Fashion Week : pourquoi le défilé Balenciaga a-t-il littéralement enflammé les Champs-Élysées ?
Une foule en délire, un front row oversize et une collection puissante et cinématographique sous influence Euphoria... Hier soir, le deuxième défilé de Pierpaolo Piccioli pour Balenciaga a fait monter la température de plusieurs degrés. Explications.
Passer la publicité Passer la publicitéUn front row électrique
Hier soir, sur les Champs-Élysées, c’était la fièvre du samedi soir. Une foule en délire se tenait devant le n° 22 de la plus belle avenue du monde, massée devant les barricades pour tenter d’apercevoir les invités du second défilé Balenciaga signé Pierpaolo Piccioli. Un casting XXL avec, en point d’orgue, les nouveaux ambassadeurs de la griffe de luxe, Winona Rider et Harris Dickinson (le beau gosse de Babygirl ou Sans Filtre) rejoints par Elisabeth Debicki, Naomi Watts et sa fille, le mannequin Kai Schreiber ou encore Juyeon, le chanteur de K-pop sud-coréen. Les hurlements ont aussi fusé à la vue de tous les acteurs et actrices les plus en vue du petit écran : Bill Skarsgård, Rachel Sennot (The Idol), Josh Hutcherson (Hunger Games), Grace Gummer (alias Caroline Kennedy, sœur de John John dans la série du moment, Love Story ), Anna Van Patten, Chloe Cherry et Priscilla Delgado (toutes trois au casting d’Euphoria). Et puis, un guest surprise: l’acteur le plus «hot» de la saison, Hudson Williams, révélé dans Heated Rivalry, sans doute le trophée cinéma le plus recherché par les griffes du luxe cette année. C’est Balenciaga qui l’a décroché hier soir pour électriser son front row.
Un décor immersif signé Sam Levinson
Dans une salle obscure, des écrans vidéos diffusent dans tout l’espace des scènes de paysage aux couleurs saturées ainsi que des fragments de la troisième saison à venir de la série Euphoria. Sam Levinson, le créateur de cet opus culte de la Gen Z est là, c’est lui qui signe la scénographie de ce défilé baptisé ClairObscur. Un panorama immersif émotionnel qui laisse présager un défilé très cinématographique. Dans une note explicative, Sam Levinson explique la vision qui a guidé sa collaboration pour le défilé : «Euphoria traite des choix de vie et de leurs conséquences. Les personnages trouvent-ils le sens qui existe déjà dans leur vie ou se laissent-ils séduire par les faux enchantements du monde moderne dans le but de donner un sens à leur vie ? Et quelles en sont les conséquences ? En valent-elles la peine ? Je pense que ce thème rejoint ce que Pierpaolo Piccioli explore également dans cette saison hiver 26 chez Balenciaga, avec ClairObscur. La tension entre la lumière et l’obscurité qui existe. Sans l’Obscur, le Clair serait plat et aveuglant ; et sans le Clair, l’Obscur engloutirait tout dans les ténèbres». Dont acte.
Un jour puissant
Pierpaolo Piccioli dit, lui, s’être inspiré pour son défilé du clair-obscur de la Renaissance, cette technique qui met l’accent sur le contraste entre la lumière et l’ombre pour créer de la profondeur et souligner des détails spécifiques au sein d’une composition. Traduction sur collection ? Sur le runway, les premiers passages s’ouvrent avec des femmes puissantes au maquillage saturé (bouche rouge et fard vert glitter «ailes de papillon» comme dans Euphoria). Sur une théâtralité contemporaine, elles défilent, d’abord, toutes en noir, oscillant entre blouson et jupe longue fendue en cuir, legging, caban, manteau oversize, tailleur précis ou veste fluffy, juchées sur des escarpins ou ancrées dans des bottes motards. Un power dressing qui coche toutes les cases, parfois accompagné de gants d’opéra, de lunettes futuristes à cristaux et de sacs brodés d’ombres lumineuses. Le rouge vermillon et le fuchsia lumineux s’invitent aussi dans la collection tout comme les volumes cocon et les encolures sculptées chères à la maison. Parkas et fourrure portés sur des jeans taille haute complètent ce dressing aussi vaste et rempli que la journée d’une femme.
Un soir magnétique
Sur la bande-son signée Labrinth et Rosalia, les robes drapées longueur midi, aux découpes sensuelles, dominées par le noir et illuminées parfois de rouge, de violet ou de vert forêt, jouent le registre de la modernité. Puis la tension monte, le soir finalise cette narration très cinématographique avec des robes longues graphiques et épurées qui brillent dans le noir. Les effets clair-obscur sont figés dans les broderies, les capuches encadrent le visage comme un portrait et la peau se dévoile avec subtilité. Front Row, l’énergie est tangible, la tension est palpable, il est bientôt dix heures, et une After Party est proposée aux invités les plus euphoriques. La nuit ne fait que commencer...
