Plaisir maximum garanti (Apple TV) : la maman contre le maître chanteur
Entre comédie noire et thriller hitchcockien, cette série enlevée suit une héroïne en pleine crise existentielle, en quête de reconstruction.
Passer la publicité Passer la publicitéChantage, meurtre et matchs de foot calamiteux… Voici le cocktail détonant de la nouvelle création enlevée d’Apple TV Plaisir maximum garanti. Fraîchement divorcée et en conflit avec son ex sur la garde de leur fille, qu’il veut emmener dans l’Idaho, Paula pensait avoir touché le fond. Mais cette journaliste qui exorcise ses frustrations et son ressentiment en traînant sur un site de discussions érotiques n’a effleuré que la surface des problèmes qui l’attendent.
Alors qu’elle noue une connexion immédiate avec un de ces jeunes gigolos qui s’exhibe devant son écran, elle assiste, un soir, lors d’une de leurs visioconférences, à son meurtre par un assassin masqué. Ce dernier ne tarde pas à la faire chanter. C’est mal connaître le culot de la New-Yorkaise d’adoption. Puisque la police ne croit pas à ce crime, qu’elle estime être une arnaque en ligne, la reporter vérificatrice d’informations va mener l’enquête ! Sa profession fait de Paula un détective amateur en puissance. Si l’agresseur peut glaner des détails sur elle rien qu’en observant, par écran interposé, la décoration de son appartement, elle peut tout à fait lui rendre la pareille.
Passer la publicitéLe créateur de Plaisir maximum garanti, David J. Rosen, fait coexister les codes de la comédie noire et du thriller hitchcockien. Son inspiration principale ? Fenêtre sur cour. « Notre époque est caractérisée par une épidémie de solitude, alimentée par une technologie qui nous permet de communiquer aux quatre coins du monde, nous ouvre une fenêtre virtuelle sur la vie des autres tout en nous isolant, explique le showrunner. Quoi de plus vulnérable et confinée qu’une mère célibataire débordée qui jongle avec les responsabilités et qui ouvre son ordinateur pour s’offrir un moment de compagnie ? »
Appel anonyme
Paula est à la fois un limier et le suspect numéro un des enquêteurs, car son passé est loin d’être irréprochable et vide de cachotteries. « Nombre de fictions traitent du premier amour, du premier emploi. Mais trop peu racontent ce qui se passe quand les choses tournent mal », décrypte David J. Rosen. Le scénariste plonge son héroïne ordinaire dans un bain constant d’anxiété. Soit quand elle reçoit un appel anonyme menaçant, soit quand elle est convoquée par son rédacteur en chef. Ou encore quand elle doit jouer les entraîneurs de l’équipe de foot de sa fille. « Parfois, c’est plus stressant de gérer le covoiturage de son gamin et de ses camarades qu’un crime. Paula croit que toutes les bonnes opportunités sont derrière elle, qu’elle est condamnée à rester engluée et à faire du sur place. L’engrenage dans lequel elle se retrouve va la forcer à sortir de la torpeur de son quotidien », plaide David J Rosen.
Dans Plaisir maximum garanti, chaque protagoniste a le potentiel d’être le maître chanteur. Les conspirations s’enchâssent comme des poupées russes. Épatante quand elle incarnait de multiples clones dans Orphan Black, l’actrice canadienne Tatiana Maslany se délecte en jouant une Paula tiraillée entre effroi et sarcasme, aussi acculée que débrouillarde et superhéroïque. Elle trouve une acolyte, parfois méfiante, en la personne de Dolly de Leon (la préposée aux toilettes autoritaire de la palme d’or Sans filtre ), géniale dans la peau d’une policière pragmatique et rationnelle.
