Jean-Jacques Guiony : « Pour produire de beaux raisins et bien les vendre, il ne faut plus travailler comme avant »
À l’occasion du World Living Soils Forum, à Arles, le président-directeur général de Moët Hennessy a évoqué les choix tant écologiques qu’économiques devant être réalisés par le monde viticole.
Passer la publicitéLa troisième édition du Living Soils Forum vient de se tenir à Arles. L’événement, organisé par Moët Hennessy (groupe LVMH) sur le thème des sols vivants, a réuni professionnels, scientifiques et experts de l’agriculture et de la viticulture. Le forum survient à un moment crucial. Pour assurer la pérennité de leur entreprise, les viticulteurs doivent prendre le plus grand soin de leurs sols, souvent maltraités, abîmés, malades. L’avenir de la productivité des sols passe par un changement des méthodes culturales. Il n’y aura pas d’agriculteurs vivants sans sols vivants. « Si on ne fait rien, le risque de perdre de l’argent est aujourd’hui plus important que celui d’en gagner. Il faut anticiper, pas forcément pour avoir un retour mais pour éviter de perdre de l’argent demain », souligne l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Les solutions existent, même s’il s’agit de désapprendre pour réapprendre l’agriculture régénératrice, la biodiversité, l’agroforesterie et bien d’autres techniques ancestrales ou high-tech. La question fondamentale de la santé des sols doit être résolue tandis que d’autres problèmes surgissent. La sphère viticole connaît aussi des difficultés tant économiques que climatiques. Tous ces combats doivent être menés de front.
Cette année, Moët Hennessy (la branche vins et spiritueux de LVMH), à l’origine du forum, invitait le groupe Pernod Ricard, mais aussi Nespresso et d’autres entreprises, à réfléchir à ces questions clés, étroitement liées. Nul ne remet plus en cause l’importance des sols et l’indispensable évolution de leur exploitation. Fin 2025, l’Union européenne a adopté la directive sur la surveillance et la résilience des sols. Par ailleurs, chacun a désormais en tête l’indispensable rentabilité qui doit perdurer avec les nouveaux modèles, condition sine qua non d’une bascule durable. Là encore, des solutions existent. L’idée des crédits carbone est remise au goût du jour. D’autres concepts émergent. C’est ce sujet qu’aborde Jean-Jacques Guiony dans l’entretien accordé au Figaro.
LE FIGARO. - Aujourd’hui, pour assurer la pérennité de leurs exploitations, agriculteurs et viticulteurs doivent travailler différemment leurs sols. Mais comment passer d’une agriculture conventionnelle à une agriculture régénératrice tout en conservant la rentabilité des exploitations ?
