Quand chaque lit comptait : plongée à l’hôpital au temps du Covid
REPORTAGE - Pousser les murs, jongler avec les obstacles et, avant tout, assurer aux malades la meilleure des prises en charge : pendant la pandémie, l’hôpital tout donné pour faire face. « Le Figaro » a passé une semaine en pleine tempête lors de la deuxième vague, et vous propose d’y retourner.
Passer la publicité Passer la publicitéAux urgences, en réanimation, dans les laboratoires de biologie, à la maternité ou à la morgue... Pendant la pandémie de Covid-19, la maladie était partout à l’hôpital. Les malades succédaient aux malades, forçant les soignants à adopter un rythme effréné et à faire parfois preuve d’une imagination et d’une souplesse inouïes pour s’adapter à la situation.
En novembre 2020, les vaccins contre le Covid-19 n’existaient pas encore (en France, la toute première injection a été faite fin décembre) et l’Europe affrontait la deuxième vague épidémique avec plus de 1,5 million de cas par semaine et 5000 décès quotidiens, soit davantage que lors de la première. Alors que la France était confinée pour la seconde fois, « Le Figaro » a passé une semaine dans un hôpital pour vous raconter comment chacun des services prenait en charge les malades.
Passer la publicitéLa réanimation, le cœur du réacteur
Ici, chaque matin, on compte : combien de lits disponibles, combien de patients en attente de place... Des bips, des tenues de protection à revêtir avant d’entrer dans chacune des chambres, des patients très affaiblis dont il faut prendre un soin infini et des morts à foison, les services de réanimation sont au centre de la tempête Covid. Particularités de la seconde vague : la maladie est mieux connue, les soins mieux codifiés ; mais le soutien ressenti au début de la pandémie a disparu et les médecins sont accusés de mille horreurs par une fraction de la population, petite, mais virulente.
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Des urgences à la limite de la rupture
« Il n’a pas 30 ans , je vais me battre pour lui trouver une place en réa. » Cette phrase, bien des urgentistes dans le monde ont été obligés de la prononcer. Pendant toute la pandémie, les urgences sont submergées par des malades à bout de souffle. Divisées en deux secteurs (un pour les patients Covid, l’autre pour tout le reste), elles font alors ce qu’elles peuvent pour trouver des places à ces patients très fragiles, parfois jeunes, dans des services plus aptes à les prendre en charge.
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Dans les services Covid, un si long séjour...
Pédiatres, gynécologues, orthopédistes, oncologues... Toutes les spécialités reprennent leur blouse de débutant pour venir au chevet des patients Covid. « Je me sens comme une interne... », nous dit le Dr Noémie Perez, chef du service de pédiatrie venue donner un coup de main dans l’une des sept unités Covid ouvertes à Valenciennes durant la deuxième vague. Certains choix sont difficiles. Ce patient a-t-il une chance de survivre en réanimation ou vaut-il mieux laisser sa place à un autre ?
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Biologistes et pharmaciens, ces combattants de l’ombre
Ce sont des services cachés dans les entrailles de l’hôpital, et que le patient ne voit jamais. Et pourtant, ils sont extrêmement sollicités pendant la pandémie : tester toujours plus, jongler avec les pénuries, répondre aux demandes venant de partout... Au laboratoire de biologie du CH de Valenciennes, l’ingéniosité est de mise, le fonctionnement des machines ne tenant parfois... qu’à un trombone utilisé pour les fermer !
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À la maternité, entre impératifs sanitaires et maintien du lien parents-bébé
Les enfants n’ont pas été les premiers touchés par le Covid. Mais pour quelques-uns, la situation a été dramatique. Ambre, petite fille née prématurée, a été infectée alors qu’elle venait de rentrer chez elle après trois semaines en néonatalogie. « On m’a dit qu’elle allait être mise à l’isolement, que je devais quitter l’hôpital et ne pourrai plus la voir, raconte sa maman. Un déchirement… Je me suis effondrée, je n’ai fait que pleurer pendant plusieurs jours.»
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À la morgue, le casse-tête des derniers adieux
Photographier les défunts ? Une drôle d’idée venue d’un autre âge, aurions-nous à peu près tous pensé il y a quelques années. Mais la pandémie de Covid est aussi l’histoire d’un paradoxe : alors que l’on ne parle que des malades et des morts, on ne peut plus venir les voir à l’hôpital... Comment, dès lors, faire son deuil ? À Valenciennes, on a trouvé une solution originale avec une équipe mobile d’agents mortuaires venant dans les services réaliser une dernière toilette, et photographier le défunt.
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