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⇱ À Bordeaux, l’héritage biodynamique de Château Meylet, pionnier du vin bio de Saint-Émilion


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À Bordeaux, l’héritage biodynamique de Château Meylet, pionnier du vin bio de Saint-Émilion

David Favard, du château de Meylet. DR

Pionnière du bio et même de la biodynamie à la fin des années 1980, la famille Favard, incarnée aujourd’hui par David, se bat pour la survie de son exploitation.

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La fin du mois de mars approche et David Favard continue de tailler avec soin ses rangs de vignes. Il privilégie le tressage au détriment du rognage : «Je ne rogne plus depuis longtemps, je conserve le bourgeon à l’extrémité du rameau, ce qui permet de respecter le cycle naturel de la plante.» Le rendez-vous est pris devant le château de Ferrand, propriété érigée en 1708 appartenant à la famille Bich. La mine contrariée, David Favard explique qu’il a passé «quatre heures au Tribunal de commerce de Bordeaux» pour entamer une procédure de sauvegarde de son exploitation. «Aujourd’hui, je dois faire rentrer de l’argent et vendre du vin !», assure le vigneron, qui considère que 65 % des vignerons de Saint-Émilion sont dans la tourmente.

Un contraste saisissant entre les domaines détenus par de grands groupes et les exploitants viticoles qui n’ont que leurs fonds propres pour s’en sortir. Un marché à l’export qui s’effondre ? Une baisse de la consommation hexagonale ? Les raisons expliquant les difficultés rencontrées par le domaine sont multiples, mais David reste persuadé que la voie initiée par son père était la bonne. La famille Favard fait figure d’ovni dans le paysage pittoresque de Saint-Émilion. Figure de proue de la viticulture biologique à la fin des années 1970, Michel, le père, se distinguait également en refusant de soumettre ses vins au négoce bordelais. Les 2,5 hectares de vignes, exploités aujourd’hui par le fils, sont situés dans la partie ouest de l’appellation, à deux pas d’un autre pionnier de l’agriculture biologique, le château Fonroque.

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Oubliez le faste des châteaux et de la pierre de taille, ici on vous reçoit en toute simplicité dans les vignes. La parcelle de la Gommerie, attenante à la propriété, est un bijou que David continue de polir à chaque nouveau millésime. Imaginez une parcelle de sables anciens possédant quelques francs de pieds rescapés de la crise du phylloxéra : une mine d’or pour un pépiniériste ! Dans un monde où les vins de Bordeaux avaient une place de choix dans les restaurants, la famille Favard se distinguait en proposant une garde en bouteilles prolongée. «Mon père était connu pour conserver certains vins plus de dix ans en cave !, se souvient David. J’ai poursuivi cette philosophie des merlots qui s’affinent avec le temps pour développer ces notes fumées de cendre.»


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Pendant plusieurs années, la viticulture chez les Favard n’était pas une activité à temps plein. «Mon père vendait des imprimantes aux professionnels et, de mon côté, j’élevais des volailles dans une ferme en Aveyron !» Qu’est-ce qui distingue les saint-émilion de Meylet de ses voisins ? La fraîcheur et l’aspect digeste des vins. Une maîtrise du sans soufre depuis le début des années 1990. Des rangs enherbés naturellement depuis plus de 50 ans, où la vie microbienne est en constante ébullition ! Malgré la période de doute que traverse le domaine et, plus largement, l’appellation, David garde le sourire et compte bien reconquérir le palais de ses clients historiques.

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1 commentaire
  • anonyme

    le

    Peut être qu’une réflexion autour des prix de vente pratiqués vs. ce que le consommateur est prêt à payer serait bénéfique… mais je dis cela sans connaître la réalité économique de ce domaine

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