble reposer dans un équilibre délicat. Sur le chapiteau lui-même, se détache une tête de serpent, symbole de la médecine et rappel de la profession exercée par Georges Duhamel. Le corps du serpent s’enroule en deux spirales autour de la fusée.
Très discret, au centre de la coquille, parmi les fleurs se distingue un casque français évoquant les livres émouvants que la Grande Guerre avait inspirés à l’écrivain, La vie des martyrs, paru en 1917 et Civilisation, qui lui a valu le prix Goncourt en 1918. (Épée vendue aux enchères).