Unchosen (Netflix) : une série britannique dans l’enfer d’une secte
Une jeune femme vivant au sein d’une communauté chrétienne recluse voit ses convictions bousculées dans ce huis clos oppressant aux rebondissements extrêmes.
Passer la publicité Passer la publicitéLe Royaume-Uni compte 2 000 communautés religieuses vivant en autarcie et considérées comme des sectes. La série de Netflix Unchosen, mis en ligne fin avril, plonge dans l’une d’elles. Son fonctionnement fait terriblement penser à The Handmaid’s Tale. Les smartphones, les ordinateurs, sources de tentations notamment pornographiques, sont interdits. Seuls les hommes travaillent et maintiennent un contact avec le monde extérieur. Les femmes cuisinent, éduquent les enfants et mettent au monde une ribambelle de bébés.
Rosie (Molly Windsor) vit avec son mari Adam et leur fille malentendante, Grace sous la doctrine chrétienne de l’inflexible Mr Phillips (Cristopher Eccleston, glaçant). Lorsque l’enfant du couple échappe de peu à la noyade après être tombée dans la rivière, Rosie voit sa loyauté à la communauté vaciller.
Un huis clos corseté
Ses doutes et velléités de désertion sont attisés par l’irruption de Sam, l’inconnu qui a sauvé l’enfant des flots. Mais ce bon samaritain, en cavale de la police, s’avère bien moins ange que démon. Au sein de la secte, il déploie son jeu de séduction et de manipulation. De quoi isoler Rosie un peu plus et agrandir le gouffre, qui se creuse entre elle et son mari…
La créatrice Julie Gearey s’est rigoureusement documentée, s’appuyant sur les témoignages de rescapés, tels ceux des anciens fidèles de Plymouth Brethren Christian Church. La série construit un huis clos oppressant corseté par une routine aride et une surveillance constante.
Mais ce souci d’authenticité bute sur une intrigue aux rebondissements extrêmes, dignes de soap opera. On aurait aimé un peu plus de nuances, surtout avec une distribution de ce calibre. Modèle de tolérance dans Sex Education, Asa Butterfield incarne ici un époux brutal inféodé à son gourou. Son Adam est bien incapable de discerner ses vrais désirs et de se retrouver dans le modèle de masculinité, qui lui est imposé.
