«Ils peuvent exprimer leur tristesse, mais aussi leurs rêves » : au Liban, l’art comme refuge pour les enfants déplacés
Par Muriel Rozelier à Beyrouth
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REPORTAGE - L’artiste libanais Abed al-Kadiri organise des ateliers de dessin pour aider les plus jeunes à faire face à la guerre.
Passer la publicitéÀ Saofar, village de la montagne, à une demi-heure de Beyrouth, le champ qui prolonge le centre social s’est mué en atelier de dessin. Vingt-cinq enfants y gribouillent sur une longue bande de papier déroulée, assis sur des tapis pour protéger leurs genoux de l’herbe humide. Autour, leurs familles sirotent un café, grignotent un gâteau. L’artiste libanais Abed al-Kadiri, 42 ans, circule entre eux. « C’est comme un pique-nique, une parenthèse, même si la guerre les impacte énormément : certains sont hyperactifs, d’autres très refermés… Gagner leur confiance se mérite », confie celui qui vit entre la France et le Liban depuis 2021. Chaque séance dure deux à trois heures, une à deux fois par semaine.
Depuis la reprise des affrontements entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban, dont 390.000 enfants. Un tiers vivent dans des centres d’accueil d’urgence. 168 enfants ont été tués depuis le début des combats et plus de 650 blessés
