Star City (Apple TV) : des cosmonautes sous le regard du KGB
Ce redoutable thriller dérivé de la série à succès For All Mankind plonge dans une URSS dont les astronautes ont marché en premier sur la Lune.
Passer la publicité Passer la publicitéDepuis ses débuts en 2019, Apple TV s’est révélée une des plateformes SVOD les plus constantes en termes de créativité et de qualité, lançant des séries remarquables mais trop souvent connues seulement d’un public confidentiel. À l’image de For All Mankind, la saga à la plus grande longévité de la marque à la pomme. Cinq saisons en ligne et une dernière et sixième en préparation à imaginer un monde où les Soviétiques auraient devancé les Américains sur la Lune. For All Mankind chroniquait ce bouleversement du point de vue des Occidentaux et racontait comment cette déviation donnait un coup de fouet à la conquête spatiale, accélérant l’établissement de colonies sur Mars.
Ses créateurs Ben Nedivi et Matt Wolpert ont eu envie d’explorer les implications de cette uchronie de l’autre côté du rideau de fer, côté russe. C’est ainsi qu’a vu le jour la série dérivée Star City, qui démarre ce vendredi sur Apple TV après avoir été présentée en avant-première à Canneséries. « Pour que l’expérience vaille le coup, il fallait une atmosphère, une identité sonore, un ADN complètement différents. Être au pic de la guerre froide offrait un terrain de jeu exaltant, comme de revisiter le passé de certains personnages secondaires de la série mère », expliquait à Canneséries le duo.
Passer la publicitéSi For All Mankind était une saga de science-fiction pure, Star City s’avère être un thriller paranoïaque et kafkaïen d’espionnage oppressant dans la veine de l’emblématique La Vie des autres. Le grain de l’image saute aux yeux, comme les couleurs blafardes et les visages fermés. « Dans un régime autoritaire, rien n’est anodin, y compris un sourire. Impossible d’être bien dans sa peau, il y a toujours la possibilité qu’on vous observe. Paradoxalement, c’est moins dangereux d’être en mission dans l’espace que d’être sur terre », soulignent Ben Nedivi et Matt Wolpert.
Survivre dans un État policier
Comment survivre dans un État policier qui écoute la moindre conversation et ne tolère ni ego, ni dissidence, ni remords ? Cosmonautes et scientifiques sont épiés et intimidés sans relâche par des agents du KGB dans l’URSS triomphante des sixties. Les espions sont d’autant plus sur les dents qu’une taupe fait fuiter les secrets du programme spatial russe. Pour mener la traque, une vétérane de la Seconde Guerre mondiale et haute gradée du KGB Lyudmilla Raskova (Anna Maxwell Martin) prend sous son aile une jeune recrue prometteuse et diligente Irina Morozova (Agnes O’Casey, Black Doves ), encore hésitante à se salir les mains. Des visages féminins de la terreur, ordinaires, déconcertants et redoutables.
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Star City lève aussi le voile sur le nébuleux programme spatial soviétique : « Pas du tout mis en avant et documenté à la différence de son équivalent américain Apollo. Nos recherches nous ont fait tomber des nues », pointent Ben Nedivi et Matt Wolpert. « Le degré de bricolage des missions, les obstacles techniques surmontés, les risques pris, l’audace défient l’entendement. La propagande étatique ne concordait pas toujours avec les faits ce qui plaçait les scientifiques en mauvaise posture. Hors de question aussi de stariser les pionniers de cette conquête spatiale. » Ce n’est pas donc un hasard si le héros de Star City, l’ingénieur en chef, campé par Rhys Ifans, n’a ni prénom ni nom. Celui de son alter ego dans la vie réelle n’a été révélé au grand public qu’après sa mort.
