1926-2026 : quand Ruinart organise une dégustation historique pour célébrer un siècle de champagne
En 2023, le sommelier de la maison Bocuse découvre 18 bouteilles de Ruinart 1926. La maison a fêté les 100 ans de ces flacons en organisant une dégustation historique.
Passer la publicité Passer la publicitéEn 2023, Maxime Valéry, le chef sommelier du restaurant Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or, entreprend un inventaire complet de sa cave et retrouve, un peu oubliés, 18 flacons non répertoriés. Intrigué, il se rend compte qu’il s’agit de bouteilles de Ruinart du millésime 1926, date de naissance de celui qui fut désigné « cuisinier du siècle », décédé quelques années plus tôt, le 20 janvier 2018. Conscient d’avoir entre les mains un véritable morceau d’histoire, le sommelier propose à la maison Ruinart de les récupérer. Frédéric Panaïotis, le chef de cave, les intègre dans l’œnothèque qu’il est en train de constituer.
Il faut dire qu’à l’instar de la plupart des maisons de champagne, Ruinart possédait jusqu’alors peu de vieux flacons. Frédéric Panaïotis est tout d’abord marqué par l’apparente très bonne conservation de ces vins et en ouvre une pour la faire analyser et la goûter. Il écrit : « Vin corsé, ayant de la chaleur. Le vin n’a pas été trop altéré par l’oxygène avec le temps. Il conserve encore des arômes de fruits mûrs, d’abricot, de citrons confits, d’oranges confites. C’est remarquable. » Il projette d’organiser une dégustation en 2026 à l’occasion du centenaire du millésime. Hélas, il ne pourra pas réaliser son projet, un accident de plongée l’emportant le 15 juin 2025.
Passer la publicité1926 : des vins élégants, «pas très corsés»
C’est donc à Caroline Fiot, qui a travaillé cinq ans auprès de Frédéric Panaïotis et a pris sa succession en début d’année, qu’est revenue la charge d’organiser cet événement. Devant un aréopage de journalistes français et internationaux et de sommeliers, la nouvelle chef de cave a imaginé de partager une descente dans l’histoire en faisant déguster tous les millésimes en 6 produits par Ruinart au cours du siècle. Seul le 1936 était absent, faute de stock suffisant (la maison n’avait par ailleurs pas millésimé ses cuvées en 1946).
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Le focus était ainsi mis sur la cuvée dénommée à l’origine « Carte Anglaise », en référence au goût des Britanniques pour des champagnes moins dosés en sucre, et qui est devenue par la suite la cuvée R avec le millésime 1959, longtemps réservée au marché français et produite en très petite quantité. « C’est un assemblage de chardonnay de la Côte des Blancs et de pinot noir, principalement issu du nord de la Montagne, relève Caroline Fiot. 2016 marque l’arrivée du pinot meunier, à hauteur de 20 % », poursuit-elle. Si certains vins se révélaient fatigués, à l’image du 1966, cette plongée dans le siècle se révélait au final émouvante et permettait de convoquer tous les chefs de cave ayant participé à cette épopée, jusqu’à Maurice Hazart, l’homme qui a élaboré ce 1926 et qui écrivait à l’époque que les vins de cette année « ont assez d’élégance, pas très corsés ». Si les amateurs de vieux millésimes ne peuvent pas acquérir un exemplaire de ce 1926, ils peuvent l’admirer dans la cave des millésimes située dans le pavillon Nicolas Ruinart au 4, rue des Crayères, à Reims, voire repartir avec un flacon de la collection œnothèque, qui remonte jusqu’aux années 1970, et vivre à leur tour ce voyage dans le temps.
