Valérie Chansigaud : «Le végétarisme n’est ni un danger, ni une formule magique qui garantirait la santé»
ENTRETIEN - S’abstenir de viande pour se sentir mieux est une pratique très ancienne. Un régime fondé sur les végétaux est favorable à condition qu’il soit bien pensé et conduit.
Passer la publicitéValérie Chansigaud est historienne des sciences et de l’environnement, chercheuse associée au laboratoire Sphere (université Paris-Cité – CNRS), auteur de nombreux livres sur la nature et l’environnement. Ses travaux portent notamment sur la perception de la nature par l’être humain, et donc sur la façon dont nous percevons le régime alimentaire végétarien.
LE FIGARO. - Le végétarisme est aujourd’hui associé à la question environnementale. Mais votre livre indique que, dans le passé, la santé était la motivation première…
Valérie CHANSIGAUD. - Lier l’abstinence de consommation de viande à un régime alimentaire qui serait meilleur pour la santé de l’être humain est, en effet, extrêmement ancien. Dès la Renaissance, certains auteurs prônent une forme de végétarisme. Il faut dire qu’à l’époque, manger de la viande était perçu comme un signe de débauche. Il faut probablement voir là le résultat de l’influence chrétienne, qui condamnait d’une manière générale les excès. Dans les écrits bibliques…
