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⇱ Comment dire qu’un vin n’est pas bon sans être impoli ?


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Comment dire qu’un vin n’est pas bon sans être impoli ?

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Il arrive que l’on se voie offrir un vin, sinon décevant, parfois véritablement imbuvable. New Africa - stock.adobe.com

Il arrive que l’on se voie offrir un vin, sinon décevant, parfois véritablement imbuvable. Bouchonné, oxydé, au point que vous cherchez discrètement une plante verte à proximité. Que faire, sans risquer de passer pour un ingrat ?

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Commençons par distinguer deux situations radicalement différentes. La première : le vin est objectivement défectueux. Bouchonné, c’est-à-dire contaminé par le TCA qui lui donne ce goût de carton mouillé ou de cave humide. Oxydé, avec ces notes de pomme blette ou de sherry éventé. Piqué, c’est-à-dire légèrement vinaigré. Dans ce cas, vous avez non seulement le droit, mais presque le devoir de le signaler, que ce soit au restaurant ou chez votre hôte. C’est un service à rendre : personne ne veut servir un vin abîmé sans le savoir. La formule magique, dans cette situation, reste de ne jamais porter le jugement sur le vin en général, mais sur ce vin en particulier, et de manière neutre. «Je crois que cette bouteille est peut-être un peu bouchonnée» ou «Je sens quelque chose d’un peu particulier, il est possible que la bouteille ait eu un souci de conservation.» On interroge, sans affirmer. On ouvre le débat, ce qui laisse une porte de sortie à tout le monde, et permet à votre hôte de déguster à son tour et de vérifier par lui-même.

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La deuxième situation est plus délicate : le vin est parfaitement sain, mais vous ne l’aimez pas. Trop tannique, trop boisé, trop nature, trop tout. Là, la règle d’or est simple : ce n’est pas le vin qui est mauvais, votre palais n’est simplement pas aligné. Et cela peut être exprimé très facilement, sans blesser personne. «Ce n’est pas tout à fait mon style, je suis plus sensible aux vins un peu plus...» – à compléter selon vos goûts. Frais, légers, fruités, peu boisés. Vous exprimez une préférence, et non un verdict. Ce qu’il importe d’éviter à tout prix : un silence gêné, accompagné d’un sourire crispé, que tout le monde lit parfaitement. L’enthousiasme surjoué, «Oh, délicieux !» avec une voix deux tons trop hauts. Et la comparaison avec un autre vin que vous aimez davantage, formulée devant la personne qui vous a versé celui-là.

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Enfin, il y a une chose que les amateurs de vin ont tendance à oublier : tout le monde n’a pas envie d’un cours de dégustation. Parfois, la meilleure chose à faire est de boire une gorgée, de sourire sincèrement pour le geste, et de changer de sujet. Le vin est aussi un prétexte à la conversation. Utilisez-le comme tel. Retenez donc ceci : si le vin est défectueux, signalez-le avec tact et en posant une question. Si vous ne l’aimez pas, exprimez une préférence, pas un jugement. Et dans tous les cas, souvenez-vous qu’une bouteille ouverte pour vous est avant tout un geste d’attention. Le reste est affaire de vocabulaire.

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