Dom Pérignon 2017 : nous avons dégusté le dernier opus du moine
Le chef de cave Vincent Chaperon a présenté le dernier opus du moine le plus célèbre de Champagne.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est l’un des vins qui a le plus haut niveau de notoriété, celui dont chacun a entendu parler à un moment ou à un autre, celui que les plus chanceux ont dégusté. « Dom Pérignon a acquis un statut d’icône », résume le chef de cave Vincent Chaperon. Une position à la fois enviable et dangereuse. «La marque fait partie du paysage culturel, reprend-il. C’est notre plus gros atout. Mais il y a toujours les risques d’un éloignement. Pour les éviter, il faut reconnecter les gens avec la marque, faire en sorte qu’elle reste bien présente. Un verre de notre champagne doit rester accessible dans l’univers gastronomique. Il faut que les portes de l’abbaye d’Haut-villers soient ouvertes. Les gens doivent pouvoir continuer à aller sur la tombe de Dom Pérignon et visiter notre cave classée au patrimoine de l’Unesco.»
Pour retrouver le lien avec le célèbre champagne, le plus simple est encore de le déguster. Choisissons le millésime 2017, qui vient d’être présenté et commercialisé, exemplaire d’équilibre si l’on en croit son créateur : «C’est le caractère dual du vin, continue Vincent Chaperon. Entre amers et acides, entre sucrosité et tension, entre gras et tranchant, entre éléments saillants et éléments onctueux. Il fait preuve d’une dynamique saline et sapide, qui se confirme tout au long de la bouche, et s’équilibre par la maturité de ses arômes et de ses saveurs.»
Passer la publicitéDes millésimes identitaires
On peut aussi dire que c’est un vin affûté, qui délivre ses flèches aromatiques en rafale. Ce champagne propose un bouquet de saveurs, dont le cœur reste le même mais dont la forme globale change au fil des années, en fonction des récoltes de raisin et de l’évolution des goûts. C’est ainsi qu’il fournit la preuve de sa vitalité.
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«Mais nous ne nous adaptons pas directement aux attentes des amateurs, corrige Chaperon. Notre rôle est toujours d’explorer, d’innover. Et de chercher à ce que chaque millésime soit de plus en plus identitaire». Car les buveurs éclairés ne se souviennent pas seulement d’avoir bu un Dom Pérignon, ils gardent en mémoire un 2002, un 1996, un 1953, peut-être un 1929.
La maison ne produit pas ses vins chaque année : « Faire ou ne pas faire un millésime… Le facteur humain entre ici en ligne de compte. Le fait-on ? Ou pas ? Il y a beaucoup d’émotion dans ce type d’action ». Des sentiments, des ressentis qui aboutissent à la prise d’une décision clé. Ensuite, c’est au temps de juger de la pertinence du choix. Dom Pérignon est aussi connu pour sa capacité de très longue garde.
