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Top 14 : salary cap, marquee player, droits d’image... La Ligue nationale de rugby reste ferme sur ses principes

Par David Reyrat

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«Ce qui est primordial, c’est que toute mesure intégrée au salary cap ne fragilise ni l’atteinte des objectifs, ni l’efficacité du contrôle», rappelle Emmanuel Eschalier. Sandra Ruhaut / Icon Sport

À la veille d’un comité directeur de la LNR, jeudi à Marseille, son directeur général fait le tour pour le Figaro des sujets chauds concernant le rugby professionnel.

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Lors du comité directeur de la LNR, ce jeudi à Marseille, le syndicat des joueurs va faire des propositions pour aménager les règles du plafond salarial. Provale est ainsi favorable à l’instauration du marquee player, ce joueur hors salary cap qui existe en Premiership anglaise. Quelle est la position de la Ligue sur cette proposition ?

Emmanuel Eschalier : Ce sujet a déjà été évoqué à plusieurs reprises par le passé. Et lors de la revue générale du salary cap, des décisions ont été prises en février sur l’évolution du plafond, l’évolution des crédits internationaux. Un certain nombre d’aménagements ont été apportés pour s’adapter à l’évolution du contexte. Le marquee player n’avait pas été retenu. Je pense que Provale souhaite développer des arguments complémentaires, peut-être présenter une proposition plus finalisée. La position de la Ligue est constante : on ne rejette aucune proposition par principe. On écoute les arguments, on les étudie, on en analyse les impacts positifs et les risques, puis on soumet au débat collectif. À partir du moment où les objectifs du salary cap, qui sont clairs, ne sont pas remis en cause et où l’efficacité du dispositif n’est pas non plus questionnée par les évolutions proposées.

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Quels sont ces objectifs clairs ?

Notre première ligne forte est d’assurer l’équilibre du championnat, la stabilité et la durabilité du modèle. Et notre seconde ligne directrice, c’est de veiller à ce que les mécanismes réglementaires permettent au salary cap d’être efficace. Sur ces bases-là, les propositions de Provale vont être analysées et discutées. Un sujet de cette importance nécessite cependant plusieurs mois d’instruction avant qu’une quelconque décision ne soit prise. Ce qui est primordial, c’est que toute mesure intégrée au salary cap ne fragilise ni l’atteinte des objectifs, ni l’efficacité du contrôle. Il n’est pas possible de transiger sur ces deux piliers. Ils sont le cœur de la régulation économique du rugby professionnel français.

À lire aussi Salary cap, contrat d’image, crédits aux internationaux... : Philippe Spanghero décrypte les règles financières du Top 14

Autre proposition de Provale : donner la possibilité à chaque club de choisir deux, voire trois, joueurs dont les revenus d’image ne seraient pas inclus dans le salary cap. La LNR est-elle disposée à en discuter ?

Je n’ai pas encore eu connaissance de cette proposition. Il faut attendre qu’elle soit formulée de façon précise. Je n’ai donc pas de commentaire à faire avant d’en connaître plus précisément le contenu, les aménagements demandés pour les joueurs les plus emblématiques dont l’image est susceptible de générer des revenus complémentaires de la part des partenaires des clubs.

Il ne me semble pas que les clubs français soient dans une situation de déséquilibre vis-à-vis d’une concurrence internationale qui mettrait en difficulté leur compétitivité sportive en Coupe d’Europe, ni leur capacité à conserver tous les meilleurs joueurs français

Provale n’est pas favorable à un amendement actuellement examiné à l’Assemblée Nationale qui pourrait renforcer l’arsenal juridique du salary cap.

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Il y a déjà une disposition légale, qui n’impose pas un salary cap mais permet aux ligues qui le souhaitent de le mettre en place. C’est le cas chez nous mais aussi à la ligue de basket. À l’occasion de la proposition de loi sur le sport professionnel, il y a effectivement une disposition qui a été adoptée en commission des affaires culturelles à l’Assemblée et qui va être intégrée au texte, examiné en séance publique le 29 juin. Mais, j’insiste sur ce point, elle ne durcit pas le salary cap. Elle précise simplement les éléments de rémunération qui peuvent être inclus dans ce plafond. On va dire qu’il s’agit d’une consolidation du fondement légal du salary cap. Mais ça reste une faculté et, en aucun cas, une obligation. Ça le renforce davantage d’un point de vue juridique mais ça ne change pas le règlement du salary cap de la LNR tel qu’il existe déjà. Et ça n’impacte pas non plus la façon dont on gère le plafond, l’assiette, les sommes prises ou non en compte. Cela reste à la main de chaque ligue professionnelle.

À lire aussi Top 14 : impact économique, absence de débordements, rayonnement... pourquoi les villes se battent pour accueillir les demi-finales

Un des arguments de Provale ou de certains présidents de clubs, c’est de dire que ces règles finiraient par désavantager les clubs et les joueurs français dans un environnement international…

Il ne me semble pas que les clubs français soient dans une situation de déséquilibre vis-à-vis d’une concurrence internationale qui mettrait en difficulté leur compétitivité sportive en Coupe d’Europe – on se réjouit d’avoir emporté les six dernières éditions de la Champions Cup – ni leur capacité à conserver les meilleurs joueurs français. Tous nos internationaux évoluent en Top 14. Qui attire par ailleurs les très bons joueurs de toutes les grandes nations de rugby. (Sourire entendu) Donc je ne pense pas que le sujet qui doit guider nos débats soit celui-là… Objectivement, le Top 14 est aujourd’hui, et de très loin, le championnat le plus attractif au monde pour tout un tas de raisons sportives, culturelles, populaires, économiques. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas être toujours très vigilant sur la manière dont la concurrence évolue, et savoir s’adapter. Mais, à l’heure actuelle, il ne me semble pas qu’il y ait de menace objective sur la compétitivité de notre championnat et de nos clubs, notamment des meilleurs.

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5 commentaires
  • 2840619 (profil non modéré)

    le

    J'ai cru comprendre qu'il y a des joueurs qui en redemandent ... du fric !

  • Vieux et fier

    le

    Un club de Top14 avait émis l’idée d’aller s’inscrire en Angleterre …

  • Bob Pénard

    le

    C’est quand tout va bien qu’il faut améliorer les choses ou les faire évoluer, pas quand tout va mal.

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