Mettre de l’eau dans son vin, pot-de-vin, pourboire, avoir de la bouteille... D’où viennent ces expressions autour du vin ?
La langue française, célébrée chaque 20 mars, est source d’une myriade d’expressions parmi les plus farfelues, et un certain nombre d’entre elles mentionnent le vin. Mais comment sont-elles apparues dans le lexique contemporain ? Explications.
Passer la publicité Passer la publicitéDepuis 2010, l’ONU fête les journées des langues pour célébrer le multilinguisme et la diversité culturelle de ses pays membres. Choisie en référence à la date de création de l’Organisation internationale de la francophonie, la journée du 20 mars est l’occasion de revenir sur les expressions françaises autour du vin qui traversent les époques.
Mettre de l’eau dans son vin
La légende raconte que Dionysos – dieu de la vigne, du vin, de la fête et des excès associés dans la religion grecque antique – aurait suggéré de mettre de l’eau dans son vin pour limiter les effets de l’ivresse. Cette dernière est souvent accompagnée d’un manque de tempérance, et l’initiative permettrait de profiter plus longtemps de la boisson. Aujourd’hui «mettre de l’eau dans son vin» revient à modérer ses propos, ou créer un compromis dans une situation tumultueuse.
Passer la publicitéPot-de-vin
Cette expression remonte au Moyen Âge, une époque où l’on attribuait une somme d’argent au tenancier pour s’offrir à boire, qui se matérialisait souvent par un pot-de-vin. Avec le temps, la coutume s’est invitée dans le monde des affaires, et les protagonistes l’ont transformé en acte corruptif réalisé «sous le manteau», généralement sous la forme d’une somme d’argent.
Pourboire
La signification initiale de cette expression est similaire à celle du pot-de-vin. Les premières traces écrites remontent au XVIIe siècle dans la pièce L’école des femmes de Molière où Arnolphe s’adresse à Alain en lui disant ces mots : «cependant, par avance, Alain, voilà pour boire». À l’époque, la somme versée par les clients permettait aux serveurs de l’époque de s’offrir un verre, aujourd’hui elle est donnée gracieusement pour remercier le service et permet d’arrondir les fins de mois.
Avoir de la bouteille
Popularisée au XVIIIe siècle, l’expression «avoir de la bouteille» remonte à une coutume romaine qui consistait à offrir des amphores de vin à celui qui fêtait son anniversaire. Une partie était bue au moment de la fête, tandis que l’autre était conservée pour être consommée plus tard. Ainsi, «avoir de la bouteille» était dit d’une personne qui en possédait beaucoup, et qui avait donc fêté de nombreux anniversaires, d’où le sens contemporain de l’expression relié à l’expérience et la maturité d’un homme ou d’une femme.
Avoir un coup dans le nez
Avoir un coup dans le nez fait référence au léger état d’ébriété ressenti après la consommation d’alcool. L’expression tient son nom de la coloration du nez ou du visage après quelques verres, donnant l’impression d’avoir reçu un coup.
