«La qualité de nos crémants est vraiment reconnue» : dans le Jura, de belles alternatives au champagne
À l’heure où les champagnes flirtent avec l’inaccessible, l’appellation crémant du Jura cultive son élégance discrète, entre vignes de coteaux, cépages locaux et méthode traditionnelle. Avec, souvent, un excellent rapport qualité-prix.
Passer la publicité Passer la publicité«La qualité de nos crémants est vraiment reconnue», annonce avec soulagement Thierry Bonnot, président du syndicat des crémants du Jura, alors qu’approchent les festivités marquant les 30 ans de l’appellation. Il faut dire que la région revient de loin. Bien avant la création de l’AOC, on faisait déjà sauter les bouchons dans le Jura. Les premières cuvées produites en «méthode champenoise» (seconde fermentation en bouteille) apparaissent dès le début du XXe siècle, à une époque où le mot «crémant» était encore libre de droits. Mais dans les années 1980, l’heure est à la structuration. Après la Bourgogne et l’Alsace, le Jura revendique à son tour un statut à la hauteur de ses bulles. Il l’obtiendra en octobre 1995, entrant ainsi dans le club (fermé) des grandes régions à crémants.
Les Jurassiens maîtrisaient la méthode traditionnelle, l’autre nom pour désigner la méthode champenoise, mais les Bourguignons ont été plus rapides pour faire reconnaître leur savoir-faire. Le Jura n’a pas les volumes de la Champagne, ni le faste des maisons centenaires. Il a autre chose : du relief, un caractère propre, et un terroir unique. Ici, l’altitude, les sols marno-calcaires, et des cépages locaux — chardonnay bien sûr, mais aussi poulsard ou savagnin — offrent au crémant une tension, une fraîcheur, une complexité très particulière. Et à l’heure où les cuvées brut non millésimées flirtent dangereusement avec les 50 euros chez les grandes maisons champenoises, le Jura reste une alternative de choix pour savourer des bulles à prix raisonnable. «En 2025, à défaut d’obtenir la quantité de raisins suffisante pour sustenter nos marchés, nous aurons la qualité. L’équilibre des premiers jus entre l’acidité et le fruit est optimal», se réjouit Thierry Bonnot, récemment élu pour un mandat de trois ans. À la tête de la maison Bonnot, il est à la fois négociant, vinificateur et éleveur.
Passer la publicitéCédric Ducoté, régisseur du domaine Rolet, en est un ambassadeur tranquille. Depuis son arrivée sur l’exploitation, ce natif du Mâconnais impulse la conversion au bio. Il est parvenu à réimplanter Rolet sur le marché français (45 %) un équilibre fragile au vu des millésimes fluctuants. À 30 ans, l’appellation a trouvé son équilibre : entre tradition et modernité, entre accessibilité et exigence. Le crémant du Jura ne cherche pas à rivaliser, mais il propose autre chose. Un vin sincère, ancré, vibrant. En somme, une bulle qui a du fond.
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Trois cuvées à découvrir
Domaine Rolet
Un brut précis, vieilli 12 mois minimum sur lattes. Bulle fine, arômes d’amandes fraîches et de fleurs blanches. Un modèle d’élégance qui regroupe les 5 cépages autorisés
Disponible sur lesbonsplansduvin.com (14,25 €)
Domaine Pignier Brut Nature
Passer la publicitéBeaucoup de gourmandise dans ce crémant droit et charmeur. Les notes d’amande s’accordent parfaitement avec un Brillat-Savarin.
Disponible sur lesbonsplansduvin.com (19,50 €)
Domaine des Marnes Blanches – Cuvée Réserve
Pauline et Géraud Fromont signent ici un crémant de gastronomie. Ce 100 % chardonnay nerveux, élevé 36 mois sur lattes, tient la dragée haute à bien des champagnes. Bulle fine, longueur et éclat.
Disponible sur mareehaute.vin (28 €)
