Comment les œnologues se positionnent en sauveurs du vin Français ?
Les œnologues n’hésitent pas à innover pour relever la filière du vin en difficulté.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors que le monde du vin traverse une crise sans précédent entre déconsommation, réchauffement climatique et changement des goûts des consommateurs, les œnologues incarnent, d’une certaine manière, le rempart au déclin de la filière. Par l’essence même de leur métier qu’est l’accompagnement des vignerons sur le terrain, ils se montrent force de propositions et d’innovations. Comme le veut le métier, les leviers d’action sont avant tout techniques, notamment pour obtenir des vins plus frais, légers, faibles en alcool, correspondant aux goûts des consommateurs modernes.
Comme l’explique Emmanuelle Fourteau, directrice générale des Œnologues de France, à mesure que la température se réchauffe du fait du changement climatique, les raisins donnent des jus de plus en plus concentrés et chargés en alcool. Pour s’adapter aux exigences des consommateurs, les œnologues peuvent par exemple ruser grâce à la méthode du froid. «En pressant des raisins froids très vite, cela permet de récupérer un jus clair qui permet notamment de faire des blancs de noir.» Cette technique permet donc de produire des vins blancs avec des raisins rouges, dans un contexte de baisse de consommation surtout ciblée sur le vin rouge. L’experte souligne également l’importance de la maîtrise des températures au cours de la vinification : «Avec des températures basses, on obtient davantage des arômes sur les fruits et les fleurs». Bien que ces techniques soient connues des œnologues depuis toujours, ces derniers doivent les adapter et les mettre en pratique en fonction des attentes du marché.
Passer la publicitéCes professionnels du vin peuvent également proposer de nouveaux types de boissons à base de vin, notamment grâce à la fermentation, «le nœud de notre métier». Ce qui permet de créer «des vins et boissons à base de vin désalcoolisées, ou partiellement désalcoolisées».
Les modes de consommation de demain
Mais les évolutions ne concernent pas uniquement le vin en lui-même. Les modes de consommation proposés aux consommateurs ne cessent eux aussi d’évoluer entre vin en canette et autres bouteilles en carton. Les Œnologues de France ont su rebondir en associant les Vinalies internationales - concours dont ils sont à l’initiative ayant pour vocation de guider les consommateurs dans leurs achats - au challenge du «Best wine in box», dédié aux vins en bag in box. Ce mode de conditionnement dans des petits cartons représente aujourd’hui 30% des ventes de volume de vin en France.
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Emmanuelle Fourteau y voit une occasion de mettre en avant un nouveau type d’emballage du vin, honorable pour ses atouts «économiques, écologiques et pratiques». «L’idée était de montrer que ce qui compte avant tout, c’est la qualité du vin à l’intérieur, notamment par la dégustation, puisque c’est une des compétences des œnologues. De très beaux châteaux s’y mettent», fait-elle d’ailleurs remarquer sans pouvoir divulguer le nom de ceux qui participeront au concours de cette édition. «Lors de fêtes familiales, ça évite toute la logistique de bouteilles et c’est pratique», ajoute la spécialiste.
Chercher des inspirations à l’international
Mais loin des Œnologues de France l’idée de se cantonner à la France et à ses modes de consommation. Le réseau a fait le choix de voir plus grand et s’est donc associé aux œnologues italiens dans le cadre de la session Internationale des Vinalies 2026. «C’est un pays avec lequel nous avons beaucoup de points communs comme les grands vins, les savoirs faires de tradition. Mais c’est aussi un pays qui n’est pas en crise actuellement», explique Emmanuelle Fourteau. Cette dernière évoque notamment l’explosion de la consommation du prosecco liée au succès du cocktail du spritz en véritable exemple : «Du jour au lendemain, ils ont multiplié par plus de 10 ou 15 et leur production !».
Ces «acteurs majeurs du commerce du vin» tirent également leur épingle du jeu de ce partenariat franco-italien. En producteurs notables de rosés dans la région des Pouilles, les œnologues italiens n’ont pas hésité à s’appuyer sur les compétences provençales en la matière, notamment via le Mondial du rosé. Comme le rappelle Emmanuelle Fourteau, la région très largement représentée lors des Vinalies France, opère actuellement une véritable montée en gamme.
