«Plus facile et moins douloureux qu’un vaccin traditionnel» : un chercheur américain met au point la première bière vaccinale
Un virologue américain a développé une bière, dont les levures ont été génétiquement modifiées, qui garantirait l’immunisation contre un certain type de virus. Son expérience, testée sur lui-même, a été concluante, jure-t-il.
Passer la publicité Passer la publicitéLes réticents face aux piqûres pourront peut-être bientôt souffler : un virologue américain vient de publier le compte rendu de sa dernière expérience, pour le moins atypique, baptisée «un vaccin comestible contre le polymavirus». Christopher Buck a fabriqué au sein de sa cuisine devenue laboratoire, une bière brassée avec des levures modifiées génétiquement, censées immuniser l’homme contre un virus appelé «polymavirus BKV». Si beaucoup de gens en sont régulièrement porteurs, il ne développe des conséquences graves que chez les personnes immunodéprimées, notamment les patients ayant subi une greffe. Il peut entraîner des maladies rénales, cérébrales et cardiovasculaires.
Concrètement, le scientifique spécialiste du polymavirus a modifié les levures de la bière, de manière que ces dernières imitent la protéine majeure de l’enveloppe du virus. Ce qui permet au système immunitaire de le reconnaître. Il s’agit du principe de «vaccin à vecteur» : il apprend au système immunitaire à reconnaître le virus avec une forme atténuée (ici imitée) de ce dernier, et à se préparer à le combattre.
Passer la publicitéUne controverse éthique
Après une première expérience concluante sur une souris, Christopher Buck a décidé de tester l’expérimentation sur lui-même. Ce dernier a donc ingurgité un demi-litre de bière à base de ces levures modifiées par jour, et ce pendant cinq jours. Le processus a ensuite été répété deux fois à sept semaines d’intervalle. Le scientifique prenait soin de prélever son sang avant et après avoir bu la substance, afin de mesurer son taux d’anticorps.
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Comme il l’avait constaté à l’issue de l’expérience menée au préalable sur des souris, les réponses immunitaires se sont montrées plus que satisfaisantes : «Le titre d’anticorps (contre le virus, NDLR) neutralisants est passé d’indétectable à modéré», peut-on lire dans le compte rendu de l’étude publié sur la plateforme de résultats de recherches Zenodo. «Ces résultats sont révolutionnaires. Les vaccins à base d’aliments sont nettement plus rapides, plus faciles et moins coûteux à produire, et moins douloureux que les vaccins injectables traditionnels», s’est félicitée l’équipe de chercheurs.
Effectivement, le principe semble bien plus attrayant qu’un vaccin classique, mais il ne fait pas l’unanimité des experts. Comme le relate le magazine américain Science News, si certains de ses confrères y voient une initiative courageuse, d’autres sont davantage critiques. Le généticien et entrepreneur Preston Estep craint notamment que la mise en place de ce genre d’administration abîme la confiance du grand public envers les vaccins, du fait de son image peu sérieuse. Son initiative a d’ailleurs déclenché une enquête au sein du centre de recherche contre le cancer américain où Christopher Buck officie.
