Dix exemplaires depuis 1983 : chez Charles Heidsieck, la cuvée Blanc des Millénaires cultive sa rareté
Le chef de caves Émilien Erard nous livre les secrets de fabrication du Blanc des Millénaires 2017.
Passer la publicité Passer la publicitéUn nouveau Blanc des Millénaires de la maison Charles Heidsieck est toujours un événement en soi. Elle n’en a produit que dix depuis la première cuvée, en 1983. Ce vin d’exception a toujours tenu ses promesses, parole d’experte. Le rythme de sa production n’est pas imposé par un calendrier à date fixe mais varie selon la qualité et la quantité de la récolte. «Pour décider de faire un Blanc des Millénaires, il faut que le potentiel des raisins de l’année soit exceptionnel et que ces derniers offrent une capacité de maturation hors norme. Ce vin est dicté par un critère de qualité et non pas par la pression économique», explique le chef de caves Émilien Erard qui a succédé à Élise Losfelt en 2025.
Ce Blanc des Millénaires 2017 tord aussi le cou à l’idée selon laquelle ce millésime aurait souffert de la météorologie. Rappelons que le Blancs des Millénaires se compose de chardonnay provenant de cinq villages de la Côte des Blancs, un terroir exceptionnel : Vertus, Le Mesnil-sur-Oger, Oger, Avize et Chouilly. « Nous avons préféré ce dernier à Cramant qui avait été plus impacté par les orages », remarque Émilien Erard qui a commencé à travailler sur ce vin en 2018, en tant que responsable de la cuverie et du tirage aux côtés de Cyril Brun, le chef de caves de l’époque. « En juillet 2018, trois jours après mon arrivée, ma première mission a été la mise en bouteilles de ce Blanc des Millénaires, se souvient-il. Il a ensuite été élevé dans les profondeurs de nos crayères gallo-romaines. »
Une cuvée gourmande
Ces cavités, à 30 mètres sous terre, ont deux atouts de taille pour le vieillissement du vin : une hygrométrie de 95 % et une température constante de 10 °C, été comme hiver. Tous les ans, le chef de caves a aussi participé à sa dégustation. « Dès le début, ce millésime a montré qu’il en avait sous la pédale, s’amuse-t-il. C’est une cuvée gourmande, ciselée, qui a une belle tension au niveau de la minéralité et de la précision sur la longueur en bouche. Avec des arômes de fruits blancs, d’amandes effilées, d’agrumes. » Ce vin de garde – dix à vingt ans – va évoluer vers des notes plus toastées, plus briochées, plus truffées. « Il va gagner en gourmandise », conclut Émilien Erard. Pour son lancement, il sera dégusté lors d’un repas préparé par Fabien Ferré, le chef triplement étoilé de La Table du Castellet. Au menu : un homard fumé aux sarments de vigne d’Aÿ.
