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Dans les entrailles du Gosier, la grande bataille navale de « House Of The Dragon »

Par Constance Jamet, envoyée spéciale aux studios de Leavesden

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Steve Toussaint, alias Corlys Velaryon, mène ses hommes à la bataille. Theo Whiteman/HBO

REPORTAGE EXCLUSIF - La saison 3 de la série dérivée de « Game Of Thrones » s’ouvre sur un affrontement titanesque sur les flots. « Le Figaro » était sur le tournage.

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La bataille des bâtards, celle de Winterfell qui voit la forteresse des Stark envahie par des morts-vivants glacés… Game Of Thrones  a écrit l’histoire de la télévision avec des scènes de guerre titanesques, du niveau des superproductions hollywoodiennes. Sa série dérivée prologue House Of The Dragon s’était jusqu’à présent montrée plus timorée, privilégiant des luttes de pouvoir intestines et shakespeariennes. Les fans frustrés tiendront leur revanche, sur HBO Max, dès le lundi 22 juin. La troisième saison de House Of The Dragon  s’ouvre dans un grand fracas : la bataille du Gosier, un affrontement entre le plus grand amiral de Westeros Corlys Velaryon, qui soutient la princesse Rhaenyra, et la commandante Sharako Lohar, partisan de la faction opposée favorable à Allicent Hightower et ses fils.

Invité sur le tournage en juillet dernier, à une heure de Londres, dans les studios de Leavesden où se filme également la série Harry Potter, Le Figaro était aux premières loges pour découvrir un plateau, digne de Pirates des Caraïbes. Une cinquantaine de figurants, épée à la main ou agrippés à la balustrade ou aux cordages, repoussent leurs adversaires, entravés par d’immenses gerbes d’eau et des départs de feu (laissés par des dragons qui seront rajoutés en postproduction). Ce qui reste de deux majestueux bateaux entrés en collision ne cesse d’osciller, au gré du mouvement des vagues du bassin et des machines à vent. Une pluie de cendres parachève le tableau dantesque. Parfois un homme glisse, crie ou râle, mais dans la bonne humeur la plus totale. Chacun retrouve son âme d’enfant. Pour bien souligner la violence des combats, des mannequins, plus vrais que natures, utilisés comme cadavres et barbouillés de faux sang, gisent épars.

L’affrontement est aérien et naval. Theo Whiteman/HBO
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Des médiévistes consultés

« Je serai jugé sur ma capacité à retranscrire cet affrontement qui change le cours de cette guerre civile et de l’histoire de Westeros. Cette bataille du Gosier, je l’ai longtemps redoutée car elle provoque un jeu de dominos ultrarapide », prévient le showrunner Ryan Condal. La difficulté de la séquence qui dure un tiers du premier épisode - soit 20 minutes - et a nécessité 30 jours de tournage sur une saison qui en compte 282 ? Combiner des prouesses navales et aériennes. Les dragons et leurs cavaliers laminent de flammes les combattants sur les flots. Le spectacle doit être au rendez-vous sur les deux terrains d’engagement. Ainsi, le réalisateur Loni Peristere cite comme niveaux d’exigence autant Master and Commander : De l’autre côté du monde que Top Gun ! 

La commandante de la flotte ennemie est Sharako Lohar. Theo Whiteman/HBO

Condal s’est entouré du producteur Kevin de la Noy, à l’œuvre sur Titanic et donc incollable en naufrage. Des médiévistes ont aussi été consultés pour définir des techniques d’abordage réalistes dans un monde qui ne connaît pas les canons et le combat de longue portée. Dès l’hiver 2025 sont construits deux bassins. Un bateau équipé d’une boîte noire est envoyé en mer pour capter les mouvements. Ils seront enregistrés pour être reproduits au degré près sur les décors grâce à un ambitieux système de cardans, un support pivotant qui permet la rotation d’un objet autour d’un axe. Cinq seront utilisés simultanément, un record ! «Nous avons pratiquement construit une petite usine de traitement d’eau. Nous devions nettoyer, stériliser l’eau pour pouvoir la chauffer. Cela prend deux heures et demie pour vider un bassin. Nous arrivons à pomper plus de mille litres à la minute» détaille le spécialiste des effets visuels Mike Dawson, qui a fait ses armes sous Steven Spielberg.

Le storyboard et la prévisualisation sur ordinateur sont millimétrés. Une encyclopédie, façon Wikipédia, de 172 pages, est mise à disposition des techniciens et acteurs pour répondre à leurs questions scénaristiques (qui est qui ?, qui soutient qui), logistiques et stratégiques. Les comédiens répètent dès mars la chorégraphie de leurs corps à corps. Abigail Thorn, qui prête ses traits à Sharako Lohar a dû prendre, entre les deux saisons, dix kilos de muscle. Elle a reçu des leçons de boxe thaïlandaise et d’escrime. «Mon personnage est comme le capitaine Ahab dans Moby Dick. Elle est à mettre sa vie en jeu pour attraper sa baleine blanche alias Corlys», souligne la comédienne, qui a relu le roman de Herman Melville pour se mettre en condition.

« Pour ces entraînements, nous étions en survêtement et tee-shirt. Mes mouvements étaient bien plus poétiques et gracieux que le jour J où j’étais alourdi par une armure de 15 kg. Soudainement, je me déplace à un quart de mon allure normale et on me place sur une surface qui ne cesse de bouger et on demande de tomber au ralenti ! », s’esclaffe Steve Toussaint. L’interprète de Corlys Velaryon promet « un moment de bravoure audiovisuel historique et inédit », qui a mobilisé, dix mois durant, quatre sociétés de production d’effets spéciaux ! L’eau est en effet une texture délicate à recréer. «La barre a été placée très haut», souligne Steve Toussaint, «C’est une énorme pression». Kevin de la Noy ne dit pas autre chose. «Nous devons surpasser ce qui a été fait jusqu’à présent, y compris dans Game Of Thrones. On doit sans cesse s’améliorer. Cela passe notamment par avoir plus de vrais combattants que de numériques !». Cette saison, l’équipe de cascadeurs a même battu un record mondial : immoler 23 professionnels pour une seule et même scène.

Il n’y a pas de répit pour le producteur. Plusieurs unités filment en même temps. Non loin des bassins, une galère est remplie de figurants qui rament. À 80 km de Leavesden, 250 acteurs, techniciens et cascadeurs ainsi que 30 chevaux redonnent vie à la sanglante bataille de Tumbleton. Cette troisième saison de House Of The Dragon compte, en effet, se terminer sur la même onde de choc que ce premier épisode.

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1 commentaire
  • anonyme

    le

    De la violence, des tueries sans nom, les plus bas instincts ! Quel spectacle flattant les plus cruels et hideux retors! Comment s’étonner que la violence soit devenue le moyen privilégié d’exister! Oû sont la beauté et la poésie, l’équilibre serein comme graal ? Et c’est pourtant l’écoute et la quête qui enrichissent le monde…Ah! Oui, mais pas de fric et un chemin moins facile.

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