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⇱ Patricia Ortelli, vigneronne en Provence : «Avec le sans alcool, on utilise abusivement le mot «vin» pour vendre un produit déconstruit»


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L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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Patricia Ortelli, vigneronne en Provence : «Avec le sans alcool, on utilise abusivement le mot «vin» pour vendre un produit déconstruit»

Patricia Ortelli, propriétaire de La Calisse, en Provence. sdp/HERVE FABRE

Patricia Ortelli, propriétaire de La Calisse, en Provence, défend une vision noble du vin. La qualité de ses crus incite à l’écouter.

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Piquée au vif par la tendance actuelle du «No Low», des vins à faible titrage alcoolique ou sans alcool, Patricia Ortelli, la propriétaire de La Calisse, à Pontevès (Var), ne mâche pas ses mots : «Avec le sans alcool, on utilise abusivement le mot «vin» pour vendre un produit déconstruit. Nous sommes en train de détruire ce que nous avons créé il y a des millénaires. Et parfois, cela est réalisé sous l’étiquette de châteaux qui font du vin. Nous ne pouvons pas l’accepter.» Autre cheval de bataille de Patricia Ortelli : la grandeur du rosé. «Cette couleur n’a pas été comprise. Il faut se fonder sur une base plus philosophique qui est l’idée de noblesse qui repose elle-même sur les qualités du produit et l’esthétique du vin. Je parle de noblesse, car le rosé ne s’impose pas. Il ne roule pas des mécaniques.» Et de poursuivre : «Aujourd’hui, on dit beaucoup de bêtises à propos du vin rosé. Par exemple que s’il n’est pas foncé, il n’a pas de garde. C’est la structure, l’acidité, qui fait la garde.»

les bons rosés sont des vins de gastronomie

Selon la vigneronne, «le rosé a de l’intérêt car il est un vin de nuances. La moindre erreur de production se voit. Ce qui fait la grandeur du rosé est sa fragilité maîtrisée. Nul ne peut maquiller un rosé.» À certains qui lui reprochent d’être un vin technologique, elle rétorque : «Et le vin rouge ? Et le vin blanc ? Ne le sont-ils pas ?» Elle aborde la mode du rosé piscine (un service dans de grands verres avec des glaçons) : «Cela a fait beaucoup de mal. Nous, nous cherchons à faire un vin qui respecte le terroir, et non un effet marketing.» Elle regrette encore que certains domaines disposant de terroirs de qualité se soient laissé tenter par une activité de négoce délétère pour leur marque et, in fine, pour l’image de la région. «Aujourd’hui, si la production est importante en volume, les bons rosés sont rares. Mais ces derniers s’imposent comme des vins de gastronomie, car ils sont de grande qualité.»

À lire aussi «La consommation diminue» : en Provence, comment le vin blanc profite de la fin de l’âge d’or du rosé

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L’esthétique du vin semble primordiale pour cette femme éprise d’art classique grec : elle a dessiné et érigé un chai aux allures de temple hellénique qui s’inscrit dans le paysage environnant tout en lui donnant une délicieuse touche antique. Un discours qui prend tout son sens à la dégustation de sa gamme de crus aussi beaux que bons. Chacun se laisse transporter par ses cuvées d’entrée de gamme. Quant à sa collection Étoiles, elle hisse très haut les couleurs de la Provence verte avec des jus formidablement addictifs. Mais ici, la dépendance est fort agréable.

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1 commentaire
  • Petit malin

    le

    D'accord avec Me Ortelli... On ne peut appeler "vin", une boisson traitée pour lui enlever toute trace d'alcool après fermentation. Autant se tourner vers des boissons non alcoolisées de base. Des jus de fruits notamment. Je n'ai rien contre, tous les goûts sont dans la nature, mais en quelque sorte l'appellation "vin" est labellisés avec alcool depuis au moins 3000 ans, même si les vins antiques ne devaient pas grande chose à voir avec les nôtres...
    Donc il convient de lui donner un autre nom.

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