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Top 14 : impact économique, absence de débordements, rayonnement... pourquoi les villes se battent pour accueillir les demi-finales

Par David Reyrat

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L’Orange Vélodrome de Marseille accueille régulièrement des rencontres de Top 14, comme le choc de saison régulière entre Toulon et Toulouse. Icon Sport / Icon Sport

Alors que Marseille s’apprête à accueillir cet événement annuel, le directeur général de la Ligue se félicite de son attractivité. Et n’exclut pas une délocalisation prochaine à Barcelone.

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Les demi-finales du Top 14 sont délocalisées en cette fin de semaine à Marseille. Pourquoi les villes se battent pour organiser cet événement ?

Emmanuel Eschalier : D’abord, un clin d’œil. La première délocalisation des demi-finales, en 2011, avait eu lieu à Marseille… Elles sont devenues un événement majeur du calendrier sportif, tous sports confondus. C’est un événement que les villes et les stades souhaitent accueillir. La preuve en est, nous avons lancé une consultation pour les éditions 2028, 2029 et 2030. Nous avons reçu de très nombreuses candidatures avec de très belles propositions, à la fois en termes de conditions d’accueil dans le stade, de conditions d’animation dans la ville, d’opérations autour du rugby toute l’année dans le territoire. La décision sur ces trois attributions sera prise jeudi par le comité directeur.

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Pourquoi ce vif intérêt ?

C’est un événement qui fait rayonner la ville, qui amène de la convivialité, des moments extraordinaires pendant 48 ou 72 heures. Et puis, il y a un impact économique massif, évalué à hauteur de 20 millions d’euros avec près de 80% des spectateurs qui viennent de départements autres que celui qui accueille les demi-finales. Beaucoup de spectateurs découvrent la ville pour la première fois et le panier moyen est de près de 350 euros par personne. Au-delà de cet impact économique, qui compte, il y a aussi le rayonnement, l’animation locale, le plaisir que ça procure aux gens. C’est un événement que les villes veulent avoir et on s’en réjouit.

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Avec une jauge minimum pour le stade cependant ?

Il n’y a pas de jauge minimum formalisée. Mais comme les demi-finales remplissent de façon très rapide des stades de 55.000, 60.000, 65.000 places, la capacité d’accueil du stade est un élément important de la prise de décision. Mais ce n’est pas le seul, sinon les demi-finales alterneraient entre Lyon et Marseille chaque année. Il y a aussi l’ambition de faire rayonner le Top 14 dans un maximum de régions, des régions où le rugby est déjà fortement implanté et des régions de conquête et de développement. Le critère de la capacité d’accueil est important mais ce n’est pas le seul. Il a ces autres considérations que sont le développement du rugby et le rayonnement du Top 14.

Est-ce que le fait qu’on sait que ce sera une fête, qu’il n’y aura pas de débordement, que les supporters sont mélangés et que tout se passe bien, est un argument qui séduit les villes candidates ? Oui.

Est-ce que les villes candidates, à l’instar des villes-étapes du Tour de France, doivent s’acquitter d’une somme auprès de la LNR si elles sont choisies ? 

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L’un des critères d’évaluations correspond aux conditions financières. Cela peut prendre la forme d’une contribution monétaire et/ou de la valorisation de prestations de service.

Disputer les demi-finales dans une ville, un département, qui ne disposent pas d’un club professionnel contribue à augmenter la pratique locale, à attirer les enfants dans les écoles de rugby ?

On en est convaincus. À chaque fois que les demi-finales du Top 14 se disputent dans une ville où il n’y a pas de club professionnel, c’est un accélérateur de développement pour l’intérêt pour le rugby, pour le développement de la pratique. Ça crée une dynamique. Nous essayons de capitaliser très en amont sur ces 48 heures de fêtes en menant des opérations dans les écoles, des opérations d’initiation au rugby, en travaillant avec les acteurs locaux pour faire découvrir le rugby dans les quartiers prioritaires de la ville. Les demi-finales sont un outil d’attractivité pour faire découvrir notre sport. Et ça diffuse de l’énergie chez tous ceux qui font vivre le rugby localement.

Vous refusez la comparaison avec le football. Mais si on vous dit que les villes sont séduites aussi parce que cet événement ne provoque pas de heurts entre supporters, ni de casse chez les commerçants…

Est-ce que le fait qu’on sait que ce sera une fête, qu’il n’y aura pas de débordement, que les supporters sont mélangés et que tout se passe bien, est un argument qui séduit les villes candidates ? Oui. Mais absolument pas par opposition au football, qui est un sport extrêmement populaire et universel. On a nos propres caractéristiques. Ces demi-finales sont des moments de mélange et de partage entre supporters. Et je pense qu’effectivement c’est très apprécié par les villes, les pouvoirs publics, les commerçants, la population. Parce que ça crée des moments de convivialité, de partage, en toute simplicité, dans la bonne humeur, sans aucun stress sécuritaire. On essaie de cultiver ça, mais absolument pas en comparaison avec d’autres événements ou d’autres sports. Tout simplement parce que c’est notre ADN, notre patrimoine, et qu’on souhaite le maintenir à tout prix, en en faisant une force autant qu’un héritage.

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À Marseille, aucun commerce n’a prévu de se barricader. Au contraire, ils veulent tous profiter de l’événement…

J’espère que les bars, notamment, étendront leurs horaires d’ouverture, plutôt que de les restreindre, parce qu’ils auront un public pour ça (rires). Dans la bonne humeur et la modération.

Le Top 14 a une dimension internationale et donc vocation à s’exporter. Après est-ce que Barcelone sera choisie sur le cycle 2028-2030 ou sur le suivant ?

Jeudi, vous allez désigner les villes hôtes des demi-finales 2028, 2029 et 2030. Peut-on imaginer qu’elles se disputent à l’étranger, à Barcelone en particulier qui fait partie des candidates ?

La finale 2016 à Barcelone a été l’immense succès qu’on connaît. On a fait les demi-finales à Saint-Sébastien en 2023. Est-ce que les demi-finales peuvent avoir lieu dans un pays limitrophe, où les conditions sont réunies pour que les supporters des quatre clubs, puissent se rendre de façon raisonnable en termes de distance ? La réponse est oui. On ne s’interdit rien. Le Top 14 a une dimension internationale et donc vocation à s’exporter. Après, est-ce que Barcelone sera choisie sur le cycle 2028-2030 ou sur le suivant ? Réponse ce jeudi…

La finale de Pro D2 est délocalisée depuis trois ans à Toulouse. Et c’est également une réussite…

On est vraiment très content du succès renouvelé de la phase finale de Pro D2 qui vient de se dérouler. Un moment hyperfort en termes sportifs, mais aussi en popularité avec un troisième guichet fermé d’affilée à Ernest Vallon. C’était un pari d’installer la finale à Toulouse. On avait une finale de Pro D2 nomade, qui changeait de lieu chaque année. On a souhaité l’installer à Toulouse pour en faire un événement où les fans de rugby viennent partager la finale chaque année, indépendamment des clubs qui la jouent. Le fait que l’intégralité des places, hors les quotas des finalistes, ait été vendue à la fin du mois de février, c’est vraiment un signe très positif sur la dynamique de la Pro D2, la place qu’a prise ce championnat, l’identité qu’elle a réussi à trouver, et l’engouement qu’elle suscite.

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4 commentaires
  • Bob Pénard

    le

    La délocalisation à l’étranger représente un gros manque à gagner pour l’économie nationale. Il faut être résolument contre. Ça n’enlève rien au charme de Saint-Sébastien, Barcelone ou Bilbao mais le pognon des supporters de rugby doit rester en France.

  • Jpporquerolles

    le

    A part quelques débordements lors des 3emes mi-temps, 2 marrons pendant le match histoire de faire connaissance... mais le rugby c'est par excellence le sport du respect de l'amitié et de la solidarité...sur et en dehors du terrain... avec partenaires et adversaires !!

  • La brute

    le

    Vive le rugby ! Une magnifique école du respect, de la solidarité et de l'amitié ! Des souvenirs pour la vie.

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