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Le scénario maudit du vol AF447 décrypté sur RMC Découverte

Un des débris flottants du vol Air France AF447 retrouvé dans l’océan Atlantique en juin 2009 Abaca

La série documentaire «Hors de contrôle» analyse la catastrophe aérienne du vol Rio-Paris survenue le 1er juin 2009 au milieu de l’Atlantique.

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En marge du procès en appel où la compagnie Air France et le constructeur Airbus sont jugés pour « homicides involontaires », RMC Découverte diffuse un documentaire qui retrace et analyse les circonstances du drame survenu il y a plus de seize ans au milieu de l’océan Atlantique. En 2023, en première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé les deux sociétés sur le plan pénal tout en reconnaissant leur responsabilité civile. Sans accréditer une thèse plus qu’une autre, le film réalisé par Margot Zaparucha s’appuie sur des éléments objectifs soutenus par des commentaires de témoins et d’experts.

Le lundi 1er juin 2009, le vol AF447 en partance de Rio avait disparu des écrans radars alors qu’il survolait l’Atlantique en direction de Paris. Cet Airbus A330, réputé pour sa grande fiabilité, avait décollé à 22 h 29 (heure française) du Brésil et devait atterrir 10 heures et 34 minutes plus tard à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Alors que l’avion avait atteint sa vitesse de croisière à 10 500 mètres d’altitude, les pilotes avaient communiqué une dernière fois avec les contrôleurs aériens de l’aéroport international de Natal à 1 h 35 du matin et devaient entrer en relation avec ceux de Dakar, au Sénégal, à 2 h 20. Ce qu’ils n’ont jamais pu faire.

À lire aussi Tragédie de l’AF 447 : le crash du vol Rio-Paris vu du cockpit sur W9

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Un scenario catastrophe « hautement improbable »

Entre-temps, l’Airbus A330 avait traversé la zone de convergence intertropicale où des masses d’air opposées se rencontrent et peuvent engendrer des orages puissants à très haute altitude. L’alerte de la disparition de l’AF447 avait été donnée à 8 h 22 par les contrôleurs aériens de l’aéroport de Madrid. Après une semaine de recherches, des débris flottants avaient été récupérés à la surface de l’océan. Il avait fallu plus de deux années pour retrouver la trace de l’épave de l’appareil à plus de 4 000 mètres de profondeur et les deux boîtes noires. Minute par minute, les derniers instants de vol de l’Airbus A330 ainsi que les conversations des pilotes ont pu être retranscrits.

Le documentaire AF447 Rio-Paris : scénario d’un crash et d’une enquête hors norme  raconte comment tout a basculé en quatre minutes et vingt-trois secondes. La réalisatrice fait état d’un scénario « hautement improbable » où les événements défavorables, tant météorologiques que techniques et humains, se sont conjugués. Le commandant de bord, Marc Dubois, avait laissé sa place à ses deux copilotes, David Robert et Pierre-Cédric Bonin, pour aller se reposer. À 2 h 10, le pilote automatique avait été déconnecté par ces derniers pour leur permettre de contourner manuellement la perturbation qui se présentait face à eux.

Altitude maximum dépassée

Malgré leur système de dégivrage, les trois sondes Pitot de l’AF447, qui permettent de mesurer la vitesse de l’avion et influencent l’altimètre, avaient été obstruées par la glace et étaient tombées en panne. Sans visibilité, les deux copilotes avaient navigué en se fiant à des indicateurs erronés. Pensant perdre de l’altitude, ils avaient voulu réajuster leur trajectoire en prenant de la hauteur. En dépassant l’altitude maximum autorisée, l’avion avait décroché. S’ils avaient eu conscience de la situation, les pilotes auraient dû faire un piqué vers la mer pour permettre à l’appareil de reprendre de la vitesse et ensuite le redresser. Mais l’avion a chuté verticalement à une vitesse de 180 km/h avant de heurter l’océan.

Avec 216 passagers et douze membres d’équipage, morts sur le coup, il s’agit de l’accident le plus meurtrier de l’histoire de l’aviation commerciale française. Après cette tragédie, les sondes Pitot ont été changées par des modèles plus récents et les pilotes ont été davantage formés au vol manuel. En cabine, les alarmes ont été perfectionnées pour être interprétées instinctivement.

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