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Avec sa relecture moderne de Cape Fear - Les nerfs à vif, Apple TV réussit son pari

Javier Bardem campe le carnassier et menaçant Max Cady. Le méchant préféré des réalisateurs, vu récemment dans L’Être aimé, est un adversaire à la hauteur d’Amy Adams. Apple TV

Les comédiens Amy Adams et Javier Bardem modernisent, dans cette série, le thriller déjà porté à l’écran par Martin Scorsese. Une variation convaincante.

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Martin Scorsese avait signé en 1991, avec Robert de Niro, un remake de Cape Fear : les nerfs à vif, le classique de Jack Lee Thompson, porté par Gregory Peck et Robert Mitchum. Amy Adams (Premier Contact, Sharp Objects ) et Patrick Wilson se lancent le défi de marcher dans ses pas illustres avec cette série Apple TV du même nom, qui modernise le thriller mythique. Les comédiens campent un couple à la ville et au barreau de Géorgie. Anna et Tom Bowden voient leur quiétude voler en éclats lorsque Max Cady, tueur notoire qu’ils ont fait emprisonner vingt ans plus tôt, sort de prison. L’obsession de ce colosse psychopathe : se venger d’Anna, qui était son avocate inexpérimentée, et de Tom, alors procureur chargé de l’affaire. Cady sape la réputation du couple, et infiltre son cercle professionnel et familial.

Les accidents se multiplient autour des Bowden. Une famille de putois est retrouvée noyée dans leur piscine. L’alarme de leur résidence se déclenche sans raison apparente. Des mauvaises fréquentations en ligne et de visu font dérailler le quotidien de leurs enfants : aussi bien de la bonne élève Natalie que de son frère cadet, Zack (le fils de Kate Winslet, Joe Anders), qui vit reclus après avoir harcelé une camarade.

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Secrets explosifs

L’engrenage de cette vendetta est d’autant plus implacable et oppressant que le tatoué, manipulateur et carnassier Max Cady est campé par Javier Bardem. L’Espagnol est un adversaire à la hauteur de l’intensité du jeu d’Amy Adams. Leurs face-à-face tiennent autant de la démonstration de force que de la séduction venimeuse. Leurs échanges regorgent de sous-entendus et d’allusions à des secrets explosifs, qui pourraient remonter à la surface.

« Cape Fear est un cauchemar intemporel : une famille américaine traquée par un monstre. Avec cette série, je voulais explorer les terreurs de notre époque. La cellule familiale est bien plus perméable et fragmentée, le monde et notre rapport à la vérité bien plus incertains. La paranoïa nous submerge. Les autres veulent-ils nous nuire ? », souligne le showrunner Nick Antosca, qui a reçu le soutien de Steven Spielberg et de Martin Scorsese. Les légendaires réalisateurs sont les producteurs de ces dix épisodes, qui cultivent le doute d’une manière inédite par rapport aux précédentes adaptations.

À commencer par la culpabilité de Cady. Ce dernier a-t-il vraiment tué sa femme ? Ou est-il victime d’une erreur judiciaire et de l’incompétence des Bowden « qui auraient construit leur bonheur sur sa souffrance ? », interroge Nick Antosca. « Il était important dans cette version qu’Anna et Tom soient impliqués dans son procès et ne soient pas au-dessus de tout soupçon. Leurs confidences sur l’oreiller ont-elles influencé le verdict ? », plaide le scénariste.

Autre source majeure d’anxiété, les écrans omniprésents (smartphones, réseaux sociaux). Nick Antosca tisse un thriller voyeur. Dans ce cauchemar éveillé et enfiévré, « on ne sait jamais qui observe qui à travers les fenêtres, les haies, les objets connectés ». Son Cape Fear flirte ouvertement avec l’horreur, cultivant une ambiance poisseuse façon True Detective . Les plans de coupe sur la nourriture ou les incursions presque surnaturelles de la faune locale (putois, cougar) filent la métaphore d’une menace permanente. La moiteur et la pénombre de ce Sud marécageux et hostile, balayé par les âpres lueurs des néons, attisent cette atmosphère malsaine. Nick Antosca assume une palette rougeoyante et jaunâtre, hommage au film de Martin Scorsese. Ce n’est pas le seul clin d’œil qu’il lance au maestro. Une belle surprise de casting attend les spectateurs dans l’épisode de ce vendredi, avec la présence au générique d’un des acteurs du long-métrage de 1991.

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