Avec l’ARN messager, le dopage génétique devient possible… et pas toujours détectable
DÉCRYPTAGE - Modifier l’expression de certains gènes ou coder pour la production de protéines ciblées - par exemple de l’EPO - pourrait devenir un redoutable outil d’amélioration des performances sportives.
Passer la publicitéLa révolution de l’ARN messager est pleine de promesses pour la médecine, mais il est un autre domaine où elle inquiète particulièrement : celui de la lutte antidopage. La preuve de concept de l’efficacité de l’ARNm a été faite dès les années 2000, quand des scientifiques ont réussi à faire produire de l’EPO par les cellules de souris. L’EPO, ou érythropoïétine, est une hormone glycoprotéique naturelle produite principalement par le rein en réponse à une diminution de la concentration d’oxygène dans le sang (on parle d’« hypoxie ») : elle contrôle la production des globules rouges, chargés de transporter l’oxygène partout dans l’organisme. À ce titre, elle a été régulièrement détournée de sa vocation thérapeutique pour être utilisée à des fins d’amélioration des performances sportives.
Lorsqu’il a été montré que l’ARNm pouvait produire de l’EPO, « pas mal de gens, intéressés par le vélo, m’ont écrit », se souvient Bruno Pitard, directeur de recherche CNRS. De fait, la…
