Quand les croisés francs bâtissaient des châteaux en Grèce
GRAND RÉCIT - Née de la quatrième croisade, la Morée franque a laissé sous la domination des Villehardouin le témoignage d’un carrefour culturel entre Orient et Occident. Le Figaro Histoire s’est rendu sur place pour raconter au mieux cette époque oubliée.
Par Jean Morel, pour Le Figaro Histoire
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Cet article est tiré du Figaro Histoire « À la conquête du Groenland, des Vikings à Donald Trump ». Retrouvez dans ce numéro un dossier pour tout comprendre de l’histoire de l’île arctique et des enjeux qu’elle représente depuis des siècles.
Il y a en Grèce, paraît-il, d’admirables ruines antiques. Il y en a d’autres qui n’intéressent personne (elles ne sont pas en marbre) et qui achèvent de se ruiner à l’abri des touristes : les châteaux francs du Péloponnèse. D’ordinaire, la domination franque de la Grèce de 1205 à 1430 est une page que l’on saute. On va droit au « miracle grec » en négligeant le miracle français. On oublie qu’au début du XIIIe siècle, des seigneurs bourguignons, champenois, comtois ont conquis cette terre à la pointe de l’épée, qu’ils y ont bâti leurs manoirs et leurs églises, instauré le régime féodal, versé leur sang pour la défendre.
À l’origine de cette « Francocratie », la prise de Constantinople par les croisés en 1204. Prestigieuse et embarrassante…
