«L’idée n’est pas de remplacer l’homme, mais de le soulager» : le tout premier robot viticole autonome fait son apparition dans le vignoble français
REPORTAGE - Un domaine viticole de la vallée de la Loire vient d’accueillir un robot autonome capable d’effectuer plusieurs tâches fastidieuses dans la vigne. Une première mondiale à laquelle Le Figaro a assisté.
Passer la publicité Passer la publicitéDans la fraîcheur vivifiante d’une journée de novembre, ce tout nouveau gadget est lancé pour la première fois entre deux rangs de vignes du domaine Fournier Longchamps. Le robot Pellenc RX-20 s’apprête à abattre le travail qui pouvait autrefois prendre une journée complète à un vigneron sur cette parcelle de chenin et de cabernet franc. Mais en seulement quelques heures et cela du haut de ses 2m37 et de ses 130cm de large. Ce robot compact n’a en effet besoin d’aucune intervention de l’homme pour accomplir ses tâches, comme la tonte, le broyage ou encore le travail de la terre. Ludovic Patte, responsable robotique de la société Loire Vini Viti Distribution (LVVD), ayant mis en relation le domaine FL et le vendeur du robot, Pellenc, nous décrit son fonctionnement : «Nous lui définissons un périmètre comme pour un robot tondeur, puis son parcours. Il se guide grâce à des capteurs, ce qui lui permet de s’arrêter s’il rencontre un obstacle».
Le spécialiste nous en fait la démonstration en plaçant son pied par surprise devant le RX-20 en plein travail. «Le but est de lui confier des tâches longues et fastidieuses afin de libérer du temps pour d’autres, car on le sait, dans la vigne, on court toujours après le temps !», explique Ludovic Patte tout en surveillant d’un œil la trajectoire du robot sur son application reliée. Si pour l’heure, le RX-20 ne peut traiter que le travail du sol, il se pourrait qu’il puisse tailler et broyer les sarments, ou encore réaliser la pulvérisation pour les traitements de la vigne dans un futur proche.
Passer la publicité«Le bien-être des équipes a prévalu»
Mais l’automatisation de ces taches chronophages a un coût : 200 000 € par robots, comme l’affirme Samuel Windack, directeur du domaine FL qui s’est procuré deux machines : «C’est un gros investissement, mais le bien-être des salariés a prévalu pour le propriétaire Philip Fournier», lance-t-il en regardant le RX-20 qui progresse sur la parcelle. «Quand on fait du broyage toute la journée sur un tracteur, on ressort avec le dos dans le même état», ironise Samuel Windack.
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Le robot était également particulièrement adapté au domaine certifié bio depuis 2009 selon Ludovic Patte : «Le travail du sol prend beaucoup de temps. Le RX-20 permet par exemple de ne pas utiliser d’herbicides car il enlève les mauvaises herbes.» Mais ce consultant de vignerons garantit tout de même que le robot peut tout à fait convenir à des domaines conventionnels possédant une superficie importante, ne serait-ce que par gain de temps.
À peine mis sur le marché, le robot de Pellenc semble déjà très prisé par les vignerons de la région. Beaucoup d’entre eux seraient intéressés par le RX-20 selon Ludovic Patte de LVVD. «Des partenaires de Pellenc, comme notre entreprise, situés dans d’autres régions en distribueront également», assure l’expert. Mais on ne peut s’empêcher, en observant cet automate travailler la terre à la place de l’homme, d’anticiper quelques critiques. À cette idée, Samuel Windack répond tout simplement que « l’idée n’est pas de remplacer l’homme, mais de le soulager». «Dans 20 ans il y aura peut-être beaucoup plus de robotisation, voire partout», conclut-il.
