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Municipales Marseille : le maire sortant, Benoît Payan, face à la dynamique inédite du RN

Par Mathilde Ceilles et Nicolas Farmine, à Marseille

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👁 «L’histoire de Marseille se joue cette semaine», affirme Benoît Payan suite aux résultats du premier tour des municipales

Au terme d’une campagne tendue, où Sébastien Delogu (LFI) et la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, ont eu du mal à se faire entendre, le premier tour a ouvert la voie à une quadrangulaire dans la Cité phocéenne.

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C’est un premier tour historique dans la deuxième ville de France. Franck Allisio (RN) ne le sait que trop bien quand il franchit la porte de son quartier général, dans le 8e arrondissement de Marseille, sous les applaudissements. Les premiers sondages sont formels. À Marseille, le Rassemblement national a fait un bond gigantesque, au point d’être, à ce jour, un sérieux challenger pour ravir les clés de la Cité phocéenne. Annoncé au coude-à-coude avec le maire sortant, Benoît Payan (ex-PS), le nationaliste permet à son parti de progresser de plus de dix points par rapport aux précédentes municipales. « Le Rassemblement national est aux portes du pouvoir dans cette ville, jamais il n’aura été aussi près de la victoire », a d’ailleurs dramatisé Benoît Payan, appelant « les Marseillais à se rassembler dès dimanche prochain » derrière sa candidature pour montrer qu’ils « résistent à la vague brune ».

Selon les résultats validés par le ministère de l’Intérieur, Franck Allisio arrive en deuxième position avec 34,68%, derrière Benoît Payan à 35,84%. « Une nouvelle page de l’Histoire s’inscrit ce soir à Marseille, s’est enthousiasmé le lepéniste. Le résultat de ce soir est bien plus qu’un score électoral. C’est une promesse : celle que demain, Marseille devienne le nouvel exemple français, source d’inspiration pour toutes les villes qui souffrent de l’insécurité, de la pauvreté, de l’insalubrité. » Bien qu’il ne s’agisse pas du scénario le plus probable, une victoire du RN dans la deuxième ville de France serait lourde de sens à un an d’une élection présidentielle où ils partent favoris.

La candidate traditionnelle de la droite et du centre, Martine Vassal, est créditée d’un peu plus de 10 % des sondages, un score historiquement bas pour son camp à Marseille Passer la publicité

Sur place, les cadres nationalistes le savent. D’ailleurs, derrière la horde de caméras, Stéphane Ravier est visiblement heureux. Il observe Franck Allisio et lui fait signe de sourire quand celui-ci prend un air un peu trop grave. Ce rêve-là d’être en capacité de ravir la ville a été celui du sénateur des Bouches-du-Rhône pendant des années, avant qu’il ne navigue temporairement en eaux zemmouristes en 2022, puisqu’il renonce à se présenter contre Franck Allisio pour ces élections municipales. « C’est un travail qui a été entamé il y a un certain nombre de décennies par votre serviteur et par d’autres. Il a fallu labourer pendant un certain nombre d’années pour que la moisson de 2026 soit sans doute la meilleure. Les prévisions du Rassemblement national et même du Front national s’avèrent aujourd’hui justes. Ce que nous annoncions en termes de délinquance, de pauvreté, de mondialisation non heureuse, tout ça, ça s’est largement développé et plus encore à Marseille. Le Rassemblement national correspond sans doute mieux aujourd’hui à ce qu’attendent les électeurs. Nous avons eu un rassemblement plus large encore. On l’a vu pendant cette campagne, avec des candidats venus de la société civile, des candidats (macronistes), des candidats anciennement LR. Toutes les planètes se sont enfin alignées, avec une droite complètement macronisée en plus, qui, là, est dans les limbes », a-t-il lancé. Ce, alors que la candidate traditionnelle de la droite et du centre, Martine Vassal, est créditée de 10,93 % des sondages, un score historiquement bas pour son camp à Marseille. À la suite de quoi elle a refusé de s’exprimer.

La devise du maréchal Pétain

Il faut dire que, après avoir été rallié par grappes par des colistiers de Martine Vassal, le transfuge de l’UMP Franck Allisio semble avoir réussi sa stratégie consistant à élargir son socle en allant séduire les électeurs déçus par son ancienne famille politique. Au point que, représentés par la présidente du département et de la métropole, Les Républicains ont fini par s’écrouler dans la Cité phocéenne. Des difficultés symbolisées lorsque leur candidate a maladroitement repris la devise du Maréchal Pétain - « travail, famille, patrie » - lors d’un débat organisé par BFMTV et Le Figaro. En amont, Martine Vassal avait déjà été fragilisée par une autre sortie polémique, cette fois sur le RN, expliquant sur les ondes de Sud Radio qu’elle ne fermait pas la porte à un « accord » avec Franck Allisio au soir du premier tour.

Une version largement contestée par son camp, rétropédalant en urgence face au tollé. Depuis, Martine Vassal n’a cessé de marteler qu’elle se « maintiendrait » coûte que coûte à l’issue du premier tour. Avec 10,93%, elle est donc en capacité de se maintenir de justesse. Le coup de tonnerre, réel, a même menacé dans la soirée de devenir un séisme, lorsque certains instituts de sondage l’ont carrément donnée dernière l’Insoumis Sébastien Delogu. « Bien sûr que c’est une déception, reconnaît Sandra Blanchard, colistière Renaissance et l’une des rares à sortir du petit local sur le Cours Pierre Puget. Je ne vais pas vous dire qu’on est content. »

J’appelle Benoît Payan à entendre la voix du peuple, à voir le résultat des urnes et à agir en responsabilité en créant les conditions de ce front antifasciste

Sébastien Delogu

Idem dans le quartier de Belsunce, à quelques pas du Vieux-Port de Marseille, où l’heure ne semblait pas à la fête pour Sébastien Delogu. Le mélenchoniste a donc tendu la main à Benoît Payan en lui proposant la constitution d’un « front antifasciste » face à la montée en force du Rassemblement national. Avec 14,40%, le candidat LFI s’est immédiatement tourné vers le maire sortant pour lui proposer une alliance. « Une nouvelle génération politique a émergé, profondément ancrée dans les luttes populaires et sociales. La nouvelle France a pris sa place sur la scène politique marseillaise et elle ne s’arrêtera pas là », s’est-il exprimé face à ses militants sous des chants antifascistes. « Jamais nous ne laisserons passer l’extrême droite dans cette ville. Nous appelons dès ce soir à la constitution d’un front antifasciste pour empêcher le RN de conquérir Marseille », a encore martelé le député, pins à l’effigie du triangle rouge antifa sur le costume.

Une tentative de rapprochement tardive pour Sébastien Delogu, lancé dans un conflit ouvert avec Benoît Payan depuis le début de la campagne des municipales. L’édile a sèchement rejeté l’offre, déjà refusée une première fois quelques jours avant le premier tour. « J’appelle Benoît Payan à entendre la voix du peuple, à voir le résultat des urnes et à agir en responsabilité en créant les conditions de ce front antifasciste», n’a cessé de marteler Sébastien Delogu. Prudent, Benoît Payan a patiemment attendu le dépouillement de la majorité des bureaux de vote de la Cité phocéenne avant de s’exprimer. Peu avant minuit, alors qu’une centaine d’urnes n’avait pas encore rendu son verdict, il a finalement pris la parole, sourire aux lèvres. « Je ne ferai aucune négociation de couloir, aucune tambouille », a-t-il lancé à Sébastien Delogu. Lequel a dénoncé une « position irresponsable » en retour.

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13 commentaires
  • Yves d endoume

    le

    Marseille souvent à droite et souvent spolié par les socialistes.payan=système clientèles defferiste ,aidé par des des descendants de barons defferistes !

  • Content ou pas content

    le

    L’appel à un « front républicain » n’est que la marque d’une absence de programme mais aussi la marque de l’appel pour la gamelle ! Ces élus de gôche savent qu’ils sont incapables de travailler pour leur pays, qui voudrait de Delogu comme collègue !

  • Ad Astra

    le

    Payan, le parti de l’étranger; comme Delogu.

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