Covid : les tests de dépistage rapide ne seront bientôt plus remboursés
Dès la fin de l’épidémie de grippe, les tests antigéniques à réaliser soi-même ou en pharmacie seront à la charge des patients, sauf pour les plus fragiles.
Passer la publicité Passer la publicitéUn an et demi après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que le COVID-19 n’était plus une « urgence de santé publique de portée internationale », le gouvernement a décidé de mettre fin au remboursement des tests de dépistage rapide. Un changement qui n’interviendra « qu’après la période épidémique dans laquelle nous nous trouvons actuellement », a indiqué vendredi la direction générale de la santé, en référence à la forte circulation de la grippe cet hiver.
Bien que moins fiables que les tests PCR, les tests antigéniques avaient été d’une grande aide au plus fort des vagues épidémiques. Donnant un résultat en moins de 30 minutes, ils ont permis de désengorger les laboratoires d’analyse médicale en identifiant rapidement les patients infectés par le virus. En 2021 et 2022, environ 154 millions de tests antigéniques ont été réalisés en France, selon le service statistique du ministère de la Santé (la Drees). Chaque test étant remboursé à hauteur de 16,50 euros selon l’AFP (avec environ 4 euros de reste à charge pour le patient), le coût total pour ces deux années s’élève à 2,5 milliards d’euros.
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Passer la publicitéCes tests antigéniques, à faire soi-même ou en pharmacie, continueront bien sûr d’être disponibles, mais à la charge des patients. « Les pharmaciens pourront continuer à réaliser des Trod (tests rapides d’orientation diagnostique, NDLR) Covid en officine, tout comme fournir des autotests, à la demande des patients », a précisé la DGS, « mais ces derniers ne seront plus pris en charge par l’Assurance maladie ». Quant aux masques, ils pourront toujours être délivrés gratuitement aux personnes à risque de forme grave (sur prescription médicale pour les FFP2 ou sur présentation d’un justificatif pour les masques chirurgicaux).
La doctrine en matière de test a d’ailleurs changé. «En présence de symptômes et en l’absence de facteurs de risque de forme grave d’infections respiratoires aigües, il n’est plus nécessaire de réaliser un test diagnostique de biologie moléculaire, dès lors que les mesures barrière et de prévention à appliquer sont les mêmes, peu importe le virus en cause», précise la DGS au Figaro. Autrement dit, ce n’est plus la peine de se tester quand on a un rhume.
Remboursés sur prescription pour les personnes fragiles
Pour les personnes vulnérables à risque de développer une forme grave (les personnes âgées ou en affection longue durée, par exemple), « le recours à un test RT-PCR du Covid-19 est recommandé, pour confirmer le virus en cause » mais « une prescription médicale est dans ce cas nécessaire pour permettre le remboursement ».
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L’arrêt du remboursement des tests rapides suscite le mécontentement des pharmaciens. « Il serait utile, pendant les épidémies hivernales de syndromes respiratoires, de maintenir un remboursement des tests qui combinent à la fois la détection de la grippe, du Covid, et du virus de la bronchiolite pour la population fragile, c’est-à-dire les plus de 65 ans et les patients et personnes en affection de longue durée », a déclaré à l’AFP Philippe Besset, président de la Fédération des Syndicats pharmaceutiques de France.
Selon l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), ce déremboursement constitue « un non-sens pour la santé publique » car les tests antigéniques « sont une arme redoutable de lutte contre les épidémies ». Les tests antigéniques Covid ont rapporté 75 millions de marge aux pharmaciens en 2024, d’après ce même syndicat.
Passer la publicitéEn parallèle, les tests rapides pour angine - qui permettent de savoir si l’infection est bactérienne ou virale - continueront d’être remboursés par l’Assurance maladie, comme c’est le cas depuis juin 2024. « Contrairement aux tests de dépistage du Covid-19, ils permettent d'indiquer à l'officine la prescription d'un antibiotique et participent à ce titre aux mesures de bon usage des antibiotiques et la lutte contre l'antibiorésistance », a précisé la DGS.
