«On a très peur pour cette fin de semaine» : les vignerons en alerte face au retour du gel dans les vignes
À partir de cette nuit, et durant les prochains jours, plusieurs régions viticoles françaises vont faire face à des températures négatives. Avec un risque de gel, alors que la vigne commence son cycle végétatif.
Passer la publicité Passer la publicitéÀ Chablis, pour Laurent Pinson, producteur de vin, les craintes sont vives pour les prochains jours, alors que Météo France annonce des températures nocturnes négatives. «Les conditions météo qui sont annoncées sont très alarmistes. On va protéger au mieux ce qu’on pourra protéger», déclare-t-il. Il n’est pas rare de voir survenir des épisodes de gel à cette période de l’année dans le vignoble, à Chablis ou ailleurs. Alors que le printemps a officiellement débuté, cette météo soudainement glaciale perturbe le bon développement des vignes tout juste éveillées après leur période d’hibernation appelée «dormance». Un réveil qui fait suite à des températures particulièrement douces rencontrées pendant le mois de mars.
À écouter les vignerons, ces coups de froid soudains se font de plus en plus fréquents du fait du changement climatique : «Habituellement, la végétation n’est pas encore sensible au froid quand on est à la fin du mois de mars. C’est plutôt mi-avril, voire fin avril. Donc là, on est sur des périodes complètement décalées par rapport à des cycles végétatifs normaux», explique Laurent Pinson. Ces gels tardifs nuisent au développement des bourgeons et des jeunes feuilles vulnérables aux dégâts. «Nous sommes conscients que notre travail est lié aux conditions météorologiques, mais il faut s’adapter et mettre en place des systèmes pour pouvoir se protéger au mieux de ces problèmes de gelée de printemps», précise Laurent Pinson.
Passer la publicitéDes systèmes pour résister au gel
Face à ces aléas, la filière viticole trouve des solutions afin de réduire les impacts qui viendraient endommager les vignes, comme des sondes disséminées dans les parcelles afin de mesurer la température et l’hygrométrie. Il existe aussi des éoliennes antigel capables de capter l’air chaud en hauteur pour le redistribuer au niveau du sol. Ces procédés permettent des gains de température souvent suffisants pour passer au-dessus du seuil critique et assurer la protection des bourgeons. Mais ces systèmes restent malgré tout très coûteux pour des domaines comme celui de Clémentine Baud, vigneronne au Vernois, dans le Jura. «Quand on est dans des prix plutôt raisonnables, à 10 euros hors taxe la bouteille, on n’a pas les moyens d’acheter des bougies», déplore-t-elle.
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Pour Clémentine Baud, la seule solution actuelle est de surveiller les conditions météorologiques : «Ils annoncent un risque de -3, voire -4 samedi matin. Malheureusement, on n’est pas équipés au niveau du vignoble pour lutter contre le gel.» Cette dernière a déjà vécu une situation similaire en 2021, où le domaine Baud avait enregistré des pertes de récoltes atteignant 80 %.
Si ces périodes de gel tardif sont très redoutées, ce ne sont pas les seuls aléas climatiques auxquels sont confrontés les vignerons. Pour les vignerons chablisiens, une averse de grêle à venir n’est pas à exclure. Durant l’année 2024, le vignoble du nord de la Bourgogne avait connu trois gros épisodes de grêle, dévastateurs pour la vigne et les futurs raisins. «Quand on a trois épisodes de grêle qui viennent successivement endommager les vignes, la récolte est soit anéantie, soit avec des pertes allant jusqu’à 80-90 %», conclut Laurent Pinson.
