![]() |
VOOZH | about |
Né à Paris, le 30 juin 1884.
Septième d’une famille de huit enfants, fils d’un pharmacien assez fantasque, converti sur le tard à la médecine, Georges Duhamel fit ses études au lycée Buffon, puis au lycée de Nevers, et enfin à l’Institution Roger Momenheim. Après une licence de sciences, il entama des études de médecine, qu’il devait achever en 1909. Ayant trouvé en emploi dans l’industrie pharmaceutique, il choisit néanmoins en parallèle de donner libre cours à ses aspirations littéraires.
Ayant fait partie dès 1906, avec Charles Vildrac, son beau-frère, et René Arcos du groupe unanimiste de l’abbaye, à Créteil, Georges Duhamel avait marqué son entrée dans la littérature par des poèmes, puis la publication de Des Légendes, des batailles, en 1907, L’Homme en tête et Sur la technique poétique (avec Ch. Vildrac), en 1909, Selon ma loi, en 1911.
Tandis que son théâtre était représenté à l’Odéon, il se vit confier en 1912 une rubrique critique au Mercure de France. Il devint un des auteurs de la maison, qu’il devait diriger pendant quelques années, à la mort d’Alfred Valette en 1935.
Commandant d’ambulances chirurgicales pendant la Première Guerre mondiale, Georges Duhamel allait nourrir de cette douloureuse et traumatisante expérience deux recueils de nouvelles : Vie des Martyrs et Civilisation (Prix Goncourt 1918). À la fin du conflit il choisit de renoncer définitivement à son métier de médecin pour se vouer entièrement à la littérature.
Il devait développer dans son œuvre un humanisme moderne marqué par une dénonciation des excès de la civilisation mécanique : La Possession du monde (1919), Scènes de la vie future (1930). Cet humanisme imprègne les deux cycles romanesques auxquels il consacra une large part de sa vie d’écrivain : Vie et Aventures de Salavin et Chronique des Pasquier ; ces deux ensembles dominent une œuvre abondante où se mêlent essais et romans. On citera encore : Les Plaisirs et les jeux (1922), Le Prince Jaffar (1924), La Pierre d’Horeb (1926), Le Voyage à Moscou (1927), Fables de mon jardin (1936), La Musique consolatrice (1944), Souvenirs de la vie du Paradis (1946), Tribulations de l’espérance (1947), Le Bestiaire, et l’Herbier (1948), Le Voyage de Patrice Périot (1950), Cri des profondeurs (1951), Les Compagnons de l’Apocalypse (1957), Le Complexe de Théophile (1958).
On doit aussi à Georges Duhamel plusieurs volumes de mémoires : Biographie de mes fantômes, Le Temps de la recherche, La Pesée des âmes, Les Espoirs et les Épreuves, ainsi qu’un journal posthume, Le Livre de l’amertume.
Chroniqueur à Candide en 1931, puis au Figaro à partir de 1935, Georges Duhamel, marqué par la guerre, qui avait fait de lui un ardent pacifiste, œuvra un temps pour le rapprochement avec l’Allemagne. Les menées hitlériennes devaient cependant le conduire à modifier ses positions et à dénoncer à partir de 1939 le pacifisme intégral et les accords de Munich.
Sous l’Occupation, il vit son œuvre interdite.
À la Libération, il entrait au Comité National des Écrivains, mais ne tardait pas à en démissionner en 1946, désapprouvant les excès de l’épuration.
Grand-croix de la Légion d’honneur, Georges Duhamel était également membre de l’Académie de médecine depuis 1937 ; il entra en 1944 à l’Académie des Sciences morales et politiques, et fut président de l’Alliance française de 1937 à 1940.
Lors de sa première candidature à l’Académie française en 1934, il essuya un échec au fauteuil Brieux, à cause, disait-on, de la lettre qu’il avait écrite au président de la République espagnole pour demander la grâce des condamnés à mort communistes ; il ne recueillit que 11 voix, contre 17 à Léon Bérard. Mais il fut élu l’année suivante, le 21 novembre 1935, au quatrième tour de scrutin, par 17 voix contre 7 à l’historien de Byzance, Charles Diehl, en remplacement de G. Lenotre, lequel n’avait pas eu le temps de siéger.
Il fut reçu sous la Coupole le 25 juin 1936 par Henry Bordeaux.
Élu secrétaire perpétuel en 1944, Georges Duhamel tint la fonction avec une courageuse dignité, durant cette période particulièrement difficile, et sut préserver tout à la fois l’honneur et l’avenir de l’Académie. Il démissionna en 1946.
Mort le 12 avril 1966.
1907 Des légendes, des batailles
1909 L’homme en tête
1909 L’acide thyminique dans la thérapeutique des maladies goutteuses
1910 Notes sur la technique poétique
1910 Selon ma loi
1911 La Lumière
1912 Dans l’ombre des statues
1912 Propos critiques
1912 Compagnons
1913 Le Combat
1913 Paul Claudel
1914 Les poètes et la poésie
1917 Vie des Martyrs
1918 Civilisation
1919 Entretiens dans le tumulte
1919 La possession du monde
1920 L’œuvre des athlètes
1920 Confession de minuit
1920 Élégies
1921 Lapointe et Ropiteau
1921 Les hommes abandonnés
1921 Quand vous voudrez
1922 Les plaisirs et les jeux (pour enfants)
1923 La journée des aveux
1924 Anthologie de la poésie lyrique française
1924 Deux hommes
1924 Le prince Jaffar
1926 Lettres au Patagon
1926 La pierre d’Horeb
1927 Le journal de Salavin
1927 Le voyage de Moscou
1928 La nuit d’orage
1928 Les sept dernières plaies
1929 Le club des Lyonnais
1930 Scènes de la vie future
1931 Géographie cordiale de l’Europe
1931 Les jumeaux de Vallangoujard
1932 Querelles de famille
1932 Tel qu’en lui-même
1933 Chronique des Pasquier. I, Le notaire du Havre
1933 L’Humaniste et l’Automate
1934 Remarques sur les mémoires imaginaires
1934 Chronique des Pasquier. II, Le jardin des bêtes sauvages
1934 Chronique des Pasquier. III, Vue de la Terre Promise
1934 Discours aux nuages
1935 Chronique des Pasquier. IV, La nuit de la Saint-Jean
1936 Fables de mon jardin
1937 Deux patrons
1937 Chronique des Pasquier. V, Le désert de Bièvres
1937 Chronique des Pasquier. VI, Les Maîtres
1938 Chronique des Pasquier. VII, Cécile parmi nous
1939 Chronique des Pasquier. VIII, Le combat contre les ombres
1939 Mémorial de la guerre blanche
1940 Positions françaises
1941 Les confessions sans pénitence
1941 Chronique des Pasquier. IX, Suzanne et les jeunes hommes
1944 Chronique des saisons amères
1944 Civilisation française
1944 Inventaire de l’abîme
1944 La musique consolatrice
1945 Biographie de mes fantômes
1945 Chronique des Pasquier. X, La passion de Joseph
1945 Lieu d’asile (réédition du livre brûlé par les Allemands en 1940)
1946 Paroles de médecin
1946 Souvenirs de la vie du Paradis
1947 Consultations au pays d’Islam
1947 Homère au XXe siècle
1947 Le temps de la recherche
1947 Semailles au vent
1947 Tribulations de l’espérance
1948 Le Bestiaire et l’Herbier
1949 La pesée des âmes
1950 Le voyage de Patrice Periot
1951 Cri des profondeurs
1952 Manuel du protestataire
1953 Les Espoirs et les Épreuves
1953 Les voyageurs de l’espérance
1953 Le Japon entre la tradition et l’avenir
1954 La Turquie nouvelle, puissance d’Occident
1954 Refuges de la lecture
1955 L’Archange de l’Aventure
1956 Les compagnons de l’Apocalypse
1957 Israël : clef de l’Orient
1957 Problèmes de l’heure
1958 Le complexe de Théophile
1959 Travail, ô mon seul repos !
1960 Nouvelles du sombre empire
Discours de réception de Georges Duhamel, le 25 juin 1936
Radiophonie et culture intellectuelle, le 25 octobre 1938
Réponse au discours de réception de Jérôme Tharaud, le 18 janvier 1940
Allocution à l'occasion de la mort d’André Bellessort, Secrétaire perpétuel, le 29 janvier 1942
Rapport sur les concours de l'année 1942, le 17 décembre 1942
Rapport sur les concours de l'année 1943, le 16 décembre 1943
Rapport sur les concours de l'année 1944, le 21 décembre 1944
Centenaire de la naissance d’Anatole France, à la Sorbonne, le 29 avril 1945
Allocution à l'occasion des funérailles nationales de Paul Valéry, le 25 juillet 1945
Rapport sur les concours littéraires de l'année 1945, le 10 janvier 1946
Réponse au discours de réception de Louis-Pasteur Vallery-Radot, le 21 février 1946
Réponse au discours de réception de Jules Romains, le 7 novembre 1946
Réponse au discours de réception de Henri Mondor, le 30 octobre 1947
Allocution à l'occasion de la mort d’Edmond Jaloux, le 1 septembre 1949
Séance d'inauguration des rencontres littéraires entre la France et la Belgique, à Royaumont, le 1 juin 1953
Épée créée par Cartier, en 1936, d’une grande sobriété. Un cristal de roche taillé, enchâssé dans la monture du pommeau porte gravées les initiales de l’écrivain G.D. D’un style très 1936, année où il fut élu à l’Académie. Sur la coquille de la garde, on distingue des fleurs, évocation des Fables de mon jardin, publiées la même année et une flûte de Pan, rappelant la musique pour laquelle Georges Duhamel avait une si vive passion. Des feuilles s’enroulent après la branche de l’épée.
La fusée prend la forme d’une colonne très simple, terminée par une sorte de chapiteau en fleur de lotus sur lequel le pommeau semble reposer dans un équilibre délicat. Sur le chapiteau lui-même, se détache une tête de serpent, symbole de la médecine et rappel de la profession exercée par Georges Duhamel. Le corps du serpent s’enroule en deux spirales autour de la fusée.
Très discret, au centre de la coquille, parmi les fleurs se distingue un casque français évoquant les livres émouvants que la Grande Guerre avait inspirés à l’écrivain, La vie des martyrs, paru en 1917 et Civilisation, qui lui a valu le prix Goncourt en 1918. (Épée vendue aux enchères).