«Éviter la francisation» : une opération d’envergure menée sur l’autoroute A9 pour contrôler du vin espagnol
Une vaste opération de contrôle de vin s’est tenue sur l’autoroute A9 entre l’Espagne et l’Aude mardi matin. L’objectif était de lutter contre le phénomène de francisation des vins espagnols.
Passer la publicité Passer la publicitéÀ hauteur de Sigean, dans l’Aude, l’autoroute A9 a été le théâtre d’une vaste opération de contrôle de camions-citernes en provenance de l’Espagne et contenant du vin espagnol en vrac. 25 véhicules ont été ciblés entre 9h et 11h du matin, ce mardi, dans le cadre d’une opération menée par les services de douane de l’Aude et supervisée par le préfet du département Alain Bucquet. L’objectif était clair : lutter contre la francisation des vins espagnols.
Ce phénomène de fraude consiste à importer du vin produit en Espagne, dont le prix à l’hectolitre est moindre, puis de le vendre comme un vin français, afin d’amplifier les marges. «Les vins espagnols sont généralement à 40 euros l’hectolitre, quand les vins français se situent davantage aux alentours des 80-90 euros. En faisant une fraude à la traçabilité, vous récupérez beaucoup d’argent», précise au Figaro Henri Laborda, chef de la division audoise des douanes, présent lors de l’intervention.
Passer la publicité«Une manière d’aider le secteur»
Cette opération avait pour objectif de s’assurer que les transporteurs de produits vinicoles étaient dotés d’un «document d’accompagnement». «Il encadre le suivi du vin en répertoriant l’expéditeur, le destinataire, les quantités de produits… S’il n’y a pas ce document, il s’agit d’une introduction illégale, donc on saisit, et une infraction est relevée», explique Henri Laborda. Bien qu’aucun document d’accompagnement n’ait manqué à l’appel chez les professionnels contrôlés lors de cette opération du début de semaine, les services de douanes analysent encore à l’heure actuelle les déclarations.
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L’étape suivante consiste à poursuivre ce contrôle chez le destinataire des lots afin de s’assurer que le produit a fait l’objet d’une déclaration honnête. «Si une personne fait de la fraude sur du vin d’Espagne, c’est forcément intentionnel. Ce qui entraîne des suites judiciaires», poursuit Henri Laborda. La sévérité des sanctions prononcées conduit généralement à la fermeture des entreprises. Le douanier cite l’exemple d’un cas ayant écopé d’une amende de près de 400.000 euros d’amende pour avoir francisé 3000 hectolitres de vin.
Mais selon Henri Laborda, il ne s’agit pas d’un type de fraude massif. «Ça n’est pas comparable à la contrebande du tabac en Andorre», relativise-t-il. Selon lui, «trois à cinq mille hectolitres ont été francisés sur 10 ans» à l’échelle du département de l’Aude. Mais le sujet n’en reste pas moins important pour la pérennité du marché du vin français. «C’est un travail de régulation et de protection de la filière», estime-t-il. C’est pourquoi ce genre d’opération de contrôle se tient en moyenne trois fois par an, à l’occasion de moments clés pour le calendrier viticole, comme la période des vendanges ou celle de la mise en bouteille du vin rosé. «Les syndicats viticoles sont en demande de ce genre de contrôle car cela permet d’éviter la concurrence déloyale. C’est une manière d’aider le secteur», conclut Henri Laborda.
