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⇱ Produits de terroir et vins français : que boit-on réellement aux banquets du Canon français ?


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Produits de terroir et vins français : que boit-on réellement aux banquets du Canon français ?

Des participants au banquet du Canon français, le 8 mai 2026 à Montélimar. ALEX MARTIN / AFP

Si certains souhaitent les interdire, les banquets du Canon français continuent de faire recette, en promettant une immersion totale dans le terroir français le temps d’un repas. Avec, forcément, des vins issus uniquement des productions des quatre coins de l’Hexagone. Voici lesquels et comment ils sont sélectionnés.

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Le Canon français, bien que cible répétée d’une partie de la gauche, n’en perd rien de sa descente. Si les tensions se sont cristallisées depuis l’entrée au capital de l’entreprise à hauteur de 30% du milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin, des milliers de joyeux fêtards et autres bons vivants continuent de se rassembler autour de grandes tablées lors de ces week-ends festifs. Le patrimoine français y règne en maître, avec des spécialités culinaires régionales, mais aussi du vin. « C’est aussi important que la nourriture », assure Pierre Alexandre de Boisse, l’un des cofondateurs de l’événement. L’équipe des organisateurs compte même dans ses rangs un sommelier, qui a souhaité rester anonyme, chargé de choisir les flacons qui accompagnent le festin, à raison de cinq bouteilles pour huit convives à chaque repas. Lui-même comptant bien souvent un nombre de personnes à quatre chiffres, sur deux week-ends par mois, il faut suivre la cadence. Pour se fournir, le spécialiste affirme se tourner vers des caves coopératives ou bien en direct auprès de vignerons « avec qui le feeling passe bien ».

S’inscrivant dans cette démarche de valorisation du patrimoine français, la sélection s’adapte aussi en fonction des régions sillonnées par le Canon français. « On a un engagement qui est de soutenir la filière viticole française », promet Pierre Alexandre de Boisse, alors que le sommelier explique choisir ses vins avec la proximité géographique comme premier critère. Un soutien tout particulier est d’ailleurs apporté au Bordelais, en proie à une crise sans précédent liée à la déconsommation de vin rouge et où les vignes sont cibles de campagnes d’arrachage. Si un banquet dans le Beaujolais appelle forcément à des vins de la région, un autre en Normandie, sans production viticole, voit ainsi davantage défiler des bouteilles de cadillac – une appellation du sud de Bordeaux – sur ses tables, comme l’affirment les organisateurs.

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«Une instrumentalisation du vin»

Lors de l’un des derniers banquets en date, organisé à Troyes, les convives ont par exemple pu déguster la cuvée Ambassadeur brut de la maison champenoise Gremillet, ainsi qu’un chardonnay 2024 en Vin de France produit par le domaine Rodet situé en Bourgogne. « J’aime bien prendre parfois des Vins de France (vins sans appellation, NDLR) de vignerons qui cassent un peu les codes, cela permet aussi de rendre certaines cuvées plus accessibles », explique le sommelier du Canon français. Toujours lors de l’édition troyenne, les participants ont pu déguster, sur la viande, un pinot noir 2024 du domaine bourguignon Bouchard Aîné et Fils, suivi d’une cuvée en appellation Bourgogne Épineuil du même millésime, issue de la coopérative La Chablisienne. Cette chorégraphie des bouteilles sur les tables se termine bien sûr par le temps fort du fromage. Et ici pas question d’aller à rebours des traditions : « J’aimerais bien mettre du vin blanc sur le fromage, mais c’est toujours difficile de casser les codes traditionnels », reconnaît le professionnel. Ce sera donc un cadillac-côtes-de-bordeaux rouge, plus précisément la cuvée tradition 2024 du château Garbes Cabanieu.

À lire aussi Dry January : l’industrie viticole en guerre contre la «vague d’hygiénisme» et la «dérive militante» qui s’empare de la France

De leur côté, les vignerons considèrent le Canon français comme une véritable opportunité de mise en avant, selon les organisateurs. « Les vins intermédiaires, c’est-à-dire la gamme sur laquelle on est positionnés, souffrent beaucoup de la crise. On est donc très sollicités par les vignerons. Ils veulent tous être placés chez nous », affirme Pierre Alexandre de Boisse. Le sommelier assure déguster chaque semaine de nombreux vins produits par des candidats à la sélection, «sans pour autant choisir les moins chers», malgré le prix fixe de chaque banquet fixé à 80 euros. « Nous avons un public de bons vivants entre 25 et 45 ans, qui aiment le terroir, et susceptibles d’acheter par la suite les vins qu’ils ont goûtés, ce qui arrive très souvent », fait-il remarquer. Le domaine de l’appellation Cadillac plébiscité par le Canon français aurait par exemple déjà vendu une palette et demie lors d’un banquet grâce à des bons de commande distribués sur place. Un succès qui a sans doute participé à une édition «spéciale vin» en l’honneur des 80 ans de l’appellation Pécharmant, organisée le 26 octobre prochain à Bergerac, mais dont une partie des sections politiques locales a exigé l’annulation. «Au-delà d’un récit rodé d’un “banquet joyeux” (...), il s’agit bien d’une instrumentalisation du vin et de la gastronomie par l’extrême droite qui n’est pas anecdotique : elle est un levier au service d’une idéologie politique rance et dangereuse qui cherche à se normaliser», estiment les écologistes locaux, cités par la Dordogne Libre, jugeant que «fêter les 80 ans de l’appellation Pécharmant méritait mieux : un circuit court avec tous ses acteurs locaux, une fête populaire inclusive, digne de ce que notre territoire représente vraiment».

«Bon vivant, oui ! Soiffard, non !»

Malgré ces appels à l’annulation de la fête, Didier Roches, président de l’AOC Pécharmant, n’a pas cédé à la pression, alors que les vignerons de l’appellation doivent encore malgré tout se rassembler pour statuer sur un avis commun. «J’ai découvert leurs banquets via les réseaux sociaux et ça avait l’air très convivial», avait déclaré le président dans un entretien à Sud-Ouest, en avril dernier.

Si le vin reste un élément essentiel de la communication du Canon français, au point de faire la vente d’une cuvée au profit d’une association sur son site Internet, l’organisation met un point d’honneur à combattre de potentiels abus en matière de consommation d’alcool. Ce sujet figure d’ailleurs au premier rang de «La charte des canonniers» qui liste les bonnes pratiques à respecter. Car si les organisateurs s’engagent à proposer une quantité de vin généreuse pour chaque convive, pas question de verser dans la beuverie. Le premier point de la charte signée des deux cofondateurs, baptisé «Bon vivant, oui ! Soiffard, non !», appelle à la modération : «Nous pensons qu’il est incohérent de vouloir être un canonnier et de boire le vin au goulot ou même jusqu’à s’en rendre malade. Respectons-nous, respectons le travail de nos vignerons et faisons leur honneur en consommant le vin de manière civilisée et avec modération», peut-on lire, alors que des éthylotests sont mis à disposition à chaque fin de banquet.

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195 commentaires
  • anonyme 30057

    le

    UN hexagone

  • VerbaVolant

    le

    Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde. Pourquoi Ultra ?

  • papazorg56

    le

    Cette gauche reac devient insupportable..intolérants donneurs de leçons distributeurs de pret a penser colonialistes intérieurs Bref des neo curés.

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