Décès de Michel Rolland, figure emblématique du vin de Bordeaux
Œnologue bordelais de renommée mondiale, Michel Rolland est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 78 ans.
Passer la publicité Passer la publicitéA-t-il participé à la standardisation des vins de Bordeaux, ou plutôt à leur succès planétaire ? Sans doute un peu des deux, et c’est aussi pour ça que le personnage de Michel Rolland fascinait tant. Il avait acquis, en plus de 50 ans de carrière, un statut à part, en créant de toutes pièces cette fonction de «flying winemaker», celui que les plus grandes propriétés bordelaises consultaient pour orienter le style de leurs vins. Il avait débuté en 1973. Plus tard, le monde entier réclamera les conseils de cet œnologue pas comme les autres. Il s’est éteint dans la nuit du 19 au 20 mars, des suites d’une crise cardiaque, à l’âge de 78 ans.
Michel Rolland était surnommé le «gourou du vin». Il en avait fait le titre de son livre paru en 2012, dans lequel il retraçait son histoire de môme du Libournais prédestiné à passer toute sa vie dans le monde du vin. Son activité de consultant commence sans doute un peu trop tôt, en tout cas avant tout le monde, et avant que la bulle des vins de Bordeaux n’explose. Les années 1980 signent le début de sa success-story, grâce au laboratoire fondé avec son épouse Dany. Lequel recevra, au plus haut de sa gloire, des dizaines de milliers d’échantillons issus pour analyser le vin et ainsi permettre aux vignerons un travail plus adapté à leurs terroirs.
Passer la publicitéL’élite du Bordelais
Rolland s’exporte vite à l’étranger et d’abord aux Etats-Unis, où un certain Robert Parker est en train de devenir le critique qui présidera au succès et même au destin des châteaux pendant les 30 prochaines années. Ensemble, ils participeront, selon certains, à façonner le goût des vins de Bordeaux vers des profils similaires, en prêtant une attention toute particulière à la maturité des raisins. Cela afin de créer des vins très aromatiques, boisés et expressifs. Parfait pour le consommateur américain de l’époque, et encore d’aujourd’hui. Cette réputation lui avait valu d’apparaître dans Mondovino, un documentaire présenté au Festival de Cannes en 2004, à charge contre ce que ses détracteurs estiment relever de la standardisation du vin et de son basculement vers la mondialisation.
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Reste que Michel Rolland est l’homme qui a conseillé la plupart de l’élite bordelaise : Angélus, Le Pin, Beauregard, Pavie, Smith Haut Lafitte et tant d’autres. Le vin argentin lui doit aussi beaucoup. L’explosion du malbec au pays du tango ? C’est lui. Plus récemment, il s’était confié au Figaro dans une interview choc, dans laquelle il avait jugé avec sévérité l’évolution du goût du vin de Bordeaux, englué dans la crise, mais aussi ce qu’il prétendait être des mensonges à propos du bio. En 2020, il avait commencé sa mise en retrait de l’entreprise familiale, passant progressivement le relais à Julien Viaud, devenu associé. Aujourd’hui, Rolland & Associés collabore avec 230 domaines répartis dans 16 pays différents.
