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Ce vignoble confidentiel en passe de devenir l’un des plus attractifs d’Europe

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Vignes situées le long du Sil, un fleuve traversant la région de la Galice dans le nord-ouest de l’Espagne. Noradoa - stock.adobe.com

Dans cette Espagne du bout du monde, loin des puissants blancs andalous et des rouges opulents de la Rioja, une région au climat celtique abrite une culture viticole encore peu connue hors de ses frontières, mais dont le potentiel ne cesse de croître.

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Aux confins nord-ouest de la péninsule ibérique, là où l’Espagne plonge dans les embruns atlantiques, la Galice cultive son vignoble avec l’obstination d’un pèlerin de Compostelle. Pourquoi cette région au climat celtique, battue par les vents océaniques et noyée sous les pluies fines, séduit-elle une génération de vignerons et d’amateurs éclairés ? La réponse tient en trois mots : authenticité, diversité, potentiel. Sur un territoire discontinu allant de la côte jusqu’à la partie méridionale de La Corogne, cinq appellations d’origine composent un puzzle viticole fascinant. En tête d’affiche, Rías Baixas règne avec son albariño, cépage roi qui accapare 95% de la production locale. Ses cinq sous-zones – O Rosal, Condado de Tea, Soutomaior, Val do Salnés et Ribeira do Ulla – déclinent les nuances salines de ce blanc que les initiés comparent volontiers aux muscadets ligériens, dans une version plus charnue, et délicieusement exotique.

Plus à l’intérieur des terres, Ribeira Sacra cultive l’art de la «viticulture héroïque», sur des pentes vertigineuses pouvant atteindre 85 degrés d’inclinaison, le long de la rivière Sil. Ici, mencía et godello poussent dans un décor de carte postale qui rappelle les coteaux du nord de la vallée du Rhône, et certains rouges ne sont pas sans évoquer la noblesse d’un cornas. Ribeiro, berceau historique de la viticulture locale, mise sur la treixadura, tandis que Valdeorras ressuscite le godello avec maestria et que Monterrei, au sud-est à la frontière portugaise, joue la carte continentale avec des vins plus structurés. Cette mosaïque d’appellations offre une palette aromatique rarement égalée en Espagne : des blancs cristallins aux rouges élégants, en passant par des rosés n’ayant rien à envier à Bandol.

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Un vignoble d’avenir

Ce qui rend à ce jour la Galice attractive pour les amateurs ayant de la suite dans les idées, c’est d’abord cette singularité climatique. Les vignes de Rías Baixas sont conduites en hauteur sur treilles – pergolas géantes – pour éviter l’humidité ambiante et favoriser l’aération des grappes. Un spectacle bucolique qui transforme chaque parcelle en jardin suspendu. Le climat océanique apporte certes des précipitations importantes, mais l’ensoleillement dépasse les 2000 heures annuelles, suffisant pour faire mûrir décemment le raisin malgré cette chape nuageuse. Les sols granitiques et d’ardoise confèrent cette minéralité tranchante, presque iodée, qui caractérise les blancs galiciens – et les distingue notamment des productions méditerranéennes.

À lire aussi «Séduire les amateurs de grands vins à travers toute la planète» : rencontre avec Telmo Rodriguez, le vigneron le plus passionnant d’Espagne

L’attractivité de la région tient aussi à son infrastructure œnotouristique naissante, mais ambitieuse. À Santiago de Compostela, A Quinta da Auga – seul Relais & Châteaux de Galice – occupe une ancienne papeterie du XVIIIe siècle magnifiquement restaurée sur les rives du Sar. Dans le restaurant Filigrana, le chef Federico López Arcay élève la tradition galicienne avec les produits de la région : poissons de l’Atlantique pêchés le matin même, viandes des montagnes verdoyantes, légumes du potager maison. Le sommelier Guillermo García Couto y présente une carte centrée sur les cinq régions viticoles galiciennes, privilégiant les domaines familiaux qui fondent leurs vins sur la conservation des cépages autochtones.

Loin des foules de la Rioja

En coulisses, on assiste également à l’émergence d’une avant-garde vigneronne discrète, mais déterminée, à l’instar de Dominio do Bibei, parrainé par Sara Pérez et René Barbier fils – auxquels on doit le renouveau du Priorat –, cultivant ses vignes en biodynamie ; l’Adega Algueira, pionnière de la région depuis 1980, qui exploite 16 hectares selon les principes biodynamiques et se trouve désormais entre les mains de l’équipe de Comando G, prouvant qu’ils n’excellent pas uniquement dans le grenache de la Sierra de Gredos. Ces vignerons de la nouvelle vague récupèrent en parallèle des cépages autochtones oubliés aux noms délicieusement imprononçables – brancellao, merenzao, sousón –, mais au potentiel indéniable, qui attire désormais cavistes parisiens et sommeliers londoniens.

Enfin, l’attractivité croissante de la Galice repose également sur un rapport qualité-prix encore insolent. Là où un blanc bourguignon correct démarre à 30 euros, un excellent Albariño se négocie autour de 15 euros, tandis que les Mencía de Ribeira Sacra rivalisent aujourd’hui avec les plus fins pinots noirs, pour environ la moitié du prix. Sans oublier une scène gastronomique en pleine explosion, à découvrir au gré des marchés couverts et de tavernes encore bondées de locaux, loin des foules du Penedès ou de la Rioja…

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1 commentaire
  • LaissonsdusilencezeniouR66

    le

    Pour faire mieux que les rosés de Bandol pas besoin d’être un as de la viticulture

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