Les Beatles « mal peignés », Piaf « naturelle », Picasso « spirituel »... Quand Le Figaro les découvrait pour la première fois
Nos prédécesseurs croquaient sur le vif ceux que l’on tient aujourd’hui pour des monstres sacrés. Avaient-ils deviné le sens que prendrait la postérité ? Sélection de critiques visionnaires ou non, souvent drôles, parfois inattendues, à l’occasion des 200 ans de notre quotidien.
Par Benjamin Puech
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Ils ne jugeaient pas Édith Piaf. Ils écoutaient, curieux, dans un cabaret enfumé, une jeune femme frêle à la voix d’or. Ils n’observaient pas le minotaure du cubisme ; ils chroniquaient les premiers pas d’un drôle de peintre catalan. Alors que Le Figaro célèbre les deux cents ans d’une riche existence, racontée dans un passionnant ouvrage et un hors-série, convoquons à nouveau nos prédécesseurs pour savoir ce qu’ils pensaient de nos figures tutélaires. La postérité, souveraine mais pas infaillible, se trouve de notre côté. Certains cas sont connus : Baudelaire, éreinté avant de collaborer avec le journal, ou les impressionnistes, délicieusement fustigés.
En voici d’autres, des critiques faites le plus souvent sur le vif, de Picasso à Titanic. Les icônes n’étaient alors pas intouchables. Le verbe pouvait donc être mordant (pauvres Beatles !). Il trahissait le poids de l’époque ou, au contraire, un flair étonnant. Un journaliste pouvait aussi en contredire un autre, et le journal…
