Coup de cœur pour ce bordeaux moderne à moins de 10 euros
Moderne, digeste et très abordable, cette cuvée bordelaise séduit en tous points.
Passer la publicité Passer la publicitéNe cherchez pas d’appellation ronflante ou de dessin de château au style néoclassique. Cette bouteille au format bourguignon incarnerait presque l’antithèse des codes du bordeaux classique, en tout cas tel que le grand public le conçoit. Le domaine qui produit ce vin – pied de nez à l’histoire – a été fondé en 1855. Cette année-là, à la demande de Napoléon III, le Médoc posait les bases de son classement toujours en vigueur aujourd’hui, source de tous les honneurs, alors que la famille Carteyron investissait le château Penin, de l’autre côté de la Garonne.
Bien sûr, à l’époque, la viticulture n’était pas la source principale des revenus de la famille. De la polyculture d’abord, puis de la vigne à 100% ensuite, pour devenir en 2026 le symbole d’un bordeaux de pas de côté et de jeunesse d’esprit. La cinquième génération, incarnée par Patrick Carteyron, instigateur de la bonne réputation du domaine acquise auprès des amateurs avertis dès les années 1990, laisse désormais place à la sixième. Ses fils Antoine et Étienne incarnent pleinement notre époque faite de reconversions, de retour à la terre et de formations de haut niveau. Quand l’un est passé chez Smith Haut Lafitte, l’autre affiche Yves Cuilleron sur son CV.
À lire aussi «Léger, souple, gourmand» : ce vin historique de Bordeaux refait surface pour dynamiser la région
Passer la publicitéLe vin présenté ici s’appelle “L’infusé”. Il n’est pas question de thé ou de camomille, mais de merlot macéré délicatement avec les matières solides : peau, pulpe et pépins. Résultat, dans le verre : une cuvée florale, qui s’exprime sur les fruits rouges frais et au toucher de bouche gracile. Son rapport qualité-prix-plaisir en fait l’affaire du moment à Bordeaux dans la catégorie des vins rouges frais et digestes, que l’on ouvre sans trop se poser de question. Cela tombe bien, c’est à peu près ce que recherchent les jeunes buveurs d’aujourd’hui.
Château Penin, L’infusé : 9,90 euros (disponible sur le site du domaine)
