On y était : dans l'atelier de Rabih Kayrouz, pour les derniers essayages de ses robes de mariée
Nous avons joué les petites souris dans l’atelier du créateur libanais Rabih Kayrouz, connu pour ses robes aux couleurs flamboyantes qui siéent à toutes les femmes, mais aussi pour ses créations mariage.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est un atelier baigné de lumière, en plein 7e arrondissement de Paris. Un lieu apaisant, calme, inspirant. Seuls quelques cris d’enfants d’une école voisine brisent parfois le silence religieux qui y règne. Il abrite la maison de couture du créateur libanais Rabih Kayrouz. Sur des grandes tables de l’immense salle principale, sont étalés des patrons, que des couturières découpent consciencieusement. Mais c’est dans une autre pièce, avec une hauteur de plafond tout aussi impressionnante, que nous sommes attendues. Aujourd’hui, Rabih Kayrouz fait les derniers ajustements de sa collection été 2025 de robes de mariée.
L’attention portée aux détails
Une mannequin «cabine» passe chaque modèle et c’est directement sur elle que sont pensés les détails à faire évoluer. Il flotte une odeur de fleur d’oranger qui s’échappe de la tasse de café blanc du créateur. Sur une première robe au plissé précieux, il ajuste un infime, mais disgracieux, effet de bâillement sur les emmanchures. Sur la suivante, il souhaite un fond de robe tirant sur un jaune pâle. Puis, sur un modèle très aérien qui fait penser aux vestales grecques, il ajoute une ceinture en passementerie. Devant l’approbation générale, il se dit qu’il serait judicieux de commercialiser l’accessoire en question dans sa collection de prêt-à-porter.
Passer la publicitéCar dans cette maison à taille humaine, il n’y a pas de scission ferme entre les collections couture, prêt-à-porter ou mariage. L’une peut influencer ou inspirer l’autre. Ainsi, on reconnaît une robe d’un bleu électrique magnétique, revue en blanc et allégée pour le mariage. L’inverse arrive aussi, comme avec cette robe, qui, un détail en moins et la couleur en plus, deviendra une tenue du soir. «Pour moi c'est le même geste, que je dessine une chemise blanche ou une grande robe du soir couture. Je porte dessus le même regard, la même exigence, ce sont les techniques qui changent», nous explique Rabih Kayrouz.
C’est aussi l’expérience d’achat d’une robe couture, que veut offrir le créateur à ses clientes mariage. Elles peuvent repenser les robes en collaboration avec Heba Menassa , directrice du studio. «Elles sont très heureuses d’avoir accès à cela, de venir faire les essayages directement au studio. Comme on personnalise chaque robe, cela donne vraiment le sentiment de l’expérience couture», précise-t-elle. «Cela fait partie de l’élégance que l’on essaye d’avoir», abonde Rabih Kayrouz. La collection mariage, lancée en 2019, compte des modèles permanents auxquels viennent s’ajouter, en moyenne, une dizaine de nouveaux modèles chaque saison. «Quand j’ai commencé à Beyrouth, il y a vingt-cinq ans, c’était justement avec des robes de mariée, s’amuse le créateur. Nous avions énormément de demandes donc nous nous sommes lancés. La robe de mariée, c'est une structure de prêt-à-porter en gardant l'émotion couture.».
Des essayages haute couture
Alors que brille le néon au mur «It’s couture baby», le créateur demande à la mannequin de marcher un peu pour évaluer la tenue d’un col fraise et d’un drapé léger de gaze de soie. Il observe, réajuste des bandes d’organza, discute des matières avec Isabelle Lheritaud, la première d’atelier, qui porte un bracelet porte-épingles pour pouvoir faire les retouches immédiatement. Elle note tous les changements sur des fiches. «Je travaille comme ça, avec les essayages», dit Rabih Kayrouz.
Dans trois jours, Heba Menassa a rendez-vous avec six mariées pour un premier essayage qui prendra une heure et demie environ. «Je déteste que la mariée soit déguisée», précise le créateur. Les clientes viennent ici pour des robes qui n’ont rien de traditionnel. «Elles veulent une silhouette Rabih, pas de dentelles et de crêpe avec des manches longues, on ne fait pas ça. Nos créations sont modernes, hyperlégères, on se déplace très facilement avec. Il y a très peu de traînes et pas de choses épaisses, c'est donc assez fonctionnel», ajoute Heba Menassa.
C’est au mois d’octobre et novembre que la plupart des commandes ont lieu. La maison demande qu’il y ait un délai d’au moins six mois avant la date du mariage. Plusieurs essayages sont nécessaires, afin de bien ajuster la robe sur mesure et qu’elle soit livrée un mois avant le jour J. Pour une robe de mariée Rabih Karouz, il faut compter entre 3500 et 15.000 euros. Après plusieurs heures de travail, l’essayage touche à sa fin. La concentration demeure cependant. C’est désormais la prochaine collection prêt-à-porter qui est passée sous le crible du créateur. Il l’examine alors que les modèles sont encore à l'état de toile. Il le fait cette fois sans tulle, mais non sans souci du détail.
