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Les droits de douane imposés par Trump, une mauvaise nouvelle aussi pour les brasseurs américains

Par Le Figaro Vin avec AFP

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Les droits de douane sur l’acier et l’aluminium posent problème aux brasseurs américains. Mike Blake / REUTERS

Que faire quand l’aluminium des canettes vient du Canada et les capsules des bouteilles du Mexique ? Les taxes sur les importations de métaux voulues par Donald Trump donnent le tournis aux brasseurs artisanaux américains.

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La mise en place de 25% de droits de douane sur tout l’acier et l’aluminium entrant aux États-Unis a eu un effet inattendu pour le fabricant de la Port City, brassée dans l’est du pays. Il ne sait pas comment il pourra embouteiller sa bière dans les mois qui viennent. «Avec les nouveaux droits de douane (qui font augmenter le prix des canettes), les grands industriels du secteur réorientent une grande partie de leur production vers les bouteilles», explique à l’AFP Bill Butcher, le fondateur de la brasserie.

Résultat: face à l’augmentation de la demande, son fournisseur lui a dit qu’il ne pourrait plus le livrer après le mois de mars. «Beaucoup d’incertitudes, beaucoup de chaos ont été introduits dans notre chaîne logistique», regrette le brasseur basé en Virginie, non loin de la capitale fédérale, Washington. D’ordinaire, son entreprise a besoin d’environ 90.000 bouteilles par mois – le conditionnement de 70% de sa production, le reste étant vendu sous forme de canettes.

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Surcoûts

Une brasserie artisanale des environs, Atlas Brew Works, n’utilise quant à elle que des canettes. Son fondateur Justin Cox estime qu’elles représentent près du tiers du coût de production d’un pack de 24 bières. «Tout cela va finir par rendre nos bières plus chères en rayon», commente-t-il. Selon le président de la Brewers Association, une organisation qui défend les intérêts des brasseurs artisanaux, Bart Watson, «l’aluminium canadien compte en moyenne pour 10% de la composition de chaque canette vendue aux États-Unis». Et les brasseurs craignent que les surcoûts ne s’arrêtent pas là. Le président américain a multiplié les annonces fracassantes sur les droits de douane depuis son retour à la Maison-Blanche, le 20 janvier.

Il a accordé des sursis sur certaines catégories et provenances de produits, offrant un répit aux producteurs de bière qui redoutent de voir le prix de leurs ingrédients augmenter à leur tour. Donald Trump se dit toutefois toujours déterminé à taxer encore bien davantage les biens venant de l’étranger. Bart Watson souligne que les États-Unis ont importé pour quelque 230 millions de dollars de malt l’an dernier, la plupart destiné aux brasseurs artisanaux. «L’essentiel de l’orge (céréale très souvent transformée en malt pour la bière) produite aux États-Unis est pré-acheté par les grands groupes ou fléché à l’export vers le Mexique», explique-t-il.

«Impossible de prévoir»

Pour sa bière Port City, Bill Butcher achète depuis 15 ans du malt canadien, tandis que les capsules des bouteilles viennent du Mexique. Les droits de douane sont payés par les importateurs basés aux États-Unis. Les brasseurs se préparent ainsi à encaisser le surcoût. Mais «c’est impossible pour nous de prévoir notre activité, notre production, si on ne sait pas combien nos achats vont coûter», dit le brasseur de Virginie. Pour le responsable de la logistique de l’entreprise, Brendan Chaney, les droits de douane peuvent être utiles quand ils sont ciblés. Mais la perspective de nouvelles taxes sur tous les produits crée selon lui un vent de panique «similaire à celui qu’on a connu il y a cinq ans, quand le Covid est arrivé» et a désorganisé les chaînes d’approvisionnement.

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Les brasseurs artisanaux soulignent qu’ils n’ont pas de grandes capacités de stockage – et encore moins les liquidités nécessaires – pour engranger emballages et ingrédients avant qu’ils ne deviennent plus chers. À cela s’ajoute l’incertitude sur le prix des canettes, soumises aux cours mondiaux : quand les brasseries commandent, elles ne savent pas combien elles seront facturées à la réception, plusieurs semaines plus tard. Pour le patron d’Atlas Brew Works, Justin Cox, «il ne nous reste qu’à nous asseoir, observer (ce qui arrive) et espérer que les choses s’améliorent avant notre prochaine commande».

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10 commentaires
  • 3718892 (profil non modéré)

    le

    Trump n'a rien à faire de ces brasseurs artisanaux, il ne connaît que ses copains milliardaires et le coca.

  • Lasko

    le

    Des cannettes de bière en carton. Au bar, on commandera non plus "Une cannette de bière, garçon !" mais "Un berlingot de bière, garçon !". Et en plus, c'est plus écolo. Faut juste pas trop secouer: il y aura plus de pression dans un berlingot de bière que dans un berlingot de lait.

  • RAMOUTCHKAOUATCH

    le

    Quand vous comprendrez que Trump veut détruire la mondialisation qui ruine son pays, vous aurez tout compris. Les grands perdants de cette politique seront les grands groupes qui ont a externalisés leurs productions pour gagner plus au détriment de l’emploi aux États-Unis. On verra si les prix augmentent tant que cela. Je reste persuadé que les producteurs réduiront leurs marges confortables et seront donc contraints, à terme, de rapatrier leurs usines. Le nationalisme est de retour. Dans 4 ans, le monde économique aura changé et Trump sera succédé par Vance.

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