SportMed Summit : la Méditerranée et le sport comme puissance d’avenir
Par Souad Soulimani
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Le sport français a changé de dimension. Et chaque passionné que nous sommes avec. Nous étions supporters hier, nous voilà acteurs aujourd’hui. Paris 2024 n’a pas seulement été une réussite populaire ou une parenthèse enchantée avec plus de 12 millions de billets vendus. La capitale aura été une vitrine aux yeux du monde résonnant du côté de la Méditerranée avec un sport qui bâtit des ponts précieux et ambitieux. Retour sur le SportMed Summit du 29 avril dernier. Inspirant et impactant.
Passer la publicité Passer la publicitéLes Jeux Olympiques et Paralympiques ont installé une nouvelle réalité : celle d’un sport devenu un levier stratégique pour l’économie, l’inclusion, l’attractivité territoriale et l’influence internationale.
C’est précisément cette vision qui traversait le SportMed Summit organisé fin avril à Marseille. Une ville symbole. Une ville-monde tournée vers la Méditerranée, vers l’Afrique et vers l’avenir. Ici, le sport ne se regarde pas uniquement comme une compétition. Il se pense comme un écosystème. Comme une diplomatie. Comme une industrie capable de transformer durablement les territoires.
Passer la publicitéDans son discours d’ouverture, François Singer a donné le cap avec conviction : créer des ponts. Entre les cultures, entre les générations, entre les continents. L’Europe et l’Afrique. Et surtout entre les ambitions économiques et les valeurs humaines du sport.
Le véritable héritage est ailleurs : dans l’image d’une nation capable de rassembler.Dans cette cité ouverte sur la Méditerranée, les échanges ont rappelé une évidence : les grands événements sportifs ne sont plus des parenthèses, mais des accélérateurs de transformation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, la filière sport représente en France près de 80,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 147 000 entreprises et plus de 450 000 emplois. Le secteur pèse désormais 2,7 % du PIB national, chiffres publiés par la Direction Générale des Entreprises. (DGE)
Et l’impact de Paris 2024 dépasse largement les stades. Les Jeux ont généré plus de 7,1 milliards d’euros de retombées économiques en Île-de-France entre 2017 et 2024, avec plus de 11 millions de visiteurs et près de 5 milliards de téléspectateurs dans le monde. La Banque de France estime même que les Jeux ont contribué à hauteur de 0,25 point de PIB à la croissance française du troisième trimestre 2024 grâce aux droits télévisés, au tourisme et à la billetterie. Mais réduire cette dynamique à une lecture comptable serait une erreur. Et c’est bien tout l’objet du rendez-vous fixé à Marseille pour évoquer l’impact du sport. Sa force, sa puissance et sa résilience. Car oui, le véritable héritage est ailleurs : dans l’image d’une nation capable de rassembler. De s’adapter. De se transformer. D’inspirer.
Les futurs Jeux d’Hiver ne devront pas simplement être spectaculaires : ils devront être responsables, sobres, inclusifs et ancrés dans leurs territoires.De grandir et d’apprendre ensemble. Dans une France qui a retrouvé, le temps d’un été, le goût du collectif. Dans des millions de jeunes qui ont vu des champions leur ressembler. Dans l’explosion de la visibilité du paralympisme. Dans des territoires qui ont compris que le sport pouvait devenir un moteur de développement économique, touristique et social. Et un vecteur inépuisable de valeurs humaines et citoyennes.
La première table ronde autour des Alpes 2030 avec notamment la participation d’Elie Patrigeon, directeur héritage, impact et durabilité du COJOP des Alpes Françaises 2030 a parfaitement incarné cette ambition.
Les futurs Jeux d’Hiver ne devront pas simplement être spectaculaires : ils devront être responsables, sobres, inclusifs et ancrés dans leurs territoires. Une nouvelle vitrine mondiale pour une France sportive qui entend désormais conjuguer performance et impact. Le SportMed Summit a également mis en lumière un enjeu essentiel : celui de la Méditerranée comme nouvel espace stratégique du sport mondial. Car les futures grandes échéances sportives dessinent une nouvelle géographie de l’influence. Et le continent africain est désormais au cœur de cette dynamique, la francophonie également. C’est le message que porte avec toujours la même détermination Daniel Zelinski, délégué ministériel à la Francophonie qui a débuté sa carrière à la Commission européenne avant d’être aujourd’hui défenseur et acteur d’une francophonie sportive, véritable levier d’influence et de développement comme il a pu le rappeler lors de son intervention le 29 avril dernier.
Méditerranée et francophonie. Sport et impact. Passion et Ambition : impossible de ne pas penser au Maroc, qui se prépare à coorganiser la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal et qui ne cesse de s’imposer comme leader et acteur majeur du continent Africain dans cette dynamique mêlant l’évènementiel, l’opérationnel et l’institution. L’action et la transmission. Une bascule historique : le Royaume investit en effet massivement dans les infrastructures sportives, les mobilités, l’hospitalité et l’événementiel afin de devenir une plateforme sportive incontournable entre l’Europe et l’Afrique.
Cette montée en puissance du Maroc illustre parfaitement ce que les acteurs présents à Marseille ont défendu : le sport comme outil de coopération économique et géopolitique méditerranéenne.
La Méditerranée devient un corridor stratégique du sport mondial afin d’accueillir durablement les grands événements, développer le tourisme sportif, renforcer l’inclusion par le sport et construire une économie plus responsable. L’écoresponsabilité a d’ailleurs traversé l’ensemble des débats. Comment continuer à organiser des événements mondiaux sans reproduire les excès du passé ? Comment réduire l’empreinte carbone des compétitions ? Comment penser des infrastructures utiles après les Jeux ? Mais également, tout au long de la journée : Comment faire du sport un outil de lutte contre les inégalités et de prévention des violences ?
À Marseille, une conviction a rythmé les échanges : le sport est « une politique publique globale et transversale ». Il touche à la santé, à l’éducation, à l’attractivité économique, à la diplomatie, à la transition écologique et à la cohésion sociale.
Le SportMed Summit a confirmé par l’impact que la France possède aujourd’hui une carte unique à jouer : celle d’un pays capable de connecter l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique autour d’une vision moderne et inclusive du sport. Et cette dynamique ne fait que commencer avec une vision et une ambition transformées collectivement en action.
