Entre la France et la Suisse, les eaux du Rhône attisent les rivalités
Par Sandy Plas
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LE RHÔNE, CE FLEUVE AUX MILLE ENJEUX (1/3) - Alors que le réchauffement climatique rend de plus en plus stratégique la réserve d’eau du Léman, la France tente aujourd’hui de renégocier un accord datant du XIXe siècle, qui octroie à la Suisse la gestion de la régulation du niveau du lac.
Passer la publicitéEn se baladant le long des quais du Rhône, le barrage du Seujet passerait presque inaperçu. L’ouvrage ressemble à n’importe quelle retenue construite au fil de l’eau, avec ses passes, son écluse et sa centrale hydroélectrique, permettant de transformer les bouillonnements du fleuve en énergie. Au-dessus, une élégante passerelle suspendue voit défiler chaque jour passants et cyclistes, dont peu doivent se questionner sur ce qui se déroule sous leurs pieds. Pourtant, c’est ici, en plein cœur de Genève, que se joue un sujet hautement stratégique entre la France et la Suisse : celui de la régulation du débit du Rhône.
La plus grande réserve d’eau douce d’Europe
Grâce au robinet que constitue le barrage du Seujet, la Suisse régule le niveau du Léman et donc du fleuve. De l’autre côté de la frontière, la France, qui n’a pas la main sur le robinet, dépend en grande partie du débit accordé pour faire fonctionner ses installations nucléaires et ses ouvrages hydroélectriques, mais également pour son agriculture et pour l’approvisionnement…
