«Là-haut, l’amplitude thermique est bénéfique» : Extremo, le vin argentin qui défie les lois de l’altitude
Le domaine argentin Terrazas de los Andes produit en altitude un malbec d’exception qui donne une vision renouvelée de ce cépage.
Passer la publicité Passer la publicitéComment boire un vin de Terrazas de los Andes dans les meilleures conditions ? Les experts argentins vont parler d’un début de soirée, d’un asado – le barbecue local – dans les vignes, de côte de bœuf, de mouton cuit sur la braise, de chorizo, d’empanadas, ces chaussons fourrés à la viande hachée et légumes, de la cordillère des Andes derrière laquelle le soleil se couche, des moustiques que l’on ignore, du froid qui commence à piquer… Et de ce vin formidable qui lie les uns aux autres, et vous relie à la terre. C’est vrai, un vin ne se déguste jamais mieux qu’à l’endroit où il est produit. Mais bu ailleurs, il continue d’attacher l’amateur au vignoble. Le phénomène est d’autant plus évident avec un cépage de caractère, comme le malbec.
Lucas Löwi, qui dirige Terrazas de los Andes (Moët Hennessy), est habitué aux terroirs extrêmes. Pendant neuf ans, il a tenu les rênes de Numanthia, du côté de Zamora, en Espagne. Le dicton «Neuf mois d’hiver, trois mois d’enfer», résume la météo de ce bout de terre ibérique. Surtout, il a œuvré pour donner un maximum de finesse à un vin surcharpenté, avant de poser ses valises en Argentine pour s’occuper des 500 hectares de Terrazas, dont 400 de malbec. Une propriété divisée en 200 parcelles. Ici aussi, il s’agit de monter en gamme.
Passer la publicitéFraîcheur et finesse
«Notre objectif est d’élever le niveau des vins. Nous ne voulons plus seulement faire des crus à 10 dollars, ce qui est le business de beaucoup de propriétés de Mendoza», explique Löwi. Pour marquer ce changement, le domaine produit Extremo, issu des vignes de la finca El Espinillo plantées en 2008 à 1 650 mètres d’altitude, dans la région de Gualtallary. Ce qui en fait le plus haut domaine de la Uco Valley.
«Nous y avons plus ou moins le climat de la Champagne , explique Lucas Löwi. Là-haut, l’amplitude thermique quotidienne est bénéfique au vin. Les maturités sont longues.» Mais les gels tardifs peuvent être fatals, comme au printemps dernier, quand l’intégralité de la récolte a été détruite. Il faut déguster Extremo 2023, dont la fraîcheur et la finesse déroutent les habitués des malbecs qui roulent les mécaniques. Ce vin n’est pas pour autant iconoclaste. Il conserve une structure affirmée, de belles épaules. Mais son acidité l’affine, le rend plus élégant. La touche de cerise est surprenante, comme les discrètes notes herbacées. Le tout pour un vin onctueux, vibrant et d’une grande légèreté. Son seul défaut est son prix – environ 150 euros –, celui de la rareté. Comme 85 % de la production de Terrazas de los Andes aujourd’hui, Extremo est destiné à l’export, en priorité aux marchés des États-Unis et du Royaume-Uni. Et seulement quelques milliers de bouteilles sont disponibles.
Extremo 2023, environ 150 €
