«Il faut faire attention, il y a des choses qui ne peuvent pas marcher» : Baptiste Debeaumont, l’homme qui distillait presque tout et n’importe quoi
Dans une société où le gaspillage alimentaire est un enjeu économique et social majeur, la Distillerie 27 db, située à Dijon, revalorise les déchets alimentaires des commerces pour en faire des alcools.
Passer la publicité Passer la publicitéInstallé depuis 5 ans à Dijon, Baptiste Debeaumont est un distillateur adepte d’expérimentations insolites. «Je préfère laisser les choses classiques à mes confrères qui savent le faire, et me concentrer sur des choses qui sortent un peu des sentiers battus», plaisante-t-il. Un jour, dans un salon de thé, une question lui vient à l’esprit : est-il possible de réutiliser le thé infusé pour en faire un alcool ? Il cumule alors une quantité importante de thé usagé auprès du même salon pour le distiller et créer sa première eau-de-vie. C’est à partir de cette première expérience qu’il propose de collaborer avec les commerçants de Dijon pour donner une seconde vie à des produits s’apprêtant à être jetés. «L’idée était d’aller encore plus loin dans le local, avec des déchets super à valoriser», ajoute le gérant de la distillerie.
Cette revalorisation des déchets s’avère finalement payante, les commerçants sont curieux et favorables à l’initiative. «C’est vrai qu’on pourrait s’attendre à avoir une réticence de la part des gens qui pourraient se dire qu’on leur propose quand même quelque chose réalisé à partir de déchets», explique le distillateur. Dans le même élan, un amer est également réalisé à partir de peaux d’orange récupérées dans un café. «J’ai dû facilement récolter une centaine de kilos de peaux pour créer l’amer (qui s’apparente au Picon, NDLR)», détaille Baptiste Debeaumont.
Les contraintes derrière la revalorisation des déchets alimentaires
Le fait de travailler des déchets alimentaires pose des contraintes supplémentaires lors du processus de macération et de distillation. En effet, ces produits nécessitent de plus grosses quantités que pour une distillation classique. «On a un peu plus de pertes au niveau de l’alcool, puisque le produit lui-même va un peu plus absorber, donc ça, c’est aussi à considérer dans les pertes.» Il faut également s’assurer que les peaux de fruits utilisées ne soient pas traitées chimiquement.
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Avec ses créations originales, la voie de la créativité semble être illimitée pour Baptiste Debeaumont. Pourtant, le distillateur reste conscient des limites derrière ce type d’expérimentation insolite : «Il faut faire attention, il y a des choses qui ne peuvent pas marcher, des choses qui peuvent mal tourner ou donner des goûts pas terribles. Il faut tester», conclut-il.
