1970 : fondre l’architecture dans la nature pour la construction de la station des Arcs
Par Figaro Archives
à vos sources préférées
- Lire dans l’app
-
Nouvelle fonctionnalité !
Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils.
Sauvegarder un article
Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils.
-
Lien copié
Une équipe de six architectes ont étudié depuis les cabanes de bergers l’évolution de la construction en haute altitude.
Passer la publicité Passer la publicitéL’histoire des Arcs débute comme un conte de fées : un petit pâtre appelé Robert Blanc rêve que, dans les alpages qui entourent la ferme paternelle, on construit une station de sports d’hiver. Il y pense avec passion et lorsque, plus tard, devenu moniteur de ski à Courchevel, il expose ses projets patiemment élaborés à M. Roger Godino, polytechnicien, diplômé de Harvard Business School, le miracle se produit. L’homme d’affaires, qui s’occupe d’implantation d’usines en Afrique, l’écoute ; plus encore, il fait procéder à des études (enneigement, ensoleillement, faune, microclimat) et conclut que les Arcs réunissent tous les atouts pour devenir une station de ski. Le conte de fées, à partir de 1961, devient réalité ; le rêve se métamorphose en une entreprise rationalisée, strictement gérée.
Mais que seront les Arcs une fois la station terminée ? En réalité, il ne s’agit pas d’un, mais de trois villages promus par le Ve plan en tête des stations de classe internationale. Ce choix est justifié par le domaine qu’ils occupent, entre 1600 et 3800 m d’altitude. La beauté du site compte beaucoup aussi : cascades, falaises, lacs, reliefs tantôt tourmentés, tantôt généreusement vallonnés et recouverts d’une végétation qui rappelle les miniatures persanes.
À lire aussi Espagne : les images de chevaux sauvages envahissant les pistes de ski d’une station
Passer la publicitéUne équipe de six architectes
Baptisé Pierre-Blanche, le premier centre, à 1600 m, est en construction. Le second, Le Chantel, à 1800 m, et le troisième Arc 2000 seront édifiés lorsque les aménagements de la route entrepris au printemps prochain permettront les travaux. Déjà, en parcourant une route en mauvais état, on peut se rendre compte de la physionomie de ces futures stations.
Le Chantel, situé sur les larges ondulations des alpages entourées de forêts et transformées en un golf de 18 trous, deviendra un lieu de résidences luxueuses, tandis qu’Arc 2000, avec son exposition plus rude commandant une architecture ramassée et sévère, sera le refuge des grands skieurs.
Le maître d’œuvre des Arcs n’est pas un homme, mais une équipe de six architectes qui ont étudié depuis les cabanes de bergers l’évolution de la construction en haute altitude. Leur devise est d’incorporer l’architecture dans la nature et de la rendre aussi discrète que possible. Réussiront-ils à respecter la montagne qui modifie non seulement les dimensions des choses mais aussi celles de nos pensées ?
Agnès Lamoureux, dans « Le Figaro » du 30 janvier 1970
